← Retour à l’application · Aide

Comment fonctionne la grammaire mandarine pour les débutants ?

Pour les débutants, la grammaire mandarine repose sur une structure flexible des phrases chinoises, construite avec des modèles thème-commentaire et sujet-verbe-objet, l’aspect au lieu du temps verbal, des classificateurs, des compléments et des particules. Le chinois simplifié est un système d’écriture, et non une langue parlée distincte ; ce guide de grammaire mandarine pour débutants enseigne donc le mandarin standard en caractères simplifiés avec le pinyin, et indique les différences régionales ou de registre lorsqu’une règle n’est pas universelle.

Par Mis à jour le Référence en français sur le chinois simplifié

Voici ce qui est vraiment une bonne nouvelle, et ce qui est rarement dit assez clairement : les verbes mandarins ne changent jamais de forme. 吃chī (manger) reste 吃chī, que le sujet soit je, tu, elle, nous ou ils, et que l’action ait eu lieu hier, soit en cours maintenant ou se produise l’année prochaine. Il n’existe aucun tableau de conjugaison dans cette langue : dès que vous avez appris un verbe, vous l’avez appris dans toutes ses formes, pour toujours. Si vous venez d’une langue avec des tableaux de verbes (l’espagnol, le français, même les passés irréguliers de l’anglais), c’est une simplification réelle et durable, pas une astuce ; prenez le temps de ressentir ce soulagement avant que le reste de ce guide ajoute tout le reste à apprendre.

À la place, le mandarin indique le temps, l’achèvement et l’insistance par de petites particules grammaticales, des changements d’ordre des mots et des mots de temps distincts placés autour du verbe. C’est un travail d’une autre nature que la conjugaison : moins de mémorisation par cœur, davantage de reconnaissance des modèles pour savoir quelle particule va où et ce qu’elle signale réellement. C’est aussi véritablement l’une des parties les plus subtiles de la grammaire, précisément parce que l’anglais n’offre pas d’équivalent clair auquel se comparer. Cette subtilité explique pourquoi ce guide est une longue référence plutôt qu’une fiche mémo : chaque élément (是...的shì...de par opposition à un simple 了le, 把bǎ par opposition à un SVO normal, 被bèi par opposition à une simple phrase active) semble simple isolément, et ne devient clair qu’après avoir vu assez d’exemples réels montrant quand les locuteurs natifs emploient l’un plutôt que l’autre.

Il est utile de dire une autre chose dès le début, car elle est rarement exprimée elle aussi : si votre compréhension orale vous semble en retard sur votre lecture, ou si votre lecture vous semble en retard sur vos connaissances grammaticales, cela ne veut pas dire que vous vous y prenez mal. Les connaissances grammaticales, la reconnaissance dans le texte et l’analyse en temps réel à l’oral sont trois compétences différentes qui progressent à des vitesses différentes ; l’écart entre elles est tout à fait normal, à chaque étape de A1 à C1. Ce guide couvre la grammaire en détail ; réduire l’écart jusqu’à une reconnaissance fluide est un processus distinct, plus lent, qui demande du volume et de la répétition. Relire cette page ne peut pas le remplacer, mais savoir exactement ce que vous cherchez à entendre l’accélère.

Caractères simplifiés et pinyin : comment fonctionne le système d’écriture

Le mandarin s’écrit avec des caractères simplifiés (简体字jiǎntǐzì) en Chine continentale et à Singapour ; c’est la norme employée dans tout ce guide. Le gouvernement de la RPC a introduit les caractères simplifiés par étapes dans les années 1950 et 1960, en réduisant le nombre de traits de nombreux caractères fréquents afin d’accélérer l’alphabétisation : 書shū est devenu 书shū, 學xué est devenu 学xué, 國guó est devenu 国guó, 語yǔ est devenu 语yǔ. Taïwan, Hong Kong et Macao continuent d’utiliser les caractères traditionnels (繁体字fántǐzì) ; il s’agit d’une convention d’écriture distincte, et non d’une langue ou d’une grammaire distincte. Tout ce que ce guide dit sur les tons, les particules, l’ordre des mots et les modèles de phrase s’applique de façon identique, que les caractères de la page soient simplifiés ou traditionnels. Si vous avez commencé à apprendre avec une écriture et vous demandez si vous devez réapprendre la grammaire avec l’autre, non : vous n’auriez qu’à réapprendre la forme des caractères.

Les caractères ne constituent pas un alphabet ni, pour la plupart, un système d’images, malgré un mythe courant. Chaque caractère représente une syllabe et, presque toujours, une unité porteuse de sens appelée morphème. La plupart des caractères sont construits de deux parties : une composante sémantique (部首bùshǒu, souvent appelée « radical »), qui donne un indice sur le sens ou la catégorie, et une composante phonétique, qui donne un indice sur la prononciation, sans la garantir. 妈mā (mère) combine 女nǚ (femme — l’indice sémantique) avec 马mǎ (cheval — l’indice phonétique, sans rapport avec le sens). 河hé (rivière), 湖hú (lac) et 海hǎi (mer) partagent tous le radical de l’eau à trois points 氵 sur la gauche, ce qui vous indique d’un coup d’œil qu’ils sont liés à l’eau, même avant de connaître le sens du caractère entier. Reconnaître les radicaux est l’une des compétences les plus rentables pour apprendre les caractères, car cela transforme des milliers de « formes aléatoires » en un ensemble bien plus petit d’éléments récurrents et significatifs, que vous reverrez sans cesse.

Le pinyin (拼音pīnyīn) est le système officiel de romanisation qui représente la prononciation du mandarin par des lettres latines et des marques de ton. Créé dans les années 1950 avec les réformes de simplification, il est aujourd’hui l’outil presque universel pour saisir du chinois, chercher des entrées dans un dictionnaire et, pour les apprenants, faire le lien entre « je peux entendre/lire le son » et « je sais quel caractère c’est ». Les syllabes de pinyin ont une structure simple et fixe : une initiale facultative (un son consonantique, tel que b, p, m, f, d, t, n, l, g, k, h, j, q, x, zh, ch, sh, r, z, c, s) suivie d’une finale (une voyelle ou une combinaison de voyelle, semi-voyelle et nasale, telle que a, o, e, i, u, ü, ai, ei, ao, ou, an, en, ang, eng, ong), avec une marque de ton sur la voyelle principale de la finale. 好hǎo est hǎo : initiale h, finale ǎo, troisième ton. 中zhōng est zhōng : initiale zh, finale ōng, premier ton.

Quelques particularités orthographiques du pinyin déconcertent presque tous les apprenants au début ; il est donc utile de les nommer clairement plutôt que de vous laisser les découvrir dans la confusion :

  • ü s’écrit u après j, q, x, y — bien qu’il se prononce toujours comme le son ü avec les lèvres arrondies. 去qù (aller) contient un son ü bien qu’il s’écrive avec un simple u ; le tréma n’est conservé que lorsqu’il faudrait autrement le distinguer d’un véritable son u, comme dans nǚ (女nǚ, femme) par opposition à nu.
  • zh, ch, sh, r sont des sons « rétroflexes », produits avec la langue recourbée vers l’arrière ; ils ne correspondent pas exactement à une consonne française unique. Les confondre avec les simples z, c, s est l’erreur de prononciation la plus fréquente chez les anglophones, car l’anglais ne distingue pas du tout ces deux séries.
  • c se prononce comme « ts » dans « cats », et non comme un k ou un s anglais : 菜cài (plat/légume) commence par ce son « ts », et non par un son « k ».
  • x et q n’ont pas d’équivalent proche en anglais : x est un sifflement doux, proche de « ch », avec la langue plus plate et plus avancée que pour le « sh » anglais, tandis que q est une version aspirée de « ch », produite aussi plus à l’avant. Ces sons vous sembleront peu naturels pendant des mois avant de se fixer ; cet inconfort est tout à fait normal et disparaît avec des écoutes répétées et du shadowing, non avec davantage d’explications.

Deux autres éléments structurels sont utiles à connaître avant la section sur les tons : les syllabes de pinyin se lisent en groupes fixes. Un mot mandarin comprend une ou plusieurs syllabes, et chaque syllabe correspond à un caractère ; ainsi, 中国Zhōngguó (la Chine) compte exactement deux syllabes et deux caractères, ni plus ni moins. Le pinyin est aussi un outil d’apprentissage et de saisie, et non ce que les locuteurs natifs lisent dans les documents ordinaires : les vrais livres, panneaux, menus et sous-titres s’écrivent en caractères. Considérez donc le pinyin comme un échafaudage utile au début, sur lequel vous vous appuierez de moins en moins, comme beaucoup d’apprenants cessent peu à peu d’avoir besoin des furigana en japonais ou des points-voyelles en hébreu.

Comment fonctionne la grammaire du chinois mandarin ? Les 4 tons, le ton neutre et le sandhi tonal

Le mandarin est une langue à tons : une même syllabe, prononcée avec une courbe de hauteur différente, est un mot différent ; ce n’est ni une prononciation variante d’un même mot ni une « mélodie » facultative que vous pouvez omettre tout en restant compris. Il existe quatre tons principaux et un cinquième ton « neutre » :

TonCourbe de hauteurMarque de tonExemple (ma)Sens
1er — haut et platTenu haut et uniforme, comme une note de musique prolongéemacron, p. ex. ā妈māmère
2e — montantMonte comme un « hein ? » surprisaccent aigu, p. ex. á麻máchanvre
3e — descendant puis montantDescend, puis remonte (isolé ; en parole liée, il est souvent seulement bas/plat)caron, p. ex. ǎ马mǎcheval
4e — descendantDescend nettement, comme un « non » fermeaccent grave, p. ex. à骂màgronder
NeutreCourt, non accentué, sans contour propre net ; il prend sa hauteur de la syllabe précédentesans marque吗maparticule interrogative

La célèbre phrase « ma ma ma ma ma » (妈妈骂马的麻吗māma mà mǎ de má ma ? — « Maman gronde-t-elle le chanvre du cheval ? », un virelangue classique entièrement construit avec cette seule syllabe) n’est pas un tour de fête : elle montre honnêtement à quel point le sens est concentré dans la hauteur de la voix dans cette langue. Le système tonal explique précisément pourquoi les apprenants disent souvent que leur compréhension orale reste loin derrière leur lecture : reconnaître les quatre contours à la vitesse naturelle d’une conversation, sur des syllabes inconnues et enchaînées dans une phrase, demande une véritable exposition accumulée. Cet écart est normal et se réduit par le volume d’écoute, non par davantage d’étude de la grammaire.

Sandhi tonal : comment les tons changent en parole liée

Les tons ne se prononcent pas toujours comme le dictionnaire les indique : dans la parole fluide, certaines combinaisons de tons changent, un phénomène appelé sandhi tonal (变调, biàndiào). Trois modèles couvrent presque tous les cas que rencontrera un apprenant :

Troisième ton + troisième ton → deuxième ton + troisième ton

C’est de loin la règle de sandhi la plus importante, et elle s’applique constamment, car le troisième ton est courant dans les mots quotidiens. Quand deux syllabes au troisième ton se suivent, la première se prononce au deuxième ton ; seule la seconde garde sa forme de troisième ton descendant puis montant.

  • 你好nǐ hǎo (bonjour) se prononce en réalité ní hǎo : le premier 你nǐ monte comme un deuxième ton.
  • 很好hěn hǎo (très bien) se prononce hén hǎo.
  • 我也很好wǒ yě hěn hǎo (je vais aussi très bien) forme une chaîne : 也很yě hěn sont tous deux au troisième ton, donc 也yě devient un deuxième ton, ce qui donne wǒ yé hén hǎo (les changements de ton se propagent de gauche à droite dans une suite de troisièmes tons, bien que le groupement exact des longues chaînes soit une question plus subtile que les locuteurs natifs traitent instinctivement).

La marque de ton sur la page indique toujours le troisième ton sous-jacent (nǐ hǎo, et non ní hǎo) : le sandhi est une règle de prononciation qui s’ajoute au ton écrit ou de dictionnaire. C’est précisément pourquoi les apprenants sont surpris la première fois qu’ils entendent un locuteur natif dire un « mot de manuel au troisième ton » qui ne ressemble pas au troisième ton isolé qu’ils ont mémorisé.

不bù (bù) devant un quatrième ton devient un deuxième ton

不bù (ne… pas) est normalement au quatrième ton, mais devant une autre syllabe au quatrième ton, il passe au deuxième ton afin d’éviter la collision de deux tons descendants :

  • 不是bú shì (ne pas être) se prononce bú shì, et non bù shì, car 是shì est au quatrième ton.
  • 不去bú qù (ne pas aller) se prononce bú qù, car 去qù est au quatrième ton.
  • 不喝bù hē (ne pas boire) reste bù hē, car 喝hē est au premier ton : le sandhi ne se déclenche que devant un autre quatrième ton.

一yī (yī) et le sandhi tonal : le plus irrégulier des trois

一yī (un) a le ton le plus dépendant du contexte de tous les caractères courants :

  • Devant un quatrième ton, il devient un deuxième ton : 一个yí gè pris isolément peut sembler être yī gè, mais dans la parole rapide et liée, devant certains classificateurs au quatrième ton, il peut changer ; le cas le plus clair et le plus enseigné est 一样yíyàng → yíyàng (le même), car 样yàng est au quatrième ton.
  • Devant les premier, deuxième ou troisième tons, il devient un quatrième ton : 一天yìtiān (un jour) se dit yìtiān, et non yītiān, car 天tiān est au premier ton ; 一年yìnián (un an) se dit yìnián ; 一起yìqǐ (ensemble) se dit yìqǐ.
  • Quand on compte isolément, lit des nombres ou l’emploie comme syllabe finale d’un nombre ou d’une suite, il reste au premier ton : pour compter « yī, èr, sān… » (un, deux, trois), dans 第一dì-yī (premier/numéro un), ou avec 一yī seul comme réponse.

Ces règles semblent demander beaucoup de mémorisation, mais en pratique elles s’acquièrent comme les enfants natifs les acquièrent : en entendant 不是bú shì et 一样yíyàng correctement prononcés des milliers de fois avant même de voir la règle écrite. Si vous avez appris ces mots d’abord à l’oreille par l’écoute, vous les prononcez peut-être déjà correctement sans savoir pourquoi : la règle ci-dessus sert à expliquer ce que vous faites déjà, non à remplacer l’exposition qui vous l’a appris.

Pourquoi il n’y a ni conjugaison des verbes, ni marque du pluriel, ni genre grammatical

Cette section est courte exprès, car il y a réellement moins de choses à mémoriser ici que dans presque toutes les autres grandes langues du monde ; après la densité de la section sur les tons, cela mérite d’être dit clairement plutôt que survolé.

  • Pas de conjugaison verbale. 去qù (aller) reste 去qù pour je vais, tu vas, elle va, nous sommes allés, ils iront. Il n’y a ni accord de personne, ni accord de nombre, ni terminaison de temps à mémoriser. Le temps, l’aspect et le mode sont exprimés par des mots et des particules séparés (traités dans la section sur l’aspect et la section sur les auxiliaires), non en modifiant le verbe lui-même.
  • Pas de pluriel nominal au sens anglais. 书shū signifie à la fois « livre » et « livres » : sa forme ne change jamais. Le pluriel se déduit du contexte, d’un nombre + mot de mesure (三本书sān běn shū, trois livres), ou parfois du suffixe 们men, presque entièrement réservé aux pronoms et aux noms de personnes pour signifier « un groupe de » : 我们wǒmen (nous), 你们nǐmen (vous tous), 朋友们péngyoumen (les amis [comme groupe]) ; mais jamais avec des objets comptables ordinaires (il n’existe pas de 书们 pour « livres »).
  • Pas de genre grammatical. Les noms n’appartiennent pas à des classes masculine, féminine ou neutre ; il n’y a donc aucun accord de genre à suivre sur les adjectifs, les articles ou les mots de mesure, un soulagement pour qui vient de l’espagnol, du français, de l’allemand ou du russe. (La distinction écrite entre 他tā/她tā/它tā, il/elle/ce, est une convention d’écriture moderne, empruntée aux langues occidentales au début du XXe siècle : les trois se prononcent de manière identique, tā, donc le genre est totalement invisible à l’oral.)
  • Pas d’articles. Il n’existe pas de mot pour « un » ou « le ». 书shū seul peut vouloir dire « un livre », « le livre » ou « des livres », selon le contexte ; 这本书zhè běn shū (ce livre) ou 一本书yì běn shū (un livre) ajoutent cette précision lorsqu’elle est utile, mais un nom seul n’en a pas besoin comme la grammaire française exige un article devant presque tout nom comptable.

Ce qui remplace toute cette mécanique est la précision ailleurs : l’ordre des mots, le contexte, les particules aspectuelles et les mots de mesure portent une charge que le français répartit entre les terminaisons verbales, le pluriel en -s, les articles et l’accord de genre. C’est un véritable échange, non une gratuité : le mandarin vous demande de suivre d’autres éléments (est-ce le thème ou le sujet ? cette action a-t-elle changé d’état ou vient-elle simplement de s’achever ? quel mot de mesure prend ce nom ?) plutôt que moins d’éléments au total. Mais la charge précise de mémoriser « laquelle de 200 formes irrégulières du passé » ou « ce nom est-il der, die ou das ? » n’existe tout simplement pas ici, et c’est une bonne nouvelle réelle et durable pour toute personne qui a déjà eu du mal avec ces systèmes.

Pronoms et classes de mots : comment le mandarin construit ses plus petits mots

Les pronoms mandarins sont agréablement réguliers : il n’y a aucun système de cas à suivre (pas de formes distinctes comme « je/moi/mon » selon que le pronom est sujet, objet ou possessif), et tout le système du pluriel et du possessif repose sur seulement deux petites additions aux formes singulières.

PersonneSingulierPluriel (+ 们, men)
1re (« je/nous »)我wǒ我们wǒmen — nous ; 咱们zánmen — « nous » incluant l’interlocuteur, courant dans le mandarin du Nord
2e (« tu/vous »)你nǐ ; 您nín (singulier poli/formel)你们nǐmen — vous tous [您们 est rare/maladroit ; 你们 couvre le « vous » pluriel quel que soit le degré de politesse]
3e (« il/elle/ce »)他tā (il) ; 她tā (elle) ; 它tā (ce/cela) — tous se prononcent de manière identique, tā他们tāmen — ils [groupe mixte/masculin par défaut] ; 她们tāmen — elles [groupe entièrement féminin, distinction écrite seulement] ; 它们tāmen — ils/elles [animés non humains ou inanimés]

Un détail vraiment important déjà évoqué plus haut : 他tā, 她tā et 它tā se prononcent tous exactement de la même façon, tā. La distinction écrite entre « il », « elle » et « ce/cela » est une convention purement visuelle, empruntée aux langues occidentales au début du XXe siècle pour clarifier l’écriture ; elle est totalement invisible à l’oral. Cela signifie que, lorsque vous écoutez du mandarin, le genre n’est tout simplement jamais marqué à voix haute : vous ne rencontrerez la distinction il/elle/ce que dans le texte.

咱们zánmen mérite une mention particulière, car il n’a pas d’équivalent français simple : il signifie « nous », mais inclut précisément la personne à qui l’on parle, à la différence de 我们wǒmen, qui peut signifier « nous » en excluant l’interlocuteur (par exemple, « nous [mon équipe] vous [l’autre équipe] avons battus » emploie 我们, et non 咱们). Cette distinction entre « nous » inclusif et exclusif, courante dans de nombreuses langues du monde mais absente du français, mérite d’être remarquée les premières fois que vous l’entendez, plutôt que de supposer que 我们 et 咱们 sont de simples synonymes.

Possessif : 的de s’ajoute à tout pronom ou nom

La possession se forme en ajoutant 的de après le possesseur, sans formes possessives particulières à mémoriser (pas de distinction entre « mon » et « le mien », comme en français) : 我的书wǒ de shū (mon livre), 你的猫nǐ de māo (ton chat), 他们的房子tāmen de fángzi (leur maison). On peut omettre 的 pour les relations très proches ou les expressions figées et étroitement liées : 我妈妈wǒ māma (ma mère) est plus naturel et plus chaleureux que 我的妈妈 dans la plupart des contextes, tandis qu’une possession plus distante ou formelle conserve 的 : 我的同事wǒ de tóngshì (mon collègue).

Démonstratifs : 这zhè (ce/cette) et 那nà (ce/cette-là)

这zhè (ce/cette) et 那nà (ce/cette-là) sont les deux seuls démonstratifs ; ils couvrent toute la gamme que le français répartit entre « ce/cette », « ces » et les formes avec « -là ». Le nombre se déduit simplement du contexte, d’un mot de mesure ou d’un mot suivant qui implique le pluriel : 这个zhège (celui-ci), 那些nàxiē (ceux-là — 些xiē, qui marque une quantité plurielle non précisée).

Classes de mots : comment le mandarin organise son vocabulaire

Puisqu’il n’y a ni conjugaison, ni marque du pluriel, ni système de cas pour signaler le rôle grammatical d’un mot, la classe de mot en mandarin est déterminée presque entièrement par sa position : un mot est un nom, un verbe ou un adjectif surtout selon sa place dans la phrase et ce qui l’entoure, non selon une terminaison qui lui serait attachée. Cela a une conséquence frappante pour les apprenants venant de langues européennes : beaucoup d’adjectifs mandarins fonctionnent seuls comme verbes prédicatifs à part entière (voir la section sur les erreurs fréquentes : 这个很贵, « ceci est cher », n’a pas besoin d’un « être » séparé) ; de nombreux mots passent aussi du rôle de nom à celui de verbe sans aucun changement de forme. 计划jìhuà signifie à la fois « un plan » (nom) et « planifier » (verbe), et seule sa position dans la phrase lève l’ambiguïté, comme le mot français « plan » peut aussi, selon le contexte, servir dans différentes fonctions sans changer de forme.

Ordre des mots : SVO et structure thème-commentaire

On décrit souvent le mandarin comme une langue sujet-verbe-objet, et une grande partie des phrases quotidiennes suivent effectivement ce modèle :

我吃苹果Wǒ chī píngguǒ。(Wǒ chī píngguǒ.) — Je mange une pomme. [我wǒ = je (sujet), 吃chī = manger (verbe), 苹果píngguǒ = pomme (objet)]

他喜欢中国菜Tā xǐhuan Zhōngguó cài。(Tā xǐhuan Zhōngguó cài.) — Il aime la cuisine chinoise.

Mais une très grande part du mandarin naturel s’organise en réalité autour d’une structure thème-commentaire : dites d’abord ce dont vous parlez (le thème), puis faites un commentaire à son sujet. Le thème n’a pas besoin d’être le sujet grammatical, ni même l’objet grammatical, de la phrase.

这本书我看过了Zhè běn shū wǒ kànguo le。(Zhè běn shū wǒ kànguo le.) — Ce livre, je l’ai lu. [这本书zhè běn shū, « ce livre », est l’objet de « lire », mais se place tout au début comme thème ; 我看过了wǒ kànguo le, « je l’ai lu », est le commentaire]

Le français peut l’approcher avec « quant à ce livre, je l’ai lu », mais cette formulation paraît volontairement formelle et marquée en français, tandis qu’en mandarin, c’est simplement la façon ordinaire et non marquée de former une phrase dès lors que le livre est déjà le sujet de la conversation. Reconnaître les phrases thème-commentaire est une vraie compétence de compréhension orale et de lecture : vous devez garder le thème à l’esprit et attendre que le commentaire vous dise ce qui en est affirmé. C’est une habitude d’analyse réellement différente de celle qui consiste à attendre un sujet-verbe-objet à chaque fois, et c’est une raison pour laquelle la lecture devient plus facile plus vite que l’écoute en temps réel : sur la page, vous pouvez revenir au thème d’un regard ; dans une conversation, vous devez le garder dans votre mémoire de travail.

Le temps et le lieu viennent avant le verbe, non après

Autre habitude d’ordre des mots qui diffère fortement du français : les compléments circonstanciels de temps, de lieu et de manière se placent avant le verbe, dans l’ordre général Sujet → Temps → Lieu → Manière → Verbe → Objet. Le français place la majeure partie de ces éléments après le verbe (« J’ai pris le petit-déjeuner au café hier ») ; le mandarin les place en tête :

我昨天在咖啡馆吃了早饭Wǒ zuótiān zài kāfēiguǎn chīle zǎofàn。(Wǒ zuótiān zài kāfēiguǎn chīle zǎofàn.) — J’ai pris le petit-déjeuner au café hier. [littéralement : je - hier - au café - ai mangé - petit-déjeuner]

他每天早上在公园跑步Tā měitiān zǎoshang zài gōngyuán pǎobù。(Tā měitiān zǎoshang zài gōngyuán pǎobù.) — Il fait son jogging au parc chaque matin. [littéralement : il - chaque matin - au parc - fait son jogging]

Cette seule habitude de réorganisation — « quand et où avant ce que vous avez fait », plutôt que l’ordre français « ce que vous avez fait, puis quand et où » — est l’une des sources les plus persistantes d’un mandarin maladroit qui semble traduit chez les francophones. Il est utile de la remarquer consciemment chaque fois que vous rencontrez une phrase contenant un complément de temps ou de lieu, jusqu’à ce que l’ordre « temps/lieu d’abord » devienne automatique au lieu de ressembler à une règle que vous appliquez.

Adverbes : eux aussi se placent avant le verbe, dans une position fixe

Les adverbes de manière et de fréquence suivent la même logique « avant le verbe » que le temps et le lieu : ils se placent dans une position fixe, juste devant le verbe qu’ils modifient. Le français est beaucoup plus souple quant à l’endroit où un adverbe peut apparaître dans une phrase, alors que le mandarin garde cette position constante : 他经常迟到Tā jīngcháng chídào。(Tā jīngcháng chídào.) — Il est souvent en retard. [经常jīngcháng, « souvent », est directement devant 迟到chídào, « être en retard » ; jamais après le verbe comme l’anglais peut dire « he’s late often »] 我们一起吃饭吧Wǒmen yìqǐ chīfàn ba。(Wǒmen yìqǐ chīfàn ba.) — Mangeons ensemble. [一起yìqǐ, « ensemble », est avant le verbe 吃饭chīfàn]. Parmi les adverbes fréquents et de manière à connaître tôt, on trouve 已经yǐjīng (déjà), 还hái (encore), 一直yìzhí (continuellement/toujours), 常常chángcháng/经常jīngcháng (souvent), 有时候yǒu shíhou (parfois) et 也yě (aussi) ; tous occupent cette même position avant le verbe et s’empilent dans un ordre relatif assez fixe lorsque plusieurs apparaissent ensemble (mots de temps, puis 也/都, puis les autres adverbes, puis le verbe).

Mots de mesure (量词liàngcí) : le système complet et pourquoi chaque nom en a besoin

C’est la partie de la grammaire mandarine qui semble la plus arbitraire au début, et il vaut la peine de le dire directement : vous ne manquez pas une logique évidente. Le mandarin ne peut tout simplement pas compter un nom directement comme le français le fait dans « trois livres ». Un mot de mesure (量词liàngcí, aussi appelé classificateur) se place entre le nombre et le nom, et doit correspondre à la catégorie du nom. Cette règle a une véritable logique interne (forme, taille, fonction), mais elle n’est pas toujours prévisible à partir du nom seul ; les mots de mesure doivent donc réellement être appris avec leurs noms, comme les compteurs japonais et thaïlandais.

L’ordre des mots est fixe et suit toujours les mêmes trois étapes :

  1. Dites le nombre : 三sān (trois), 两liǎng (deux — employé au lieu de 二 èr avant un mot de mesure), 一yī (un).
  2. Dites le mot de mesure qui correspond à la catégorie du nom : 本běn pour les objets reliés, 个gè dans le cas général, etc.
  3. Dites le nom que vous comptez.

三本书sān běn shū (trois livres) suit toujours l’ordre nombre → mot de mesure → nom, sans possibilité de le réorganiser comme le français peut transformer « trois livres » en « des livres, trois » dans la parole familière. C’est aussi dans cette même position nombre + mot de mesure que s’attachent les démonstratifs (这zhè, cela/ceci) et les possessifs : 这本书zhè běn shū (ce livre), 我那两个朋友wǒ nà liǎng ge péngyou (ces deux amis à moi). Le mot de mesure est obligatoire même sans nombre explicite, dès que vous désignez une occurrence précise et comptable du nom.

Les mots de mesure les plus courants

Mot de mesureEmploiExemple
个gèChoix général par défaut ; personnes et de nombreux objets sans mot de mesure plus précis三个人sān gè rén — trois personnes
本běnObjets reliés : livres, magazines, dictionnaires三本书sān běn shū — trois livres
张zhāngObjets plats : papier, billets, tables, photos, lits两张票liǎng zhāng piào — deux billets
只zhīPetits animaux ; aussi un élément d’une paire (une main, une chaussure, un œil)一只猫yì zhī māo — un chat
条tiáoChoses longues, fines et souples : rivières, routes, poissons, pantalons, chiens, écharpes一条河yì tiáo hé — une rivière
件jiànArticles/affaires et vêtements du haut du corps : chemises, vestes, manteaux一件衣服yí jiàn yīfu — un vêtement
杯bēiUne tasse/un verre de : boissons mesurées par leur contenant一杯茶yì bēi chá — une tasse de thé
辆liàngVéhicules : voitures, vélos, bus一辆车yí liàng chē — une voiture
把bǎObjets avec un manche ou que l’on peut saisir en bouquet : chaises, parapluies, couteaux, clés一把伞yì bǎ sǎn — un parapluie
座zuòGrandes structures fixes : montagnes, ponts, bâtiments一座山yí zuò shān — une montagne
棵kēPlantes et arbres一棵树yì kē shù — un arbre
朵duǒChoses en forme de fleur : fleurs, nuages一朵花yì duǒ huā — une fleur
双shuāngPaires : chaussures, baguettes, chaussettes, mains (comme paire)一双鞋yì shuāng xié — une paire de chaussures
套tàoEnsembles : ensembles de meubles, appartements, séries de manuels一套房子yí tào fángzi — un appartement/une maison
位wèiMot de mesure poli pour les personnes : invités, enseignants, personnes respectées三位客人sān wèi kèrén — trois invités
篇piānTextes écrits : articles, dissertations一篇文章yì piān wénzhāng — un article
section (段duàn)Sections/segments : texte, temps, route一段时间yí duàn shíjiān — une période de temps

个gè est le choix général sûr lorsque vous ne connaissez vraiment pas le mot de mesure précis d’un nom, et même les locuteurs natifs y recourent parfois pour des noms moins courants. Mais le mandarin fluide emploie constamment le mot de mesure précis, et l’omettre complètement (三书 au lieu de 三本书) paraît clairement non natif. Comme pour toute tâche de mémorisation dense, des phrases d’exemple réelles où le mot de mesure est déjà associé à son nom se retiennent bien mieux qu’une liste nue. C’est exactement le type de modèle pour lequel la répétition espacée de phrases entières (三本书sān běn shū, et non 三, 本 et 书 séparément) est conçue.

Mots de mesure verbaux (动量词dòngliàngcí)

Les mots de mesure ne servent pas uniquement aux noms : un ensemble plus petit, appelé mots de mesure verbaux (动量词dòngliàngcí), compte le nombre de fois qu’une action se produit et se place directement après le verbe :

  • 次cì — « fois » au sens général : 我去过三次中国Wǒ qùguo sān cì Zhōngguó (Wǒ qùguo sān cì Zhōngguó) — Je suis allé en Chine trois fois.
  • 遍biàn — une fois du début à la fin, avec insistance sur l’intégralité (courant pour lire, regarder, écouter) : 请再说一遍Qǐng zài shuō yí biàn (Qǐng zài shuō yí biàn) — Veuillez le redire une fois [en entier].
  • 下xià — une action rapide et brève, souvent littéralement ou figurativement « une fois » : 等一下Děng yíxià (Děng yíxià) — Attendez un instant.

次cì et 遍biàn se traduisent tous deux par « fois », ce qui explique précisément pourquoi il est facile de les confondre. La différence est que 遍 insiste sur le fait de parcourir la totalité, du début à la fin (regarder un film entier une fois), tandis que 次 reste neutre sur le fait d’avoir couvert l’ensemble (aller trois fois dans un pays ne dit rien du fait de l’avoir vu en entier).

一些yìxiē et 一点yìdiǎn (yìxiē / yìdiǎn) : petites quantités vagues sans nombre

Lorsque vous voulez dire « quelques », « un peu de » ou « une petite quantité de » sans donner un compte exact, le mandarin emploie 一些yìxiē (quelques/de — avec des noms comptables ou non comptables) ou 一点yìdiǎn (un peu de — principalement avec des noms non comptables ou comme modificateur de degré) : 我买了一些水果Wǒ mǎile yìxiē shuǐguǒ。(Wǒ mǎile yìxiē shuǐguǒ.) — J’ai acheté des fruits. 我会说一点中文Wǒ huì shuō yìdiǎn Zhōngwén。(Wǒ huì shuō yìdiǎn Zhōngwén.) — Je sais parler un peu chinois. Les deux fonctionnent comme un mot de mesure à compléter pour « une petite quantité non précisée », et sont assez courants dans la parole quotidienne pour mériter d’être appris tôt comme expressions fixes, bien avant que le reste du système des mots de mesure paraisse confortable.

半bàn (bàn, moitié) : s’insérer dans la position du nombre

半bàn (moitié) se comporte comme un nombre pour compter : il s’insère directement dans la position nombre + mot de mesure + nom vue plus haut dans cette section : 半个苹果bàn gè píngguǒ (une demi-pomme), 半年bàn nián (une demi-année — remarquez que 年nián, « année », fait partie d’un petit ensemble de noms de temps qui n’exigent pas du tout de mot de mesure distinct). Combiné à un nombre entier, 半 suit l’unité comptée au lieu de la précéder, comme dans son emploi plus haut dans la section sur les nombres et le temps pour les heures : 一个半小时yí ge bàn xiǎoshí (une heure et demie, littéralement « un-mot de mesure-moitié-heure »).

Le système aspectuel complet : comment le mandarin exprime le temps sans conjugaison

Puisque les verbes ne changent jamais de forme, le mandarin s’appuie sur un petit ensemble de marqueurs d’aspect — 了le, 过guo, 着zhe et 在zài/正在zhèngzài — placés près du verbe pour faire le travail que les temps anglais font normalement. C’est réellement l’une des parties les plus délicates de la grammaire, non parce qu’un marqueur isolé est difficile à apprendre, mais parce que leurs traductions anglaises les plus proches (prétérit, present perfect, « -ing ») ne correspondent pas exactement à ce qu’ils marquent. L’aspect décrit la structure interne d’un événement — est-il achevé, en cours, déjà vécu, dans un état qui change — plutôt que le moment où il s’est produit sur une ligne du temps. C’est une catégorie mentale différente du « temps » anglais, qui demande une exposition volontaire et répétée pour être assimilée plutôt que traduite.

了le (le) : deux fonctions distinctes, un seul caractère

了le est la particule la plus polyvalente du mandarin, car elle remplit deux fonctions réellement différentes selon sa place dans la phrase. Les confondre est à l’origine de la plupart des difficultés des apprenants à son sujet.

Verbe-了le : marque une action achevée

Placée directement après le verbe, 了le marque que l’action est achevée, généralement dans une occurrence précise et délimitée :

我吃了早饭Wǒ chīle zǎofàn。(Wǒ chīle zǎofàn.) — J’ai pris le petit-déjeuner. [吃chī = manger ; 了, placé immédiatement après, marque l’action de manger comme achevée]

他昨天买了一本书Tā zuótiān mǎile yì běn shū。(Tā zuótiān mǎile yì běn shū.) — Il a acheté un livre hier.

Le 了 après le verbe n’est pas simplement un « temps du passé » : il marque l’achèvement. C’est pourquoi il est aussi régulièrement employé pour des actions futures terminées : 我明天做完了作业就去看电影Wǒ míngtiān zuòwánle zuòyè jiù qù kàn diànyǐng (Wǒ míngtiān zuòwánle zuòyè jiù qù kàn diànyǐng) — Demain, dès que j’aurai fini mes devoirs, j’irai voir un film. Ici, 了 marque que les devoirs seront terminés par rapport au fait d’aller au cinéma, même si toute la phrase parle de demain, et non du passé.

了le final : marque un changement d’état

Placée tout à la fin de la phrase (après l’objet, s’il y en a un), 了le marque qu’une nouvelle situation est maintenant vraie — quelque chose est différent d’avant :

天黑了Tiān hēi le。(Tiān hēi le.) — Il a fait nuit. [pas « le ciel a fini d’être sombre » : c’est un changement d’état ; il ne faisait pas nuit, maintenant si]

我没有钱了Wǒ méiyǒu qián le。(Wǒ méiyǒu qián le.) — Je n’ai plus d’argent. [un changement : j’avais de l’argent, je n’en ai plus]

他会说中文了Tā huì shuō Zhōngwén le。(Tā huì shuō Zhōngwén le.) — Il sait maintenant parler chinois [il ne le savait pas avant].

Lorsqu’il n’y a pas d’objet, le 了 après le verbe et le 了 final peuvent tomber sur exactement la même syllabe et sembler identiques — 他走了Tā zǒu le (Tā zǒu le) peut signifier soit « il est parti [action achevée] », soit « il est parti [nouvel état : il est maintenant absent, par exemple en réponse à “où est-il ?”] ». C’est généralement le contexte, et non la grammaire, qui lève l’ambiguïté ; les locuteurs natifs la remarquent rarement, car la conversation environnante rend le sens évident.

了le ne s’emploie pas avec les états en cours, les habitudes ni la négation

Une règle structurelle à assimiler tôt : 了le n’apparaît pas dans les énoncés habituels ou en cours (我每天吃早饭wǒ měitiān chī zǎofàn « je prends le petit-déjeuner chaque jour », jamais 我每天吃了早饭), et, à la forme négative, il est remplacé — non combiné — par 没(有)méi(yǒu) (voir en détail la section sur la négation) : 我没吃早饭Wǒ méi chī zǎofàn (je n’ai pas pris le petit-déjeuner), jamais 我没吃了早饭.

过guo (guo) : marque une expérience passée

过guo marque que quelque chose s’est produit au moins une fois dans le passé ; l’accent est mis sur l’existence même de l’expérience, et non sur le moment où elle a eu lieu ni sur sa pertinence actuelle :

我去过中国Wǒ qùguo Zhōngguó。(Wǒ qùguo Zhōngguó.) — Je suis déjà allé en Chine [à un moment de ma vie].

你吃过臭豆腐吗Nǐ chīguo chòu dòufu ma?(Nǐ chīguo chòu dòufu ma?) — As-tu déjà mangé du tofu fermenté ?

他学过法语,但是都忘了Tā xuéguo Fǎyǔ, dànshì dōu wàng le。(Tā xuéguo Fǎyǔ, dànshì dōu wàng le.) — Il a étudié le français auparavant, mais il a tout oublié. [过 indique que « cela a autrefois été vrai pour lui », ce qui prépare le contraste avec « mais plus maintenant »]

La forme négative de 过 est 没 + verbe + 过 (没(有) remplace 了/l’achèvement simple, mais se combine avec 过 au lieu de le remplacer) : 我没去过中国Wǒ méi qùguo Zhōngguó (Wǒ méi qùguo Zhōngguó) — Je ne suis jamais allé en Chine.

着zhe (zhe) : marque un état continu ou une action simultanée

着zhe marque qu’un état ou une action se poursuit. Il se rapproche du « -ing » anglais ou de « être en train de », mais s’emploie précisément pour les états qui durent plutôt que pour les actions qui se déroulent instant après instant :

门开着Mén kāizhe。(Mén kāizhe.) — La porte est ouverte [et le reste : un état continu, non l’événement ponctuel de l’ouvrir].

他坐着看书Tā zuòzhe kàn shū。(Tā zuòzhe kàn shū.) — Il est assis [et, tout en étant assis,] lit un livre. [着 sur le premier verbe marque la posture comme état d’arrière-plan dans lequel se déroule la seconde action]

墙上挂着一张画Qiáng shàng guàzhe yì zhāng huà。(Qiáng shàng guàzhe yì zhāng huà.) — Un tableau est accroché au mur. [ici, 着 décrit l’état continu qui résulte du fait que quelque chose a été accroché]

着 est aussi courant dans le modèle V着 + V着, pour exprimer « en faisant X », suivi d’un changement soudain : 他走着走着,突然摔倒了Tā zǒuzhe zǒuzhe, tūrán shuāidǎo le (Tā zǒuzhe zǒuzhe, tūrán shuāidǎo le) — Il marchait tranquillement quand, soudain, il est tombé.

在zài / 正在zhèngzài : marque une action en cours en ce moment

在zài ou 正在zhèngzài, placés avant le verbe (souvent avec 呢ne facultatif à la fin de la phrase), marquent qu’une action se déroule activement au moment où l’on parle — ce qui se rapproche le plus du progressif anglais « is/am/are doing » :

我在吃饭Wǒ zài chīfàn。(Wǒ zài chīfàn.) — Je mange [en ce moment].

他正在打电话呢Tā zhèngzài dǎ diànhuà ne。(Tā zhèngzài dǎ diànhuà ne.) — Il est au téléphone en ce moment.

La distinction entre 在zài/正在zhèngzài (action en cours) et 着zhe (état continu) est subtile : 他在坐 n’est pas naturel, car « s’asseoir » est une action de transition brève, et non quelque chose dont on est « au milieu » à chaque instant ; en revanche, 他坐着tā zuòzhe (il est assis) décrit correctement la posture continue qui en résulte. En pratique, 在/正在 s’attache aux actions dynamiques (manger, téléphoner, courir), tandis que 着 s’attache aux états et aux postures (ouvert, accroché, assis, porter) — les deux sont rarement en concurrence pour le même verbe.

Les quatre marqueurs d’aspect côte à côte

MarqueurPositionCe qu’il marqueExemple
了le (了 après le verbe)Juste après le verbeAction achevée, souvent délimitée/précise我吃了饭Wǒ chīle fàn — J’ai mangé
了le (en fin de phrase)Fin de la phraseChangement d’état — une nouvelle situation est maintenant vraie下雨了Xià yǔ le — Il s’est mis à pleuvoir
过Juste après le verbeExpérience passée — est-ce déjà arrivé ?我吃过Wǒ chīguo — J’en ai déjà mangé
着Juste après le verbeÉtat continu ou arrière-plan d’une autre action门开着Mén kāizhe — La porte est [restée] ouverte
在 / 正在Juste avant le verbeAction activement en cours en ce moment我在吃饭Wǒ zài chīfàn — Je mange [en ce moment]

Voici le point à retenir si cette section vous a semblé dense : le present perfect anglais « I have eaten » correspond parfois à 了, parfois à 过, selon que vous voulez dire « j’ai déjà mangé [et je suis maintenant rassasié] » (了) ou « j’ai déjà eu l’expérience de manger ceci » (过). Il n’existe pas de temps anglais unique qui indique de façon fiable quel marqueur employer. La seule vraie solution est de rencontrer chacun dans suffisamment de phrases réelles pour que la distinction de fond (achèvement/changement, expérience, état continu, action en cours) commence à paraître intuitive plutôt que traduite. C’est un processus réellement lent pour tous les apprenants, à tous les niveaux, jusqu’à un niveau avancé ; se tromper parfois ne signifie pas que vous êtes en retard — c’est l’une des dernières choses qui se stabilisent complètement, même chez les locuteurs non natifs très avancés.

是...的shì...de (shì...de) : mettre en relief les détails d’un événement connu

是...的shì...de est une construction qui déroute même les apprenants intermédiaires solides, parce qu’elle semble concerner le verbe « être » (是), mais porte en réalité sur tout autre chose : isoler un détail — le moment, le lieu, la méthode ou la personne — d’un événement dont les deux interlocuteurs savent déjà qu’il a eu lieu.

La structure est : sujet + 是 + [le détail mis en relief] + verbe + 的. Comparez ces deux phrases :

我昨天来了Wǒ zuótiān lái le。(Wǒ zuótiān lái le.) — Je suis venu hier. [énoncé simple qui annonce que la venue a eu lieu et indique quand]

我是昨天来的Wǒ shì zuótiān lái de。(Wǒ shì zuótiān lái de.) — C’est hier que je suis venu. [suppose que l’interlocuteur sait déjà que vous êtes venu ; 是...的 met précisément l’accent sur QUAND]

Employez 是...的 chaque fois que le fait que l’action ait eu lieu est déjà établi dans la conversation (par le contexte ou parce que l’interlocuteur l’a demandé) et que vous donnez ou confirmez un détail circonstanciel précis à son sujet :

你是怎么来的Nǐ shì zěnme lái de?(Nǐ shì zěnme lái de?) — Comment es-tu venu ici ? [question sur le moyen employé, en supposant que « tu es venu » est déjà connu]

我是坐飞机来的Wǒ shì zuò fēijī lái de。(Wǒ shì zuò fēijī lái de.) — Je suis venu en avion. [réponse qui donne le moyen]

这本书是在哪儿买的Zhè běn shū shì zài nǎr mǎi de?(Zhè běn shū shì zài nǎr mǎi de?) — Où ce livre a-t-il été acheté ? [suppose qu’« on a acheté le livre » est connu ; demande précisément où]

他是跟谁一起去的Tā shì gēn shéi yìqǐ qù de?(Tā shì gēn shéi yìqǐ qù de?) — Avec qui est-il parti ? [suppose qu’« il est parti » est connu ; demande précisément avec qui]

是 est souvent omis dans la langue parlée familière (你怎么来的? fonctionne bien sans 是), mais c’est le 的 final qui signale réellement la construction et il est presque jamais omis. Si l’objet du verbe est un pronom, 的 peut se déplacer avant l’objet au lieu de rester tout à la fin : 我是昨天见的他Wǒ shì zuótiān jiàn de tā (Wǒ shì zuótiān jiàn de tā) — C’est hier que je l’ai vu — à côté de la forme plus standard 我是昨天见他的.

Employer le simple 了le au lieu de 是...的 lorsque l’interlocuteur sait déjà que l’événement a eu lieu est l’une des erreurs structurelles les plus fréquentes des anglophones. En effet, l’anglais ne distingue pas « annoncer que X s’est produit » de « confirmer un détail sur le X dont nous savons tous deux qu’il s’est produit » : les deux s’expriment au simple past. La tentation est donc de toujours recourir à l’équivalent mandarin du passé simple (了) et d’omettre complètement 是...的. Dès que vous remarquez le modèle — l’interlocuteur demande-t-il « quand/comment/où/avec qui » à propos de quelque chose de déjà connu, ou apprend-il l’événement pour la première fois ? — le choix devient beaucoup plus automatique.

La construction 把bǎ (bǎ) : ce qu’elle fait et pourquoi elle est obligatoire, non facultative

把bǎ fait partie des constructions dont on dit aux apprenants qu’il faut « simplement en acquérir le sens », conseil frustrant ; voici donc son véritable mécanisme. 把bǎ prend l’objet de certains verbes et le déplace devant le verbe, pour souligner ce qui est arrivé à cet objet précis et connu, ainsi que l’état dans lequel il se trouve ensuite. La structure est : sujet + 把 + objet + verbe + [un résultat, un marqueur d’achèvement ou un complément].

Comparez une phrase SVO simple et son équivalent avec 把 :

我看完了书Wǒ kànwánle shū。(Wǒ kànwánle shū.) — J’ai fini de lire le livre. [SVO simple — la phrase reste grammaticale]

我把书看完了Wǒ bǎ shū kànwán le。(Wǒ bǎ shū kànwán le.) — J’ai fini de lire le livre. [把 place 书shū, « le livre », au premier plan et met en avant son état final : lu jusqu’au bout]

Les deux phrases sont grammaticales et se traduisent souvent de la même façon en français, mais ce ne sont pas simplement des variantes libres. 把 s’emploie précisément lorsque le propos porte sur ce qui est arrivé à cet objet particulier, et l’objet doit être précis et identifiable (non un nom nu et générique) pour les deux interlocuteurs. On ne peut pas employer 把 avec un objet indéfini : 我把一本书看完了 n’est pas naturel, car « un livre » (non précisé, non identifié) n’est pas quelque chose que la construction 把 peut mettre au premier plan — 把 veut « ce livre précis que nous connaissons tous les deux ».

Quand 把 est obligatoire, et non simplement préféré pour le style

Avec une classe précise de verbes et de résultats, 把 cesse d’être facultatif et devient la seule manière naturelle d’exprimer la phrase — c’est le point que de nombreux manuels n’expliquent pas assez. 把 est obligatoire lorsqu’un verbe décrit le fait de se débarrasser d’un objet précis et connu, de le déplacer ou de le modifier d’une manière qui le laisse dans un état ou un lieu résultant particulier, surtout avec des compléments directionnels ou résultatifs (traités dans la section sur les compléments directionnels et la section sur les compléments résultatifs) :

请把门关上Qǐng bǎ mén guānshàng。(Qǐng bǎ mén guānshàng.) — Veuillez fermer la porte. [关上guānshàng, « fermer », décrit la porte qui finit fermée ; un simple 请关门上 ne se dit pas ainsi]

我把钥匙放在桌子上了Wǒ bǎ yàoshi fàng zài zhuōzi shàng le。(Wǒ bǎ yàoshi fàng zài zhuōzi shàng le.) — J’ai posé les clés sur la table. [放在...上fàng zài...shàng décrit les clés qui se retrouvent dans un lieu précis ; 把 est obligatoire ici]

他把我的手机弄坏了Tā bǎ wǒ de shǒujī nòng huài le。(Tā bǎ wǒ de shǒujī nòng huài le.) — Il a cassé mon téléphone. [弄坏nòng huài, « abîmer/casser », décrit le téléphone qui finit dans un état endommagé]

Le point commun est que chacun de ces verbes, avec son complément, raconte une petite histoire sur ce qui est arrivé à l’objet — où il a fini, dans quel état il est maintenant. Les verbes qui ne décrivent pas ce type de changement résultant (les simples verbes de perception tels que 看见kànjiàn « voir », 喜欢xǐhuan « aimer », ou les verbes statifs) ne peuvent généralement pas prendre 把 du tout. C’est pourquoi « essayer d’employer 把 avec un verbe qui n’entraîne pas de résultat clair » est l’une des erreurs les plus fréquentes avec cette construction. 我把她喜欢了 n’est tout simplement pas une phrase qu’un locuteur natif produirait, car « aimer » ne laisse pas l’objet dans un état modifié, contrairement à « casser » ou « finir ».

Liste de vérification pour les phrases avec 把

  • L’objet est-il une chose précise et connue (et non un nom indéfini nu) ? Sinon, n’employez pas 把.
  • Le verbe décrit-il un changement résultant, un lieu d’arrivée ou le fait de se débarrasser de cet objet ? Sinon, 把 sonnera faux ou ne sera pas possible.
  • Y a-t-il un complément après le verbe (un mot de résultat, un mot directionnel, 了 ou un lieu précis avec 在) ? Un verbe nu après 把, sans rien d’autre (我把书看, « je 把 le livre lire » est incomplet), ne fonctionne pas : les phrases avec 把 ont besoin de quelque chose après le verbe pour décrire le résultat.
  • Dans la plupart des contextes quotidiens, les phrases avec 把 ne s’emploient jamais à la négative comme on pourrait s’y attendre. Au lieu de nier avec 不, la plupart des locuteurs natifs restructurent entièrement la phrase, ou emploient 别bié (« ne… pas ») pour les ordres : 别把门关上Bié bǎ mén guānshàng (Bié bǎ mén guānshàng) — Ne fermez pas la porte.

La voix passive avec 被bèi (bèi) : comment le mandarin indique ce qui a été fait à quelqu’un ou à quelque chose

被bèi marque la voix passive ; c’est structurellement l’image miroir de 把 : au lieu de placer l’objet d’une phrase active au premier plan, 被 met d’abord la personne ou la chose affectée, puis 被, ensuite l’auteur de l’action (facultatif), puis le verbe — presque toujours suivi d’un résultat, d’un marqueur d’achèvement ou d’un complément, comme avec 把.

La structure est : personne/chose affectée + 被 + [auteur, facultatif] + verbe + [résultat/complément].

杯子被他打破了Bēizi bèi tā dǎpò le。(Bēizi bèi tā dǎpò le.) — La tasse a été cassée par lui. [杯子bēizi, « la tasse », la chose affectée, vient en premier ; 他tā, « lui », l’auteur, est nommé après 被 ; 打破了dǎpò le, « a cassé », avec un complément résultatif, décrit ce qui s’est produit]

我的钱包被偷了Wǒ de qiánbāo bèi tōu le。(Wǒ de qiánbāo bèi tōu le.) — Mon portefeuille a été volé. [l’auteur est omis — personne ne sait qui c’est ou cela n’a pas d’importance]

这个消息被大家知道了Zhège xiāoxi bèi dàjiā zhīdào le。(Zhège xiāoxi bèi dàjiā zhīdào le.) — Cette nouvelle a été connue de tous. [大家dàjiā, « tout le monde », est l’auteur]

被 implique généralement quelque chose de malheureux — mais cet usage s’est assoupli

Voici le détail qui diffère le plus nettement de l’anglais : contrairement au passif anglais, qui est émotionnellement neutre (« the award was given to her » est aussi passif que « the wallet was stolen »), 被 porte traditionnellement l’idée légère et implicite que quelque chose de malheureux, non désiré ou imposé est arrivé au sujet. 他被打了Tā bèi dǎ le (Il a été frappé) convient naturellement ; employer 被 avec quelque chose de purement positif sonne traditionnellement un peu étrange ou ironique, et on l’exprime plus souvent par une phrase active ou avec 得到dédào (recevoir/obtenir) : 她得到了奖Tā dédàole jiǎng (Elle a reçu le prix) plutôt que 她被给了奖.

Cela dit, l’usage moderne — en particulier dans les articles, les contextes formels et, de plus en plus, la langue courante influencée par l’anglais traduit — a considérablement assoupli cette règle. 被 apparaît maintenant dans de nombreux contextes neutres, voire positifs, surtout dans le mandarin écrit : 他被选为班长Tā bèi xuǎn wéi bānzhǎng (Il a été élu délégué de classe) est parfaitement normal et neutre. Si vous débutez ou avez un niveau intermédiaire, utilisez d’abord 被 lorsqu’il arrive au sujet quelque chose de mauvais ou d’indésirable ; ne soyez pas surpris de le rencontrer aussi dans des contextes neutres, surtout à l’écrit.

被 est bien moins fréquent à l’oral que la « voix passive » en anglais

Un point structurel très important : le mandarin parlé utilise globalement beaucoup moins de constructions passives que l’anglais, car il ne marque souvent tout simplement pas la voix et s’appuie plutôt sur le contexte et la structure thème-commentaire. 这个问题已经解决了Zhège wèntí yǐjīng jiějué le se lit littéralement « ce problème déjà résolu [le] », sans marqueur passif explicite, mais se comprend comme « Ce problème a déjà été résolu » — personne ne pense que le problème s’est résolu tout seul, et 被 n’est pas nécessaire parce que la structure thème-commentaire suffit à rendre le sens clair. Employer 被 de façon excessive pour traduire mot à mot chaque phrase passive anglaise est un signe courant et visible d’un mandarin influencé par l’anglais ; une grande part des passifs anglais se rend mieux en mandarin par de simples phrases thème-commentaire, sans marqueur passif.

Les compléments avec 得de (de) : degré, potentiel et résultat

得de (un caractère et une prononciation différents du 的 possessif/relatif, bien que les deux se prononcent « de » et soient souvent confondus par les débutants) introduit un complément après un verbe ou un adjectif : une information supplémentaire qui décrit la qualité, l’intensité ou la possibilité d’une action. Il existe trois emplois distincts ; mieux vaut les apprendre comme trois structures séparées plutôt que comme une règle floue.

Compléments de degré : décrire comment une action est effectuée

Verbe + 得 + [description du degré/de la manière] décrit la qualité, la vitesse ou l’intensité d’une action — généralement traduit par un adverbe français (« rapidement », « bien », « beaucoup ») :

他说得很快Tā shuō de hěn kuài。(Tā shuō de hěn kuài.) — Il parle vite. [说shuō, « parler » + 得 + 很快hěn kuài, « très vite », décrit la manière de parler]

你写得很好Nǐ xiě de hěn hǎo。(Nǐ xiě de hěn hǎo.) — Tu écris très bien.

我今天忙得没时间吃饭Wǒ jīntiān máng de méi shíjiān chīfàn。(Wǒ jīntiān máng de méi shíjiān chīfàn.) — Je suis si occupé aujourd’hui que je n’ai pas le temps de manger. [得 introduit une proposition entière qui décrit le degré d’occupation — « occupé au point de… »]

Lorsque le verbe a un objet, il faut répéter le verbe avant 得 : 他说中文说得很好Tā shuō Zhōngwén shuō de hěn hǎo (Tā shuō Zhōngwén shuō de hěn hǎo) — Il parle très bien chinois — littéralement « il parle chinois, parle très bien ». Omettre entièrement l’objet (他说得很好Tā shuō de hěn hǎo, il parle bien) convient aussi lorsque l’objet est déjà clair dans le contexte, mais on ne peut pas placer l’objet entre le verbe et 得 (他说得中文很好 est incorrect).

Compléments potentiels : pouvoir ou ne pas pouvoir atteindre un résultat

Insérer 得 (ou son équivalent négatif 不bù) entre un verbe et son complément résultatif ou directionnel (expliqués en détail dans la section sur les compléments résultatifs et la section sur les compléments directionnels) crée un complément potentiel. Il indique si une action peut atteindre ce résultat — souvent en raison des circonstances, et pas seulement de la capacité :

我听得懂Wǒ tīng de dǒng。(Wǒ tīng de dǒng.) — Je peux comprendre en écoutant. [听tīng, « écouter » + 得 + 懂dǒng, « comprendre », comme résultat atteint — littéralement « écouter [et parvenir à] comprendre »]

我听不懂Wǒ tīng bu dǒng。(Wǒ tīng bu dǒng.) — Je ne peux pas comprendre en écoutant. [négation : 不 remplace 得]

这个箱子太重,我搬不动Zhège xiāngzi tài zhòng, wǒ bān bu dòng。(Zhège xiāngzi tài zhòng, wǒ bān bu dòng.) — Cette caisse est trop lourde, je ne peux pas la déplacer. [搬bān, « porter/déplacer » + 不 + 动dòng, « bouger » — la caisse ne peut pas atteindre l’état d’être déplacée]

找得到zhǎo de dào (pouvoir le trouver) et 找不到zhǎo bu dào (ne pas pouvoir le trouver) forment l’une des paires de compléments potentiels les plus courantes que vous rencontrerez tôt. Notez le contraste avec le verbe auxiliaire 能néng (pouvoir — expliqué dans la section sur les auxiliaires) : 能 porte généralement sur la permission ou une capacité générale, tandis qu’un complément potentiel demande spécifiquement si cette action peut atteindre ce résultat précis dans les circonstances données — 我能听wǒ néng tīng (je suis capable d’écouter, par exemple parce que mes oreilles fonctionnent / j’en ai la permission) diffère de 我听得懂wǒ tīng de dǒng (je peux comprendre ce que j’entends, par exemple parce que je connais la langue).

Le complément potentiel particulier 得了de liǎo / 不了bu liǎo (-liǎo)

Un modèle récurrent de complément potentiel emploie 了liǎo, prononcé liǎo (et non le), pour signifier « pouvoir/ne pas pouvoir finir » ou « pouvoir/ne pas pouvoir arriver du tout » : 吃得了chī de liǎo (pouvoir finir de manger [cette quantité de nourriture]) contre 吃不了chī bu liǎo (ne pas pouvoir finir de la manger — il y en a trop) ; 去得了qù de liǎo (pouvoir y aller/arriver à y aller) contre 去不了qù bu liǎo (ne pas pouvoir y aller, par exemple à cause d’un conflit d’emploi du temps).

可能补语kěnéng bǔyǔ dans les phrases négatives : pourquoi 不 domine la langue courante

Dans le mandarin parlé de tous les jours, le complément potentiel négatif (verbe + 不 + résultat) est utilisé constamment et sans difficulté — 看不见kàn bu jiàn (ne pas pouvoir le voir), 买不到mǎi bu dào (ne pas pouvoir l’obtenir/l’acheter) — tandis que la forme affirmative (verbe + 得 + résultat) est un peu moins fréquente dans la langue courante. En effet, dire positivement qu’on « peut » faire quelque chose s’exprime souvent simplement avec un complément résultatif sans 得 lorsqu’il n’y a aucun doute sur l’issue. La forme négative est utile parce qu’elle permet d’expliquer précisément pourquoi quelque chose ne s’est pas produit ou ne se produira pas.

Compléments directionnels : 来lái/去qù combinés avec 上shàng/下xià/进jìn/出chū/回huí/过guò/起qǐ

Le mandarin attache de petits mots directionnels directement après un verbe pour indiquer dans quel sens l’action se déplace — vers le locuteur ou en s’en éloignant, et selon un trajet précis (vers le haut, vers le bas, à l’intérieur, à l’extérieur, de retour, en traversant, en se levant). Ils se combinent selon un modèle fixe et facile à apprendre ; quand vous voyez la grille sous-jacente, les dizaines de combinaisons cessent de ressembler à des mots de vocabulaire isolés et deviennent un système à deux éléments mobiles.

Compléments directionnels simples

Un seul verbe directionnel après le verbe principal indique le trajet de base :

  • 上shàng — vers le haut, sur : 爬上páshàng (monter en grimpant)
  • 下xià — vers le bas, de : 放下fàngxià (poser)
  • 进jìn — dans, à l’intérieur : 走进zǒujìn (entrer à pied)
  • 出chū — dehors : 拿出náchū (sortir/prendre dehors)
  • 回huí — retour : 送回sònghuí (renvoyer)
  • 过guò — à travers, au-dessus, au-delà : 走过zǒuguò (passer/traverser à pied)
  • 起qǐ — vers le haut (depuis une position basse, souvent figuré) : 拿起náqǐ (ramasser/prendre)

Compléments directionnels composés : ajouter 来 ou 去

Chacun des mots directionnels simples ci-dessus peut se combiner avec 来lái (vers le locuteur) ou 去qù (en s’éloignant du locuteur), afin d’ajouter un deuxième niveau de direction relatif au point de vue du locuteur — c’est ce qui transforme une liste fixe de vocabulaire en véritable grille :

Mot directionnel+ 来lái (vers le locuteur)+ 去qù (en s’éloignant du locuteur)
上shàng (vers le haut/sur)上来shànglái — monter [vers moi]上去shàngqù — monter [en s’éloignant de moi]
下xià (vers le bas/de)下来xiàlái — descendre [vers moi]下去xiàqù — descendre [en s’éloignant de moi]
进jìn (dans)进来jìnlái — entrer [vers moi]进去jìnqù — entrer [en s’éloignant de moi]
出chū (dehors)出来chūlái — sortir [vers moi]出去chūqù — sortir [en s’éloignant de moi]
回huí (retour)回来huílái — revenir [vers moi]回去huíqù — retourner [en s’éloignant de moi]
过guò (à travers/au-delà)过来guòlái — venir [vers moi]过去guòqù — aller [en s’éloignant de moi]
起qǐ (vers le haut, figuré)起来qǐlái — se lever ; marque aussi le début/l’apparition d’une action— (起去 n’existe pas ; 起 se combine seulement avec 来)

Ces formes composées s’attachent à un verbe principal comme les directionnels simples : 他走进来了Tā zǒu jìnlái le (Il est entré à pied [vers moi/dans cette pièce où je suis]) contre 他走进去了Tā zǒu jìnqù le (Il est entré à pied [en s’éloignant de moi/dans une pièce où je ne suis pas]) — la différence tient entièrement au point de vue du locuteur. L’anglais laisse généralement ce détail au contexte (« he walked in » ne précise pas par rapport à qui), mais la grammaire mandarine oblige à l’encoder.

起来qǐlái : au-delà du « haut » littéral — marquer le début d’une action ou une prise de conscience soudaine

起来qǐlái mérite une explication séparée, car ses emplois figurés sont très fréquents et n’impliquent aucun mouvement vers le haut. Attaché à un verbe ou un adjectif, 起来 indique qu’une action ou un état commence à apparaître : 天气暖和起来了Tiānqì nuǎnhuo qǐlái le (Le temps commence à se réchauffer) ; 大家都笑起来了Dàjiā dōu xiào qǐlái le (Tout le monde s’est mis à rire). Il sert aussi à dire « quand on y pense/le regarde/l’essaie » et introduit un jugement : 说起来容易,做起来难Shuō qǐlái róngyì, zuò qǐlái nán — Facile à dire, difficile à faire [littéralement : « dit, [c’est] facile ; fait, [c’est] difficile »] — une expression très courante qu’il vaut la peine de reconnaître immédiatement.

Les objets avec les compléments directionnels : où placer l’objet

Lorsqu’un complément directionnel prend un objet, la place de cet objet dépend de la présence de 来/去 et du fait que l’objet désigne ou non un lieu. Avec un complément directionnel simple, l’objet se place généralement entre le verbe et le mot directionnel s’il s’agit d’un lieu, sinon après le complément entier : 他走进教室Tā zǒujìn jiàoshì (Il est entré dans la salle de classe) place 教室jiàoshì, « salle de classe », juste après 进. Avec un complément directionnel composé (avec 来/去) et un objet de lieu, l’objet de lieu doit aller entre le mot directionnel et 来/去 : 他走进教室来了Tā zǒujìn jiàoshì lái le (Tā zǒujìn jiàoshì lái le) — le nom de lieu 教室 s’insère dans le composé, jamais après lui (教室来了 en bloc final serait incorrect). Les objets qui ne sont pas des lieux sont plus flexibles et suivent souvent le composé entier : 他带回来了一本书Tā dài huílái le yì běn shū ou 他带回了一本书来Tā dài huíle yì běn shū lái se rencontrent tous les deux, mais le premier est nettement plus courant dans la langue moderne.

Compléments résultatifs : verbe + résultat, regroupés dans une unité compacte

Un complément résultatif est un second verbe ou adjectif directement accolé à un verbe principal afin d’indiquer le résultat atteint par l’action — non seulement qu’une action a eu lieu, mais ce qu’elle a accompli. C’est l’un des modèles les plus productifs du mandarin : un ensemble relativement restreint de mots de résultat se combine avec un très grand nombre de verbes principaux, et reconnaître ce modèle permet de déchiffrer des composés jamais vus auparavant.

La forme est : verbe + mot de résultat (+ 了 si l’action est achevée). Voici quelques-uns des mots de résultat les plus courants :

Mot de résultatSens comme résultatExemple
完wánfini, achevé吃完chīwán — finir de manger ; 做完zuòwán — finir de faire
到dàoatteint/obtenu avec succès看到kàndào — voir [avec succès] ; 找到zhǎodào — trouver [avec succès]
见jiànperçu (par les sens)看见kànjiàn — apercevoir ; 听见tīngjiàn — entendre
懂dǒngcompris听懂tīngdǒng — comprendre en écoutant ; 看懂kàndǒng — comprendre en lisant
会huìmaîtrisé, appris au point de pouvoir faire学会xuéhuì — apprendre à maîtriser
好hǎocorrectement fait, prêt做好zuòhǎo — faire correctement ; 准备好zhǔnbèi hǎo — se préparer
错cuòfait incorrectement, par erreur写错xiěcuò — écrire incorrectement ; 说错shuōcuò — mal parler
坏huàicassé, abîmé, gâté弄坏nònghuài — casser/abîmer [en manipulant]
清楚qīngchuclairement看清楚kàn qīngchu — voir clairement ; 说清楚shuō qīngchu — expliquer clairement
饱bǎorassasié (après avoir mangé)吃饱chībǎo — manger à sa faim

我吃完了Wǒ chīwán le。(Wǒ chīwán le.) — J’ai fini de manger. [吃chī, « manger » + 完wán, « fini », 了 marque l’achèvement]

你听懂了吗Nǐ tīngdǒng le ma?(Nǐ tīngdǒng le ma?) — As-tu compris ce que tu as entendu ?

我找到我的钥匙了Wǒ zhǎodào wǒ de yàoshi le。(Wǒ zhǎodào wǒ de yàoshi le.) — J’ai trouvé mes clés. [找zhǎo, « chercher » + 到dào, « atteint avec succès » — remarquez que 找 seul signifie seulement « chercher », et non « trouver » ; c’est le mot de résultat 到 qui apporte l’idée de réussite]

他写错了一个字Tā xiěcuòle yí gè zì。(Tā xiěcuòle yí gè zì.) — Il a mal écrit un caractère.

Voici une distinction essentielle à intégrer : beaucoup de verbes mandarins décrivent seulement la tentative ou le processus, pas l’issue ; c’est le complément résultatif qui indique la réussite ou l’échec. 找zhǎo signifie « chercher », point final — savoir si la recherche a réussi est une information entièrement distincte, portée par 到 ou par son absence. C’est précisément pourquoi l’anglais « find » (qui réunit « chercher » et « réussir » dans un seul mot) ne correspond pas à un seul verbe mandarin ; il s’agit d’une manière réellement différente de découper le sens, qui demande une attention délibérée pour s’y adapter.

Nier les compléments résultatifs

Un complément résultatif achevé se nie avec 没(有)méi(yǒu), et non 不, parce qu’on nie l’obtention d’un résultat (un fait d’aspect/d’achèvement), et non une propriété générale négative : 我没找到钥匙Wǒ méi zhǎodào yàoshi (Je n’ai pas trouvé les clés — c’est-à-dire que j’ai cherché sans réussir), jamais 我不找到钥匙. 不 est réservé à la négation de la forme avec complément potentiel (expliquée dans la section sur les compléments avec 得) : 我找不到钥匙Wǒ zhǎo bu dào yàoshi (Je ne peux pas trouver les clés) décrit une incapacité, affirmation proche mais distincte du simple constat que la recherche n’a pas réussi cette fois.

Comparatifs et superlatifs : 比bǐ, 没有méiyǒu, 一样yíyàng, 最zuì

Le mandarin n’ajoute pas aux adjectifs des terminaisons comme « -er » ou « -est » en anglais : la comparaison se construit entièrement à l’aide de mots de comparaison séparés, placés autour des deux éléments comparés. Il y a quatre modèles à connaître parfaitement, car ils couvrent presque toutes les comparaisons que vous aurez besoin de faire.

比bǐ (bǐ) : A est plus [adjectif] que B

La forme est : A + 比 + B + adjectif (+ mot de degré, facultatif). 比bǐ est l’équivalent direct du « plus… que » français :

他比我高Tā bǐ wǒ gāo。(Tā bǐ wǒ gāo.) — Il est plus grand que moi. [他tā, « il » + 比 + 我wǒ, « moi » + 高gāo, « grand »]

这个比那个贵一点Zhège bǐ nàge guì yìdiǎn。(Zhège bǐ nàge guì yìdiǎn.) — Celui-ci est un peu plus cher que celui-là. [一点yìdiǎn, « un peu », s’ajoute après l’adjectif pour indiquer l’écart]

今天比昨天冷得多Jīntiān bǐ zuótiān lěng de duō。(Jīntiān bǐ zuótiān lěng de duō.) — Aujourd’hui, il fait bien plus froid qu’hier. [得多de duō, « de beaucoup », indique un grand écart]

Un piège structurel pour les anglophones : 很hěn (« très ») et les autres adverbes de degré qui se placent normalement avant un adjectif sont omis dans les phrases avec 比 — 他比我很高 est incorrect ; 比 accomplit déjà l’intensification que 很 apporterait autrement. Ajouter 很 est donc redondant et agrammatical ici, pas seulement étrange sur le plan stylistique.

没有méiyǒu (méiyǒu) : A n’atteint pas B — A n’est pas aussi [adjectif] que B

La forme est : A + 没有 + B + [这么/那么] + adjectif. C’est la comparaison négative, et elle est réellement plus courante dans la langue familière que « A 不比 B adjectif » (qui existe, mais ressemble davantage à « A n’est pas plus X que B », une affirmation subtilement différente et plus argumentative) :

我没有他高Wǒ méiyǒu tā gāo。(Wǒ méiyǒu tā gāo.) — Je ne suis pas aussi grand que lui.

这个没有那个那么贵Zhège méiyǒu nàge nàme guì。(Zhège méiyǒu nàge nàme guì.) — Celui-ci n’est pas aussi cher que celui-là. [那么nàme, « à ce point », est facultatif mais courant et rappelle la structure « aussi… que » de la traduction française]

一样yíyàng (yíyàng) : A et B sont identiques

La forme est : A + 跟/和 + B + 一样 (+ adjectif, facultatif). 一样yíyàng (« identique ») exprime l’équivalence, soit simplement (« identique à »), soit avec un adjectif précis qui indique sur quel point les deux éléments sont identiques :

我跟他一样高Wǒ gēn tā yíyàng gāo。(Wǒ gēn tā yíyàng gāo.) — Je fais la même taille que lui.

这两本书一样Zhè liǎng běn shū yíyàng。(Zhè liǎng běn shū yíyàng.) — Ces deux livres sont identiques. [aucun adjectif nécessaire — simple constat d’identité]

La négation, « différent de », se forme en niant directement 一样 : 我跟他不一样高Wǒ gēn tā bù yíyàng gāo (Wǒ gēn tā bù yíyàng gāo) — Je ne fais pas la même taille que lui.

最zuì (zuì) : le superlatif

最zuì (« le plus ») se place directement avant un adjectif pour former le superlatif, sans qu’aucun élément de comparaison soit nécessaire : il indique simplement le sommet d’un groupe implicite :

他是我们班最高的学生Tā shì wǒmen bān zuì gāo de xuéshēng。(Tā shì wǒmen bān zuì gāo de xuéshēng.) — C’est l’élève le plus grand de notre classe.

这是我最喜欢的电影Zhè shì wǒ zuì xǐhuan de diànyǐng。(Zhè shì wǒ zuì xǐhuan de diànyǐng.) — C’est mon film préféré.

Les comparatifs côte à côte

StructureSensExemple
A 比 B + adjA est plus [adj] que B他比我高Tā bǐ wǒ gāo — Il est plus grand que moi
A 没有 B (这么/那么) + adjA n’est pas aussi [adj] que B我没有他高Wǒ méiyǒu tā gāo — Je ne suis pas aussi grand que lui
A 跟/和 B 一样 (+ adj)A et B sont identiques [sur ce point]我跟他一样高Wǒ gēn tā yíyàng gāo — Je fais la même taille que lui
最 + adjle plus [adj] — superlatif他最高Tā zuì gāo — Il est le plus grand

Nombres, dates et mots de temps : la logique du plus grand au plus petit

Les nombres, les dates et les heures en mandarin suivent tous un même principe cohérent dès qu’on le remarque : la plus grande unité d’abord, la plus petite en dernier — l’exact inverse de la convention américaine pour les dates. C’est un modèle très utile à reconnaître, car il apparaît aussi dans les adresses, les dates, les heures et les noms.

Les nombres de 0 à 10 et le système de numération

NombreCaractèrePinyin
0零línglíng
1一yīyī
2二èr / 两liǎngèr / liǎng
3三sānsān
4四sìsì
5五wǔwǔ
6六liùliù
7七qīqī
8八bābā
9九jiǔjiǔ
10十shíshí

Les nombres supérieurs à dix se construisent de façon prévisible : 11 est 十一shíyī (« dix-un »), 20 est 二十èrshí (« deux-dix »), 35 est 三十五sānshíwǔ (« trois-dix-cinq »), 100 est 一百yìbǎi, 1 000 est 一千yìqiān, et 10 000 possède sa propre unité, 万wàn. C’est une différence importante avec l’anglais : les nombres chinois se regroupent par unités de 10 000 plutôt que de 1 000. Ainsi, 100 000 est 十万shíwàn (« dix wàn »), et non « cent mille ». S’habituer à passer du regroupement anglais par milliers au regroupement chinois par wàn est une petite compétence à travailler volontairement.

二èr (èr) et 两liǎng (liǎng) : ils signifient tous deux « deux », mais ne sont pas interchangeables

二èr s’emploie pour compter dans une suite (一, 二, 三…) ou comme chiffre simple dans les nombres composés (十二shí'èr, douze ; 二十èrshí, vingt), ainsi que dans les dates et les heures. 两liǎng remplace 二 précisément pour dire « deux » juste avant un mot de mesure : 两个人liǎng gè rén (deux personnes), et non 二个人 ; 两本书liǎng běn shū (deux livres), et non 二本书. Mémorisez cela comme une règle fixe plutôt que de chercher le cas par cas : 两 apparaît toujours juste avant un mot de mesure quand le nombre est exactement deux.

Dates : année → mois → jour

Les dates se construisent du plus grand au plus petit : Année + 年nián + Mois + 月yuè + Jour + 号hào/日rì :

二零二六年七月九号Èr líng èr liù nián qī yuè jiǔ hào。(Èr líng èr liù nián qī yuè jiǔ hào.) — Le 9 juillet 2026. [littéralement : deux-zéro-deux-six-année, sept-mois, neuf-jour]

Les années se lisent chiffre par chiffre (二零二六èr líng èr liù, « deux-zéro-deux-six »), et non comme un seul grand nombre, contrairement à l’anglais « twenty twenty-six ». Les mois sont simplement le nombre de 1 à 12 suivi de 月yuè (三月sānyuè, mars, littéralement « trois-mois »). Pour les jours du mois, on emploie 号hào à l’oral courant ou 日rì dans des contextes plus formels ou écrits ; les deux signifient essentiellement « jour du mois » et sont largement interchangeables, mais 号 est privilégié à l’oral et 日 dans les documents officiels et à l’écrit.

Jours de la semaine : numérotés, non nommés

Les jours de la semaine se construisent avec 星期xīngqī (« semaine ») + un nombre, ce qui reflète encore la logique systématique de la plus grande unité d’abord présente dans tout le système temporel :

JourCaractèrePinyin
Lundi星期一xīngqīyīxīngqīyī
Mardi星期二xīngqī’èrxīngqī’èr
Mercredi星期三xīngqīsānxīngqīsān
Jeudi星期四xīngqīsìxīngqīsì
Vendredi星期五xīngqīwǔxīngqīwǔ
Samedi星期六xīngqīliùxīngqīliù
Dimanche星期天xīngqītiān / 星期日xīngqīrìxīngqītiān / xīngqīrì

Le dimanche est l’exception : on emploie 天tiān (« jour ») ou 日rì (« jour/soleil ») plutôt qu’un nombre, au lieu d’un hypothétique « 星期七 ». 礼拜lǐbài est une alternative familière courante à 星期 pour toute la série (礼拜一, 礼拜二, etc.), particulièrement à Taïwan et dans une langue plus ancienne ou plus détendue.

Heure : heure → minute, avec 点 et 分

L’heure suit la même logique du plus grand au plus petit : Heure + 点diǎn (« heure ») + Minute + 分fēn (« minutes », souvent omis pour les heures pleines) :

现在三点Xiànzài sān diǎn。(Xiànzài sān diǎn.) — Il est trois heures.

现在三点十五分Xiànzài sān diǎn shíwǔ fēn。(Xiànzài sān diǎn shíwǔ fēn.) — Il est trois heures quinze.

Deux formes très courantes pour les quarts d’heure et les demies-heures méritent d’être mémorisées comme vocabulaire fixe, plutôt que d’être déduites à chaque fois : 三点半sān diǎn bàn (trois heures et demie, « trois-heures-demie ») pour :30, et 三点一刻sān diǎn yí kè (trois heures et quart) pour :15, avec 刻kè (« un quart [d’heure] ») comme alternative à 十五分. Pour les minutes qui précèdent l’heure suivante, on emploie 差chà (« manquer de ») : 差五分四点chà wǔ fēn sì diǎn (quatre heures moins cinq, littéralement « il manque cinq minutes [à] quatre heures »).

Comme les expressions de temps et de lieu précèdent le verbe (voir la section sur l’ordre des mots), une expression complète de temps se place dans une phrase là où l’anglais mettrait « at 3pm » à la fin, mais le mandarin la place au début : 我三点半去咖啡馆Wǒ sān diǎn bàn qù kāfēiguǎn。(Wǒ sān diǎn bàn qù kāfēiguǎn.) — Je vais au café à trois heures et demie. [littéralement : je - trois heures et demie - vais - café]

Nombres ordinaux : 第dì + nombre

Pour transformer un nombre cardinal (« un, deux, trois ») en ordinal (« premier, deuxième, troisième »), il suffit d’ajouter 第dì devant le nombre — aucun vocabulaire ordinal distinct à mémoriser, contrairement à l’anglais où « first/second/third » sont des formes irrégulières distinctes de « one/two/three » : 第一dì-yī (premier), 第二dì-èr (deuxième), 第三dì-sān (troisième), 第二十dì-èrshí (vingtième). Cette régularité se prolonge indéfiniment, contrairement à l’anglais qui doit mémoriser les formes irrégulières « first » et « second » avant que le modèle ne se régularise à partir de « third ».

Fractions et pourcentages : 分之fēnzhī et 百分之bǎi fēnzhī

Les fractions se construisent avec 分之fēnzhī entre le dénominateur et le numérateur — remarquez que l’ordre est inversé par rapport au français : le dénominateur vient d’abord. 三分之一sān fēnzhī yī (un tiers, littéralement « trois-parts-de-un ») : 三sān (le dénominateur, 3) précède 分之一fēnzhī yī (le numérateur, « de un »). Les pourcentages emploient le dénominateur fixe 百bǎi (cent) : 百分之五十bǎi fēnzhī wǔshí (50 pour cent, littéralement « cent-parts-de-cinquante »).

Questions : 吗ma, 呢ne, 吧ba, les questions A-ou-pas-A et les mots interrogatifs

Le mandarin forme les questions sans déplacer les mots ni ajouter un auxiliaire : vous ajoutez généralement une petite particule ou vous répétez le verbe, tandis que le reste de la phrase conserve l’ordre normal d’une déclaration. C’est l’un des aspects les plus accessibles de la grammaire : aucun auxiliaire « do » à insérer, aucune inversion sujet-verbe à retenir.

吗ma (ma) : transformer toute affirmation en question fermée

Ajouter 吗ma à la fin d’une affirmation la transforme en question oui/non, sans absolument aucun changement d’ordre des mots — le modèle interrogatif le plus simple de la langue :

你是学生Nǐ shì xuésheng。(Nǐ shì xuésheng.) — Tu es étudiant(e). [affirmation] → 你是学生吗Nǐ shì xuésheng ma?(Nǐ shì xuésheng ma?) — Es-tu étudiant(e) ? [question — ordre des mots identique, avec seulement 吗 ajouté]

他喜欢咖啡吗Tā xǐhuan kāfēi ma?(Tā xǐhuan kāfēi ma?) — Est-ce qu’il aime le café ?

呢ne (ne) : « et… ? » / adoucir une question déjà en contexte

呢ne ajouté à un nom demande « et [nom] ? » dans un contexte déjà établi — il ne fonctionne pas comme une question autonome de la même manière que 吗 ; il s’appuie sur la conversation qui le précède :

我很好,你呢Wǒ hěn hǎo, nǐ ne?(Wǒ hěn hǎo, nǐ ne?) — Je vais bien, et toi ? [呢 demande « et toi ? » en s’appuyant sur la phrase précédente pour fournir le verbe/prédicat manquant]

我的手机呢Wǒ de shǒujī ne?(Wǒ de shǒujī ne?) — Où est mon téléphone ? [呢 ajouté à un nom seul demande couramment « où est X ? » quand le contexte indique clairement que vous cherchez quelque chose]

呢 s’emploie aussi à la fin d’une affirmation (plutôt qu’après un nom seul) pour donner un ton légèrement rhétorique et prolonger le suspense d’une question qui contient déjà un mot interrogatif : 你在做什么呢Nǐ zài zuò shénme ne?(Nǐ zài zuò shénme ne?) — Qu’est-ce que tu fais ? [ici, 呢 adoucit/prolonge la question « qu’est-ce que tu fais ? », en suggérant souvent une curiosité continue, et s’associe naturellement à 在/正在 pour les actions en cours]

吧ba (ba) : demander confirmation ou adoucir une suggestion

吧ba transforme une affirmation en question qui cherche une confirmation (« n’est-ce pas ? »), ou adoucit un ordre/une suggestion pour la rendre plus douce qu’un impératif direct :

你是日本人吧Nǐ shì Rìběnrén ba?(Nǐ shì Rìběnrén ba?) — Tu es japonais(e), n’est-ce pas ? [le locuteur a déjà une idée et la confirme — une nuance différente de 吗, qui pose une question véritablement ouverte]

我们走吧Wǒmen zǒu ba。(Wǒmen zǒu ba.) — Allons-y. [ici, 吧 adoucit une suggestion et transforme l’ordre direct 我们走 en invitation]

Questions A-ou-pas-A : répéter le verbe avec 不/没 entre les deux

Au lieu de 吗 (ou à côté de lui), le mandarin forme très souvent une question oui/non en disant le verbe puis sa négation, l’un après l’autre — il propose littéralement les deux options pour que l’interlocuteur choisisse, dans un esprit proche de l’anglais « are you or aren’t you? », mais comme manière neutre par défaut de poser la question, et non comme forme marquée ou emphatique :

你去不去Nǐ qù bu qù?(Nǐ qù bu qù?) — Tu y vas ou pas ? [去不去qù bu qù, « aller-ne pas aller »]

他是不是老师Tā shì bu shì lǎoshī?(Tā shì bu shì lǎoshī?) — Est-il professeur ou non ?

你有没有时间Nǐ yǒu méiyǒu shíjiān?(Nǐ yǒu méiyǒu shíjiān?) — As-tu du temps ou non ? [有 emploie 没 plutôt que 不 dans sa forme A-ou-pas-A, car la négation de 有 est toujours 没有, jamais 不有 — consultez la section sur la négation pour savoir pourquoi]

Avec les verbes qui ont un objet, l’objet peut être omis dans la répétition centrale afin d’éviter une phrase lourde : 你喜不喜欢这个Nǐ xǐ bu xǐhuan zhège?(Nǐ xǐ bu xǐhuan zhège?) plutôt que la forme complète 你喜欢不喜欢这个?— les deux sont grammaticales, mais la forme raccourcie (on enlève la seconde moitié d’un verbe de deux syllabes avant de le répéter) est extrêmement courante dans la parole rapide.

Les questions A-ou-pas-A ne se combinent pas avec 吗 — 你去不去吗 n’est pas une phrase qu’un locuteur natif produirait, car A-ou-pas-A exprime déjà toute la fonction de « question oui/non » que 吗 fournirait autrement ; les empiler est redondant et donne une impression nettement étrangère.

Mots interrogatifs : 什么shénme, 谁shéi, 哪nǎ, 哪儿nǎr/哪里nǎlǐ, 什么时候shénme shíhou, 为什么wèishénme, 怎么zěnme, 多少duōshao/几jǐ

Les mots interrogatifs mandarins restent exactement à l’endroit où la réponse apparaîtrait dans une affirmation normale : on appelle cela la formation des questions in situ. C’est une habitude réellement différente de l’anglais, qui déplace les mots interrogatifs au début de la phrase (« What did you eat? » déplace « what » de la position d’objet vers le début). Le mandarin ne fait aucun déplacement de ce type :

Mot interrogatifSensExemple
什么shénmequoi你吃什么Nǐ chī shénme?(Nǐ chī shénme?) — Qu’est-ce que tu manges ? [什么 est exactement à la place où irait ce qui est mangé]
谁shéi/shuíqui谁是你的老师Shéi shì nǐ de lǎoshī?(Shéi shì nǐ de lǎoshī?) — Qui est ton professeur ?
哪nǎquel [+ mot de mesure + nom]你要哪本书Nǐ yào nǎ běn shū?(Nǐ yào nǎ běn shū?) — Quel livre veux-tu ?
哪儿nǎr / 哪里nǎlǐoù你在哪儿Nǐ zài nǎr?(Nǐ zài nǎr?) — Où es-tu ?
什么时候shénme shíhouquand你什么时候来Nǐ shénme shíhou lái?(Nǐ shénme shíhou lái?) — Quand viens-tu ? [il se place dans l’emplacement du mot de temps, avant le verbe]
为什么wèishénmepourquoi你为什么迟到Nǐ wèishénme chídào?(Nǐ wèishénme chídào?) — Pourquoi es-tu en retard ?
怎么zěnmecomment / comment se fait-il que你怎么去学校Nǐ zěnme qù xuéxiào?(Nǐ zěnme qù xuéxiào?) — Comment vas-tu à l’école ?
多少duōshaocombien [pour les quantités grandes ou non définies]这个多少钱Zhège duōshao qián?(Zhège duōshao qián?) — Combien coûte ceci ?
几jǐcombien [pour les petites quantités dénombrables — attend un petit nombre et exige un mot de mesure]你家有几个人Nǐ jiā yǒu jǐ gè rén?(Nǐ jiā yǒu jǐ gè rén?) — Combien y a-t-il de personnes dans ta famille ?

La différence entre 几jǐ et 多少duōshao est vraiment utile : 几 suppose que la réponse est un petit nombre dénombrable (en général inférieur ou proche de dix) et exige toujours un mot de mesure avant le nom (几个人jǐ gè rén, combien de personnes — jamais 几人), tandis que 多少 ne fait pas cette supposition et fonctionne avec ou sans mot de mesure (多少钱duōshao qián, combien d’argent — aucun mot de mesure n’est nécessaire pour l’argent ; 多少个人 convient aussi lorsqu’on attend un nombre plus grand ou moins limité). Employer 几 pour demander « combien d’élèves y a-t-il dans ta classe ? » (un nombre petit et limité) et 多少 pour demander « combien de personnes vivent dans cette ville ? » (un nombre ouvert, possiblement grand) relève du réflexe natif qui vient d’expositions répétées plutôt que d’une règle mémorisée — mais connaître la règle vous indique au moins ce que votre oreille apprend à distinguer.

Négation : 不bù contre 没méi, et pourquoi ils ne sont pas interchangeables

Le mandarin possède deux principaux mots de négation, 不bù et 没méi (forme courte de 没有méiyǒu), et choisir entre eux est une décision véritablement structurelle, non stylistique : ils s’attachent à des catégories de sens différentes et ne s’échangent pas comme le mot français « ne… pas ».

不bù (bù) : états généraux, habitudes, opinions et intentions futures

不bù nie les états continus, les actions habituelles, les désirs/opinions et tout ce qui concerne l’avenir — les situations où aucune occurrence achevée précise n’est en vue :

我不喜欢咖啡Wǒ bù xǐhuan kāfēi。(Wǒ bù xǐhuan kāfēi.) — Je n’aime pas le café. [une opinion/un état continu]

他不是老师Tā bú shì lǎoshī。(Tā bú shì lǎoshī.) — Il n’est pas professeur. [是 se nie toujours avec 不, jamais avec 没, quel que soit le temps]

我明天不去Wǒ míngtiān bú qù。(Wǒ míngtiān bú qù.) — Je n’y vais pas demain. [intention future]

他不吃肉Tā bù chī ròu。(Tā bù chī ròu.) — Il ne mange pas de viande. [une habitude qui le caractérise, non une occurrence précise]

没méi (méi) : actions achevées, expérience passée et possession

没méi nie les actions achevées (il remplace 了 au lieu de s’y combiner), l’expérience passée avec 过 (il s’y combine) et la possession avec 有 — les situations liées à une occurrence précise ou à l’existence/la survenue de quelque chose :

我没去Wǒ méi qù。(Wǒ méi qù.) — Je n’y suis pas allé(e). [négation d’une action achevée — jamais 我不去了 avec ce sens ; cela veut dire tout autre chose, expliqué ci-dessous]

我没去过中国Wǒ méi qùguo Zhōngguó。(Wǒ méi qùguo Zhōngguó.) — Je ne suis jamais allé(e) en Chine. [没 se combine avec 过 au lieu de le remplacer]

我没有钱Wǒ méiyǒu qián。(Wǒ méiyǒu qián.) — Je n’ai pas d’argent. [la négation de 有 est toujours 没有 ou 没, jamais 不有 — 有 est l’un des rares verbes qui refuse catégoriquement 不]

Une règle pratique, et ses limites

Beaucoup d’apprenants trouvent cette règle utile comme première approximation : si vous pouvez ajouter 了 à la version affirmative de la phrase, niez-la avec 没 ; sinon, employez 不. 我吃了Wǒ chīle (j’ai mangé) → négation avec 没 : 我没吃Wǒ méi chī (je n’ai pas mangé). 我喜欢Wǒ xǐhuan (j’aime — 了 n’est pas possible ici dans son sens normal) → négation avec 不 : 我不喜欢Wǒ bù xǐhuan (je n’aime pas). Ce n’est pas une règle parfaite (是, de façon célèbre, prend 不 même s’il peut apparaître avec certains marqueurs d’aspect dans d’autres contextes), mais elle prédit correctement la très grande majorité des cas courants et vous donne un repère concret au lieu de vous laisser deviner.

不去了 contre 没去 : un contraste subtil mais important

Voici une paire qui se ressemble mais dont le sens structurel est différent, et il vaut la peine de l’indiquer clairement car elle piège même des apprenants intermédiaires solides : 不 + verbe + 了 (le 了 final de phrase, marqueur de changement d’état présenté dans la section sur l’aspect) signifie « ne plus faire X / ne finalement pas faire X » — un changement de plan : 我不去了Wǒ bú qù le (Je n’y vais pas [finalement — j’avais prévu d’y aller, mais maintenant non]). C’est entièrement différent de 没去méi qù (n’est pas allé), qui indique simplement qu’une action passée ne s’est pas produite, sans impliquer un changement de plan. Confondre les deux est une erreur fréquente, précise et corrigeable : si vous voulez dire « j’ai changé d’avis et je n’y vais plus », utilisez 不 + verbe + 了 ; si vous voulez dire « cela ne s’est tout simplement pas produit », utilisez 没 + verbe.

别bié (bié) : les ordres négatifs

Ni 不 ni 没 ne servent à dire à quelqu’un de ne pas faire quelque chose — ce rôle appartient à 别bié (« ne… pas ») ou au plus formel 不要bú yào (littéralement « ne pas vouloir », employé au sens de « ne… pas ») :

别担心Bié dānxīn。(Bié dānxīn.) — Ne t’inquiète pas.

你不要迟到Nǐ bú yào chídào。(Nǐ bú yào chídào.) — Ne sois pas en retard.

Verbes auxiliaires (modaux) : 会huì, 能néng, 可以kěyǐ, 要yào, 想xiǎng, 应该yīnggāi, 得děi

Les verbes auxiliaires du mandarin se placent directement devant le verbe principal (sans conjugaison de l’un ni de l’autre) et expriment la capacité, la permission, le désir, l’obligation ou la probabilité — à peu près les domaines que l’anglais exprime avec « can », « may », « want to », « should » et « must ». Plusieurs de ces auxiliaires se recouvrent dans leur traduction anglaise, mais ils découpent le sens différemment en mandarin ; c’est précisément là qu’une attention soigneuse est utile.

会huì (huì) : capacité acquise par l’apprentissage, ou probabilité future

会huì indique une compétence apprise ou acquise — quelque chose que l’on sait faire parce qu’on l’a étudié ou pratiqué — et, séparément, une prédiction sur l’avenir (« va ») :

我会说中文Wǒ huì shuō Zhōngwén。(Wǒ huì shuō Zhōngwén.) — Je sais parler chinois. [une compétence apprise par l’étude — pas une aptitude innée]

明天会下雨Míngtiān huì xià yǔ。(Míngtiān huì xià yǔ.) — Il pleuvra [probablement] demain. [une prédiction / une probabilité, pas une capacité]

能néng (néng) : capacité physique ou circonstancielle, ou permission

能néng indique une possibilité due à la condition physique, aux circonstances ou à une permission — non une compétence acquise, mais la question « est-ce possible / permis maintenant ? » :

我今天很累,不能去Wǒ jīntiān hěn lèi, bù néng qù。(Wǒ jīntiān hěn lèi, bù néng qù.) — Je suis très fatigué(e) aujourd’hui, je ne peux pas y aller. [circonstanciel — la fatigue l’empêche, ce n’est pas un manque de compétence]

这里不能吸烟Zhèlǐ bù néng xīyān。(Zhèlǐ bù néng xīyān.) — Vous ne pouvez pas fumer ici. [restriction fondée sur une permission / une règle]

Le contraste entre 会 et 能 est l’une des façons les plus nettes de voir comment les auxiliaires mandarin découpent le sens autrement que le « can » anglais : 我会游泳,但是我今天不能游泳Wǒ huì yóuyǒng, dànshì wǒ jīntiān bù néng yóuyǒng (Wǒ huì yóuyǒng, dànshì wǒ jīntiān bù néng yóuyǒng) — Je sais nager, mais je ne peux pas nager aujourd’hui [par exemple, la piscine est fermée ou je suis blessé(e)] — les deux se traduisent par « can » en anglais, mais ils répondent à deux questions différentes (avez-vous cette compétence ? / est-ce possible maintenant ?).

可以kěyǐ (kěyǐ) : permission, ou possibilité générale

可以kěyǐ se recouvre largement avec 能 pour la permission et est souvent le choix plus naturel, légèrement plus poli, lorsqu’on demande ou accorde une permission :

我可以进来吗Wǒ kěyǐ jìnlái ma?(Wǒ kěyǐ jìnlái ma?) — Puis-je entrer ?

你可以坐这儿Nǐ kěyǐ zuò zhèr。(Nǐ kěyǐ zuò zhèr.) — Vous pouvez vous asseoir ici.

Sa négation est réellement irrégulière quant au sens : 不可以bù kěyǐ signifie « ce n’est pas permis », une interdiction assez ferme, tandis que 不能 exprime plus souvent une simple impossibilité. Pour refuser nettement une permission, 不可以 ou 不行bù xíng (« cela ne va pas / ce n’est pas acceptable ») sont les choix naturels ; pour un « ce n’est pas possible maintenant » plus doux, on emploie plutôt 不能.

要yào (yào) et 想xiǎng (xiǎng) : vouloir faire quelque chose

Les deux se traduisent par « vouloir », mais diffèrent par leur force et leur immédiateté. 想xiǎng exprime un souhait ou un désir général, plus doux et plus hésitant ; 要yào exprime une intention plus ferme ou un désir plus immédiat et fonctionne aussi, séparément, comme verbe à part entière signifiant « vouloir [une chose] » :

我想去中国Wǒ xiǎng qù Zhōngguó。(Wǒ xiǎng qù Zhōngguó.) — J’aimerais aller en Chine. [un souhait, pas forcément un projet ferme]

我要去中国Wǒ yào qù Zhōngguó。(Wǒ yào qù Zhōngguó.) — Je vais aller en Chine [intention / projet ferme]. / Je veux aller en Chine [plus insistant que 想].

我要一杯咖啡Wǒ yào yì bēi kāfēi。(Wǒ yào yì bēi kāfēi.) — Je veux une tasse de café. [要 comme verbe à part entière, courant pour commander]

Nier 想 est simple (不想, « ne pas vouloir »), mais nier 要 au sens de l’intention se fait normalement avec 不想 plutôt qu’avec 不要, car 不要 se lit par défaut comme un ordre (« ne faites pas ! » — voir la section sur la négation) plutôt que comme « je ne veux pas ».

应该yīnggāi (yīnggāi) : devoir / il faudrait

应该yīnggāi exprime une obligation ou un conseil dans le sens de « ce serait juste / sage de », et correspond de près à « should » en anglais :

你应该多睡觉Nǐ yīnggāi duō shuìjiào。(Nǐ yīnggāi duō shuìjiào.) — Vous devriez dormir davantage.

我们应该道歉Wǒmen yīnggāi dàoqiàn。(Wǒmen yīnggāi dàoqiàn.) — Nous devrions nous excuser.

得děi (děi) : devoir / être obligé de — une obligation plus forte

得děi, prononcé děi dans cet emploi auxiliaire précis (une troisième prononciation de la famille de caractères « de/得 », distincte de 的 comme du 得 qui marque les compléments, présenté dans la section sur les compléments en 得 — le contexte permet toujours de savoir lequel est employé), exprime une nécessité plus forte, souvent imposée de l’extérieur, que 应该 :

我得走了Wǒ děi zǒu le。(Wǒ děi zǒu le.) — Je dois partir [maintenant]. [ici, 得 indique une nécessité réelle, souvent pressante, plus forte que le « devrait » plus doux de 应该]

你得先做作业Nǐ děi xiān zuò zuòyè。(Nǐ děi xiān zuò zuòyè.) — Vous devez d’abord faire vos devoirs.

Les auxiliaires en bref

AuxiliaireSens principalForme négative
会huìCapacité acquise ; probabilité future不会bú huì
能néngCapacité circonstancielle ; permission不能bù néng
可以kěyǐPermission ; possibilité générale不可以bù kěyǐ / 不行bù xíng
要yàoIntention ferme ; vouloir une chose不想bù xiǎng (pour l’intention)
想xiǎngSouhait / désir doux不想bù xiǎng
应该yīnggāiDevoir / il faudrait (conseil)不应该bù yīnggāi
得děiDevoir / être obligé de (nécessité plus forte)不用bú yòng (« ne pas avoir besoin de » — 不得 ne s’emploie pas ainsi)

Il faut le signaler directement : 得děi (« devoir ») ne se nie pas par « 不得 » ; la négation de l’obligation s’exprime avec 不用bú yòng (« ne pas avoir besoin de ») ou 不必bú bì (« il n’est pas nécessaire de »), car nier « devoir » en mandarin devient naturellement « il n’est pas nécessaire de », et non « il est interdit de ». « Il est interdit de » s’exprime plutôt avec 不可以/不能 (interdiction) ou 别/不要 (un ordre de ne pas faire). Cette petite asymétrie est facile à inverser ; remarquez-la délibérément les premières fois que vous devez dire « vous n’êtes pas obligé(e) » plutôt que « vous ne devez pas ».

Conjonctions et paires de liaison : comment les propositions se relient

Une particularité vraiment distinctive du mandarin (qu’il partage avec le japonais et le coréen, et qui le distingue de l’anglais) est que de nombreuses conjonctions forment des paires assorties : un mot ouvre la première proposition, un second mot différent ouvre la seconde, et les deux sont normalement présents ensemble. L’anglais, lui, n’a généralement besoin que d’un seul mot de liaison (« because... [so] » omet « so » en anglais, mais le mandarin conserve tout de même 所以).

因为...所以...yīnwèi...suǒyǐ... : parce que... donc...

因为yīnwèi (« parce que ») introduit la raison ; 所以suǒyǐ (« donc / par conséquent ») introduit le résultat. À la différence de l’anglais, où « so » est souvent facultatif après « because », le mandarin conserve les deux moitiés dans une expression soignée et complète, bien que la conversation courante en omette souvent une lorsque le contexte la rend évidente :

因为下雨,所以我们不去了Yīnwèi xià yǔ, suǒyǐ wǒmen bú qù le。(Yīnwèi xià yǔ, suǒyǐ wǒmen bú qù le.) — Comme il pleut, nous n’y allons pas. [les deux moitiés sont présentes — la forme naturelle et complète]

我不去了,因为下雨Wǒ bú qù le, yīnwèi xià yǔ。(Wǒ bú qù le, yīnwèi xià yǔ.) — Je n’y vais pas, parce qu’il pleut. [la proposition de raison est déplacée après le résultat, 所以 est omis — forme également naturelle]

虽然...但是...suīrán...dànshì... : bien que... mais...

虽然suīrán (« bien que ») introduit la proposition de concession ; 但是dànshì (« mais ») introduit la proposition contrastante. Les deux moitiés sont bien plus régulièrement conservées ensemble que dans la paire 因为...所以, et omettre 但是 donne nettement une impression d’inachèvement aux locuteurs natifs :

虽然他很累,但是他还是去上班了Suīrán tā hěn lèi, dànshì tā háishi qù shàngbān le。(Suīrán tā hěn lèi, dànshì tā háishi qù shàngbān le.) — Bien qu’il fût fatigué, il est quand même allé travailler.

如果...就...rúguǒ...jiù... : si... alors...

如果rúguǒ (« si ») introduit la condition ; 就jiù (« alors ») introduit la conséquence et se place directement devant le verbe de la seconde proposition, plutôt qu’au tout début de celle-ci :

如果明天下雨,我就不去了Rúguǒ míngtiān xià yǔ, wǒ jiù bú qù le。(Rúguǒ míngtiān xià yǔ, wǒ jiù bú qù le.) — S’il pleut demain, je n’irai pas.

如果你有问题,就问我Rúguǒ nǐ yǒu wèntí, jiù wèn wǒ。(Rúguǒ nǐ yǒu wèntí, jiù wèn wǒ.) — Si vous avez des questions, demandez-moi.

如果 est souvent omis dans la langue parlée, tandis que 就 seul signale encore la relation conditionnelle, surtout dans les échanges courts : 你想去,就去吧Nǐ xiǎng qù, jiù qù ba (Nǐ xiǎng qù, jiù qù ba) — Si tu veux y aller, vas-y.

不但...而且...búdàn...érqiě... : non seulement... mais aussi...

不但búdàn (« non seulement ») introduit le premier fait ; 而且érqiě (« mais aussi / de plus ») ajoute un second fait, plus fort ou supplémentaire. Dans la seconde proposition, on l’associe souvent à 也yě (« aussi ») ou à 都dōu (« tous les deux / tous ») pour insister :

她不但聪明,而且很努力Tā búdàn cōngming, érqiě hěn nǔlì。(Tā búdàn cōngming, érqiě hěn nǔlì.) — Elle est non seulement intelligente, mais aussi très travailleuse.

只要...就...zhǐyào...jiù... : tant que... alors...

只要zhǐyào (« tant que / pourvu que ») pose une condition minimale et suffisante ; 就 introduit le résultat garanti — la nuance est légèrement différente de 如果 (« si »), car 只要 souligne que cette seule condition suffit, et pas seulement « si ceci arrive » :

只要你努力,就能成功Zhǐyào nǐ nǔlì, jiù néng chénggōng。(Zhǐyào nǐ nǔlì, jiù néng chénggōng.) — Tant que vous travaillez dur, vous pouvez réussir. [努力 seul est présenté comme suffisant]

除非...才...chúfēi...cái... : seulement si... alors... (à moins que)

除非chúfēi (« à moins que / seulement si ») pose une condition nécessaire, souvent unique, et s’associe généralement à 才cái (« seulement alors »), plutôt qu’à 就, dans la seconde proposition. 才 porte en effet plus fortement l’idée de « et pas autrement », qui correspond à l’exclusivité de 除非 :

除非你道歉,我才会原谅你Chúfēi nǐ dàoqiàn, wǒ cái huì yuánliàng nǐ。(Chúfēi nǐ dàoqiàn, wǒ cái huì yuánliàng nǐ.) — Je ne vous pardonnerai que si vous vous excusez. [À moins que vous ne vous excusiez, je ne vous pardonnerai pas.]

Les paires de liaison en bref

PaireSensRemarque
因为...所以...yīnwèi...suǒyǐ...parce que... donc...Les deux moitiés sont souvent conservées dans une expression soignée ; l’une ou l’autre peut être omise dans la langue courante
虽然...但是...suīrán...dànshì...bien que... mais...Les deux moitiés sont généralement conservées ensemble
如果...就...rúguǒ...jiù...si... alors...如果 est souvent omis dans les échanges courts ; 就 seul peut porter le sens
不但...而且...búdàn...érqiě...non seulement... mais aussi...Souvent renforcé par 也/都 dans la seconde proposition
只要...就...zhǐyào...jiù...tant que... alors...Présente la condition comme minimalement suffisante
除非...才...chúfēi...cái...seulement si... / à moins que... alors...才 (et non 就) correspond à la nuance exclusive de 除非

Reconnaître qu’il s’agit de paires fixes — plutôt que de deux mots de vocabulaire indépendants qui apparaissent par hasard dans la même phrase — accélère réellement la lecture : dès que vous voyez 虽然suīrán au début d’une proposition, vous savez déjà qu’une proposition avec 但是dànshì arrive et vous pouvez commencer à prévoir la structure de la phrase au lieu de l’analyser à froid, comme un lecteur expérimenté de l’anglais prévoit que « although » rencontrera ensuite une forme de « but » ou de « yet ».

Les propositions relatives et 的de : décrire un nom en plaçant la description devant

Le mandarin n’a pas de pronoms relatifs comme les mots anglais « who », « which » ou « that » : à la place, toute une proposition descriptive est placée avant le nom qu’elle modifie, et 的de marque la limite entre la description et le nom. Cet ordre des mots en miroir (description d’abord, nom à la fin), par rapport à l’anglais (nom d’abord, description après « who/which/that »), est l’une des habitudes les plus constamment déroutantes pour les lecteurs anglophones au début, précisément parce qu’il faut garder toute la description en tête avant de découvrir ce qu’elle décrit.

我昨天买的书很有意思Wǒ zuótiān mǎi de shū hěn yǒuyìsi。(Wǒ zuótiān mǎi de shū hěn yǒuyìsi.) — Le livre que j’ai acheté hier est très intéressant. [littéralement : je-hier-acheté-的-livre — toute la proposition « j’ai acheté hier » se place devant 书shū, « livre », et 的 marque la jointure]

正在跟我说话的那个人是我的老师Zhèngzài gēn wǒ shuōhuà de nàge rén shì wǒ de lǎoshī。(Zhèngzài gēn wǒ shuōhuà de nàge rén shì wǒ de lǎoshī.) — La personne qui me parle en ce moment est mon professeur. [toute la proposition « parle avec moi en ce moment », avec son propre marqueur d’aspect 正在, précède 那个人nàge rén, « cette personne »]

他送给我的礼物很漂亮Tā sòng gěi wǒ de lǐwù hěn piàoliang。(Tā sòng gěi wǒ de lǐwù hěn piàoliang.) — Le cadeau qu’il m’a offert est très beau.

Puisque la description vient toujours en premier, les phrases qui contiennent de longues propositions relatives peuvent donner l’impression de vous faire attendre longtemps avant de savoir de quoi elles parlent vraiment — et cette attente est précisément la compétence d’analyse qu’il faut développer, sans raccourci. Une stratégie concrète aide : pendant la lecture, repérez 的 comme un panneau qui signifie « tout ce qui précède ce mot décrivait ce qui vient juste après » et faites consciemment une pause à cet endroit au lieu d’avancer et de perdre de vue ce qui est modifié.

的 marque aussi la possession simple et les adjectifs simples

的 a trois fonctions en mandarin : les propositions relatives (ci-dessus), la possession directe et le lien entre la plupart des adjectifs descriptifs et le nom qu’ils modifient — trois emplois réunis dans une seule particule parce qu’ils expriment tous, au fond, la même relation « Y de X » / « Y de type X » :

我的书wǒ de shū — mon livre [possession]

漂亮的花piàoliang de huā — une belle fleur [adjectif + nom]

Un raccourci vraiment utile : les adjectifs très courts, d’une seule syllabe, omettent souvent 的 lorsqu’ils modifient directement un nom dans une expression fixe et courante (好人hǎorén, une bonne personne, plutôt que 好的人), tandis que les adjectifs plus longs ou plus descriptifs, de deux syllabes ou plus, conservent presque toujours 的 (漂亮的花, et non 漂亮花). Ce n’est pas une règle absolue, mais une forte tendance ; c’est exactement le type de motif qu’il est plus facile d’acquérir en lisant beaucoup de phrases réelles qu’en appliquant mécaniquement une règle.

有yǒu et 在zài : existence, possession et lieu

有yǒu et 在zài se traduisent tous deux souvent par des formes de « être » dans les phrases anglaises de localisation, mais ils répondent à deux questions différentes et ne sont pas interchangeables — les confondre est une erreur fréquente, précise et corrigible.

有yǒu (yǒu) : « il y a » — existence, avec le lieu nommé d’abord

有yǒu indique que quelque chose existe dans un lieu, selon le schéma Lieu + 有 + Chose. Le lieu est l’élément connu et établi ; la chose est l’information nouvelle ou non précisée :

桌子上有一本书Zhuōzi shàng yǒu yì běn shū。(Zhuōzi shàng yǒu yì běn shū.) — Il y a un livre sur la table. [littéralement : table-sur-有-un livre — la table est le lieu connu, « un livre » est l’information nouvelle]

这个城市有很多咖啡馆Zhège chéngshì yǒu hěn duō kāfēiguǎn。(Zhège chéngshì yǒu hěn duō kāfēiguǎn.) — Cette ville a beaucoup de cafés.

有 est aussi, séparément, le verbe standard de possession (« avoir ») : 我有一只猫Wǒ yǒu yì zhī māo (j’ai un chat). Ses deux emplois — l’existence dans un lieu et la possession — ont la même négation, 没有 (jamais 不有 ; c’est une exception catégorique qu’il vaut mieux mémoriser directement plutôt que de la déduire de la règle pratique 不/没).

在zài (zài) : « se trouve à » — la chose est connue, le lieu est l’information nouvelle

在zài indique où se trouve quelque chose de connu, selon le schéma Chose + 在 + Lieu — l’image miroir de l’ordre des mots de 有, car la chose est maintenant l’élément connu et le lieu l’information nouvelle :

那本书在桌子上Nà běn shū zài zhuōzi shàng。(Nà běn shū zài zhuōzi shàng.) — Ce livre est sur la table. [littéralement : ce-livre-在-table-sur — « ce livre » est déjà connu / précis, « sur la table » est l’information nouvelle sur son emplacement]

我的钥匙在哪儿Wǒ de yàoshi zài nǎr?(Wǒ de yàoshi zài nǎr?) — Où sont mes clés ?

Le choix entre 有 et 在 dépend essentiellement de l’information déjà connue de l’auditeur et de celle qui est nouvelle : si l’auditeur connaît déjà le lieu et que vous lui dites ce qui s’y trouve, employez 有 (Lieu + 有 + Chose) ; s’il connaît déjà la chose et que vous lui dites où elle se trouve, employez 在 (Chose + 在 + Lieu). C’est la même logique de fond que la structure thème-commentaire (présentée dans la section sur l’ordre des mots) : l’élément connu vient en tête, l’élément nouveau suit.

是shì (shì) comme troisième possibilité : identifier, et non seulement situer

是shì (« être ») apparaît parfois dans ce qui semble être une phrase de localisation, mais il identifie ou établit une équivalence au lieu de simplement situer, et implique plutôt que « tout l’endroit est occupé par / consiste en » : 前面是一个公园Qiánmiàn shì yí gè gōngyuán (Devant, il y a un parc [l’espace devant vous EST un parc : il identifie ce qu’est toute cette zone]), nuance légèrement différente de 前面有一个公园qiánmiàn yǒu yí gè gōngyuán (Devant, il y a un parc [parmi d’autres choses qui peuvent aussi s’y trouver]).

Les couverbes (« prépositions » chinoises) : 在zài, 从cóng, 对duì, 给gěi, 跟gēn, 为了wèile, 离lí, 往wǎng, 向xiàng, 比bǐ

Le mandarin n’a pas une classe de mots distincte appelée « prépositions » comme l’anglais ; il emploie plutôt des couverbes : des mots issus de verbes, qui leur ressemblent encore, mais qui fonctionnent comme les prépositions anglaises lorsqu’ils sont placés devant un nom pour introduire un lieu, une direction, une origine, un destinataire, un but ou une comparaison. Ils se placent toujours devant le verbe auquel ils se rapportent (suivant l’habitude générale « temps / lieu / manière avant le verbe » de la section sur l’ordre des mots), à une position différente de celle qu’occupent souvent les groupes prépositionnels anglais.

CouverbeSensExemple
在zàià, dans, sur [lieu où se déroule une action]我在家吃饭Wǒ zài jiā chīfàn。(Wǒ zài jiā chīfàn.) — Je mange à la maison.
从cóngde / depuis [point de départ, lieu ou moment]我从北京来Wǒ cóng Běijīng lái。(Wǒ cóng Běijīng lái.) — Je viens de Pékin.
对duìà, envers, au sujet de [dirigé vers une personne / un sujet]他对我很好Tā duì wǒ hěn hǎo。(Tā duì wǒ hěn hǎo.) — Il est très gentil avec moi.
给gěià, pour [marque un destinataire / bénéficiaire]我给他打电话Wǒ gěi tā dǎ diànhuà。(Wǒ gěi tā dǎ diànhuà.) — Je lui ai téléphoné [littéralement : lui-ai-donné un appel téléphonique].
跟gēnavec [accompagner quelqu’un]我跟朋友一起去Wǒ gēn péngyou yìqǐ qù。(Wǒ gēn péngyou yìqǐ qù.) — Je vais avec un ami.
为了wèileafin de, pour [but]为了学好中文,他每天练习Wèile xuéhǎo Zhōngwén, tā měitiān liànxí。(Wèile xuéhǎo Zhōngwén, tā měitiān liànxí.) — Afin de bien apprendre le chinois, il s’exerce chaque jour.
离líde [distance entre deux points, sans mouvement]我家离学校很近Wǒ jiā lí xuéxiào hěn jìn。(Wǒ jiā lí xuéxiào hěn jìn.) — Ma maison est proche de l’école [littéralement : de l’école, est proche].
往wǎngvers [direction d’un mouvement]往前走Wǎng qián zǒu。(Wǎng qián zǒu.) — Marchez tout droit / vers l’avant.
向xiàngvers, face à [direction, souvent plus formel / figuré que 往]他向我笑了笑Tā xiàng wǒ xiàole xiào。(Tā xiàng wǒ xiàole xiào.) — Il m’a souri.
比bǐcomparé à, que [comparaison — présentée en détail dans la section sur les comparatifs]他比我高Tā bǐ wǒ gāo。(Tā bǐ wǒ gāo.) — Il est plus grand que moi.

La paire 从cóng et 离lí est vraiment utile à distinguer, car les deux peuvent se traduire par « de » en anglais : 从 marque le point de départ d’un mouvement ou d’une période (从北京到上海cóng Běijīng dào Shànghǎi, de Pékin à Shanghai ; 从早上到晚上cóng zǎoshang dào wǎnshang, du matin au soir), tandis que 离 marque la distance fixe entre deux choses sans idée de mouvement (我家离学校很近wǒ jiā lí xuéxiào hěn jìn, ma maison est proche de l’école — personne ne va nulle part dans cette phrase ; elle décrit simplement une relation spatiale). Employer 从 quand vous voulez parler d’une distance fixe (ou l’inverse) est une erreur fréquente, précise et corrigeable.

往wǎng et 向xiàng se recouvrent beaucoup pour une direction physique, mais 向 s’étend plus naturellement aux directions figurées et sociales (向他道歉xiàng tā dàoqiàn, s’excuser auprès de lui ; 向老师请教xiàng lǎoshī qǐngjiào, demander conseil à un enseignant), où 往 semblerait inhabituel. À l’inverse, 往 est le choix plus naturel pour des consignes de mouvement concrètes et littérales (往左转wǎng zuǒ zhuǎn, tournez à gauche ; 往前开wǎng qián kāi, conduisez vers l’avant) — une distinction qui, comme de nombreuses nuances des couverbes, s’acquiert mieux par l’exposition répétée à de vraies directions et à de vraies excuses que par la mémorisation d’une règle abstraite.

Plus de 30 points de grammaire HSK : les structures établies présentes dans chaque test et chaque conversation

Au-delà des grands systèmes présentés jusqu’ici, le mandarin possède des dizaines de petites structures fixes — le type d’éléments que les manuels HSK énumèrent comme des « points de grammaire » individuels, car chacun forme une unité précise que l’on peut apprendre, plutôt qu’une règle générale à déduire. Considérez cette section comme une référence à laquelle revenir, et non comme un contenu à assimiler en une seule fois : il vaut mieux remarquer chaque structure ci-dessous lors de votre prochaine lecture ou écoute réelle que de la mémoriser isolément par cœur.

1. 又...又...yòu...yòu... : à la fois... et... (deux qualités simultanées)

又yòu, répété devant deux adjectifs ou verbes, indique que les deux sont vrais en même temps : 这个又便宜又好吃Zhège yòu piányi yòu hǎochī。(Zhège yòu piányi yòu hǎochī.) — C’est à la fois bon marché et délicieux.

2. 越来越...yuèláiyuè... : de plus en plus

越来越yuèláiyuè, devant un adjectif ou un verbe, marque une augmentation continue dans le temps : 天气越来越冷了Tiānqì yuèláiyuè lěng le。(Tiānqì yuèláiyuè lěng le.) — Il fait de plus en plus froid.

3. 越...越...yuè...yuè... : plus... plus...

越yuè, répété dans deux propositions, relie deux éléments qui augmentent ensemble : 你越学越有意思Nǐ yuè xué yuè yǒuyìsi。(Nǐ yuè xué yuè yǒuyìsi.) — Plus vous étudiez, plus cela devient intéressant.

4. 一边...一边...yìbiān...yìbiān... : faire deux choses en même temps

一边yìbiān, placé devant deux verbes, marque des actions simultanées du même sujet : 他一边吃饭一边看电视Tā yìbiān chīfàn yìbiān kàn diànshì。(Tā yìbiān chīfàn yìbiān kàn diànshì.) — Il mange en regardant la télévision.

5. 一...就...yī...jiù... : dès que..., immédiatement...

一 devant le premier verbe et 就 devant le second indiquent que la seconde action suit immédiatement la première : 我一到家就洗澡Wǒ yí dào jiā jiù xǐzǎo。(Wǒ yí dào jiā jiù xǐzǎo.) — Dès que j’arrive chez moi, je prends une douche.

6. 又...了yòu...le : [quelque chose s’est produit] encore [répétition ou situation indésirable]

又yòu, devant un verbe, marque une occurrence répétée, généralement dans le passé ou déjà réalisée (à la différence de 再, présenté ensuite, qui envisage une répétition future) : 他又迟到了Tā yòu chídào le。(Tā yòu chídào le.) — Il est encore en retard.

7. 再zài : encore [dans le futur], ou « ensuite » dans une suite

再zài (un mot différent du couverbe de lieu 在 malgré le même pinyin) marque une répétition qui n’a pas encore eu lieu, ou l’étape suivante d’une séquence prévue : 明天再来Míngtiān zài lái。(Míngtiān zài lái.) — Revenez demain. 先吃饭,再看电影Xiān chīfàn, zài kàn diànyǐng。(Xiān chīfàn, zài kàn diànyǐng.) — Mangez d’abord, puis regardez le film.

8. 才cái : seulement alors, pas avant

才cái, devant un verbe, marque qu’une chose est arrivée plus tard que prévu, ou seulement dans une condition précise — avec une nuance de « enfin » ou de « pas avant » : 他十点才到Tā shí diǎn cái dào。(Tā shí diǎn cái dào.) — Il n’est arrivé qu’à 10 heures [sous-entendu : plus tard qu’espéré ou prévu].

9. 就jiù : dès, déjà [plus tôt que prévu]

就jiù, devant un verbe dans cet emploi contrastif précis, indique que quelque chose s’est produit plus tôt ou plus facilement que prévu — presque l’inverse de 才 : 他八点就到了Tā bā diǎn jiù dào le。(Tā bā diǎn jiù dào le.) — Il est arrivé dès 8 heures [sous-entendu : plus tôt que prévu]. Comparer 十点才到 et 八点就到 est l’une des façons les plus claires de sentir les nuances émotionnelles opposées de cette paire dans la même position grammaticale.

10. 都dōu : tous, les deux [inclusion totale]

都dōu vient après le ou les noms qu’il généralise, jamais avant, et doit apparaître avant le verbe : 我们都是学生Wǒmen dōu shì xuésheng。(Wǒmen dōu shì xuésheng.) — Nous sommes tous étudiants. [jamais 都我们是学生]

11. 连...都/也...lián...dōu/yě... : même...

连lián marque un exemple extrême, associé à 都 ou 也 pour insister : 他连中文都会说Tā lián Zhōngwén dōu huì shuō。(Tā lián Zhōngwén dōu huì shuō.) — Il sait même parler chinois [sous-entendu : un fait surprenant ou impressionnant].

12. 又...又... : (voir aussi le point 1) contre 既...又...jì...yòu... : à la fois... et... (registre plus formel)

既jì, associé à 又, est l’équivalent plus formel et écrit de 又...又..., courant dans les essais et les actualités : 这个方法既简单又有效Zhège fāngfǎ jì jiǎndān yòu yǒuxiào。(Zhège fāngfǎ jì jiǎndān yòu yǒuxiào.) — Cette méthode est à la fois simple et efficace.

13. 是...还是...shì...háishi... : est-ce A ou B ? (questions à choix)

是...还是shì...háishi propose un choix explicite entre deux options, contrairement à une simple question oui/non avec 吗 : 你要咖啡还是茶Nǐ yào kāfēi háishi chá?(Nǐ yào kāfēi háishi chá?) — Vous voulez du café ou du thé ?

14. 或者huòzhě : ou (dans les affirmations, pas les questions)

或者huòzhě relie des possibilités dans une affirmation, alors que 还是 est réservé aux questions : 你可以喝咖啡或者茶Nǐ kěyǐ hē kāfēi huòzhě chá。(Nǐ kěyǐ hē kāfēi huòzhě chá.) — Vous pouvez boire du café ou du thé. [还是 serait incorrect ici, car ce n’est pas une question]

15. 对...来说duì...láishuō : pour..., du point de vue de...

对...来说duì...láishuō présente une affirmation comme vraie spécifiquement depuis un point de vue donné : 对我来说,学中文很有意思Duì wǒ láishuō, xué Zhōngwén hěn yǒuyìsi。(Duì wǒ láishuō, xué Zhōngwén hěn yǒuyìsi.) — Pour moi, apprendre le chinois est très intéressant.

16. 除了...(以外),还/都...chúle...(yǐwài), hái/dōu... : outre..., aussi / tous...

除了...以外chúle...yǐwài désigne une exception ou un élément supplémentaire ; il est associé à 还hái (aussi / en plus, pour ajouter d’autres éléments) ou à 都dōu (tout le reste, sans exception) : 除了苹果以外,我还喜欢香蕉Chúle píngguǒ yǐwài, wǒ hái xǐhuan xiāngjiāo。(Chúle píngguǒ yǐwài, wǒ hái xǐhuan xiāngjiāo.) — Outre les pommes, j’aime aussi les bananes. 除了他以外,大家都来了Chúle tā yǐwài, dàjiā dōu lái le。(Chúle tā yǐwài, dàjiā dōu lái le.) — À part lui, tout le monde est venu.

17. 不是...而是...bú shì...érshì... : non pas X, mais plutôt Y

不是...而是bú shì...érshì corrige directement une idée fausse en remplaçant une affirmation par une autre : 我不是老师,而是学生Wǒ bú shì lǎoshī, érshì xuésheng。(Wǒ bú shì lǎoshī, érshì xuésheng.) — Je ne suis pas enseignant, mais étudiant.

18. 与其...不如...yǔqí...bùrú... : plutôt que X, il vaut mieux Y

与其...不如yǔqí...bùrú pèse deux possibilités et recommande la seconde : 与其在家等,不如出去找Yǔqí zài jiā děng, bùrú chūqù zhǎo。(Yǔqí zài jiā děng, bùrú chūqù zhǎo.) — Plutôt que d’attendre à la maison, il vaut mieux sortir chercher [cela].

19. 一...也/都不/没...yī...yě/dōu bù/méi... : pas même un, aucun du tout

一 + classificateur + nom, suivi de 也 ou 都 + négation, insiste sur l’absence totale : 我一个字也不认识Wǒ yí gè zì yě bú rènshi。(Wǒ yí gè zì yě bú rènshi.) — Je ne reconnais pas un seul caractère.

20. 好像hǎoxiàng : il semble que, comme si

好像hǎoxiàng atténue une affirmation pour en faire une impression ou une supposition, plutôt qu’une certitude : 他好像不高兴Tā hǎoxiàng bù gāoxìng。(Tā hǎoxiàng bù gāoxìng.) — Il semble mécontent.

21. 差不多chàbuduō : presque, environ, à peu près pareil

差不多chàbuduō transforme une affirmation qui paraît exacte en approximation, ou indique que deux choses sont à peu près équivalentes : 差不多五点了Chàbuduō wǔ diǎn le。(Chàbuduō wǔ diǎn le.) — Il est presque 5 heures. 这两个差不多Zhè liǎng gè chàbuduō。(Zhè liǎng gè chàbuduō.) — Ces deux-là sont à peu près pareils.

22. 到底dàodǐ : au juste, bon sang (demande une réponse définitive)

到底dàodǐ, généralement dans les questions, réclame une réponse finale et définitive après une incertitude ou des hésitations : 你到底去不去Nǐ dàodǐ qù bu qù?(Nǐ dàodǐ qù bu qù?) — Tu y vas ou pas, à la fin ?

23. 其实qíshí : en réalité, en fait (corrige une supposition)

其实qíshí introduit un fait qui contredit ce qui vient d’être suggéré ou supposé : 我看起来很累,其实我很好Wǒ kàn qǐlái hěn lèi, qíshí wǒ hěn hǎo。(Wǒ kàn qǐlái hěn lèi, qíshí wǒ hěn hǎo.) — J’ai l’air très fatigué, mais en réalité je vais bien.

24. 反而fǎn'ér : au contraire, au lieu de cela (résultat inattendu)

反而fǎn'ér indique qu’un résultat est l’opposé de ce que la proposition précédente faisait attendre : 他不但没生气,反而笑了Tā búdàn méi shēngqì, fǎn'ér xiào le。(Tā búdàn méi shēngqì, fǎn'ér xiào le.) — Non seulement il ne s’est pas fâché, mais il a ri à la place.

25. 幸亏xìngkuī : heureusement, par chance (évite une mauvaise issue)

幸亏xìngkuī introduit une circonstance heureuse qui a empêché quelque chose de mauvais ; il est souvent associé à 不然bùrán/要不然yàobùrán (« sinon »), qui décrit la mauvaise conséquence évitée : 幸亏你提醒我,不然我就忘了Xìngkuī nǐ tíxǐng wǒ, bùrán wǒ jiù wàng le。(Xìngkuī nǐ tíxǐng wǒ, bùrán wǒ jiù wàng le.) — Heureusement que tu me l’as rappelé, sinon j’aurais oublié.

26. 无论/不管...都...wúlùn/bùguǎn...dōu... : peu importe [quoi/comment/qui]..., [cela reste vrai]...

无论wúlùn ou 不管bùguǎn, généralement avec un mot interrogatif dans la première proposition, expriment une condition valable quelles que soient les circonstances ; ils s’associent à 都 dans la proposition de résultat : 不管天气怎么样,我们都要去Bùguǎn tiānqì zěnmeyàng, wǒmen dōu yào qù。(Bùguǎn tiānqì zěnmeyàng, wǒmen dōu yào qù.) — Quel que soit le temps, nous irons.

27. 一旦...就...yídàn...jiù... : une fois que..., alors...

一旦yídàn marque un seuil après lequel une conséquence se produit, souvent pour des changements importants ou difficiles à inverser : 一旦你决定了,就不能改变Yídàn nǐ juédìng le, jiù bù néng gǎibiàn。(Yídàn nǐ juédìng le, jiù bù néng gǎibiàn.) — Une fois que vous avez décidé, vous ne pouvez plus changer cela.

28. 尽管...还是...jǐnguǎn...háishi... : même si..., quand même...

尽管jǐnguǎn est une alternative plus formelle et plus insistante à 虽然, souvent associée à 还是háishi (« quand même ») plutôt qu’à 但是 dans la seconde proposition : 尽管很难,他还是坚持了Jǐnguǎn hěn nán, tā háishi jiānchí le。(Jǐnguǎn hěn nán, tā háishi jiānchí le.) — Même si c’était difficile, il a quand même persévéré.

29. 甚至shènzhì : même, au point de (exemple extrême)

甚至shènzhì introduit un extrême surprenant, proche dans l’esprit de 连...都 mais sans exiger la même structure en paire : 他很累,甚至没吃饭就睡了Tā hěn lèi, shènzhì méi chīfàn jiù shuì le。(Tā hěn lèi, shènzhì méi chīfàn jiù shuì le.) — Il était si fatigué qu’il s’est même endormi sans manger.

30. 于是yúshì : alors, par conséquent (suite naturelle, pas cause stricte)

于是yúshì relie un événement précédent au suivant comme une étape naturelle dans un récit ; il diffère subtilement de 所以 (qui marque plus strictement une relation logique de cause à effet) : 他饿了,于是去做饭Tā è le, yúshì qù zuò fàn。(Tā è le, yúshì qù zuò fàn.) — Il a eu faim, alors il est allé cuisiner.

31. 不仅...还...bùjǐn...hái... : non seulement... mais aussi... (alternative plus légère à 不但...而且)

不仅bùjǐn fonctionne beaucoup comme 不但 et est souvent associé à 还 plutôt qu’à 而且 dans des registres un peu plus familiers : 这本书不仅有趣,还很有用Zhè běn shū bùjǐn yǒuqù, hái hěn yǒuyòng。(Zhè běn shū bùjǐn yǒuqù, hái hěn yǒuyòng.) — Ce livre est non seulement intéressant, mais aussi très utile.

32. V来V去 : faire quelque chose dans un va-et-vient, de façon répétée

Un verbe répété avec 来 et 去 entre les deux décrit une action qui se produit dans un va-et-vient ou à répétition, souvent avec une impression d’errance ou de difficulté à se poser : 他走来走去,很着急Tā zǒulái zǒuqù, hěn zháojí。(Tā zǒulái zǒuqù, hěn zháojí.) — Il faisait les cent pas, très inquiet.

33. 好hǎo+verbe / 难nán+verbe : facile/difficile à [verbe]

好hǎo (« bon / facile ») ou 难nán (« difficile »), placé directement devant certains verbes, forme un adjectif concis signifiant « facile/difficile de faire cette action » : 这个字很好写Zhège zì hěn hǎo xiě。(Zhège zì hěn hǎo xiě.) — Ce caractère est facile à écrire. 这个问题很难回答Zhège wèntí hěn nán huídá。(Zhège wèntí hěn nán huídá.) — Cette question est difficile à répondre.

Ces 33 structures et plus sont exactement le type de contenu qui bénéficie d’une révision espacée pendant une période d’étude, plutôt que d’une mémorisation unique : chacune est simple isolément, mais leur grand nombre, ainsi que leur ressemblance en surface (越...越yuè...yuè contre 越来越yuèláiyuè, 不但...而且búdàn...érqiě contre 不仅...还bùjǐn...hái, 才cái contre 就jiù), expliquent pourquoi il faut vraiment des mois de rencontres répétées pour cesser de les confondre. Rencontrer chaque structure plusieurs fois dans de vraies phrases différentes, réparties sur des jours et des semaines, les fait réellement passer de « je reconnais ceci si je le regarde attentivement » à « j’ai compris cela instantanément en l’écoutant » — apprendre toute la liste d’un coup résiste rarement à une vraie conversation le lendemain.

Particules finales : les petits mots qui portent un grand poids émotionnel

Au-delà de 吗ma, 呢ne et 吧ba (présentés dans la section sur les questions), le mandarin possède quelques autres particules qui s’attachent tout à la fin d’une phrase pour nuancer son ton émotionnel, son attitude ou la position du locuteur par rapport à ce qu’il dit — sans modifier le contenu factuel littéral. Elles comptent vraiment parmi les éléments les plus difficiles à expliquer par une règle et les plus faciles à acquérir en écoutant, car leur fonction relève presque entièrement du ton de voix rendu visible à l’écrit : elles s’apparentent davantage à une ponctuation avec une personnalité qu’à de la grammaire au sens strict.

啊a (a) : adoucir, s’exclamer ou ajouter de la chaleur

啊a adoucit une affirmation, ajoute de l’insistance ou une exclamation, ou rend une question plus chaleureuse et conversationnelle que brusque : 你来了啊Nǐ lái le a!(Nǐ lái le a!) — Oh, tu es là ! [surprise ou plaisir chaleureux] 这个真好吃啊Zhège zhēn hǎochī a。(Zhège zhēn hǎochī a.) — C’est vraiment délicieux ! [insistance enthousiaste]. La prononciation réelle de 啊 peut légèrement varier (ya, wa, na) selon le son final du mot qui le précède ; c’est une petite adaptation phonétique que les locuteurs natifs font automatiquement, qu’il vaut mieux remarquer que craindre.

呀ya (ya) : une variante plus légère et familière de 啊

呀ya fonctionne presque exactement comme 啊 dans la plupart des contextes (et constitue historiquement l’une de ses variantes phonétiques après certaines voyelles finales), mais donne souvent une impression un peu plus légère et familière ; il est courant dans les échanges rapides et chaleureux : 是呀Shì ya!(Shì ya!) — Oui, c’est ça ! [accord enthousiaste et familier]

嘛ma (ma — mot différent de la particule interrogative 吗 malgré un son semblable) : présenter quelque chose comme évident

嘛ma présente une affirmation comme manifestement vraie ou raisonnable ; il sert souvent à convaincre doucement ou à signaler ce que l’auditeur devrait déjà accepter : 这样比较安全嘛Zhèyàng bǐjiào ānquán ma。(Zhèyàng bǐjiào ānquán ma.) — Ainsi, c’est plus sûr, après tout [n’est-ce pas évident ?]. Il est fréquent dans les arguments modérés et amicaux ou pour rassurer, avec une nuance de « allez, tu le sais bien ».

了 comme particule d’humeur (au-delà de ses emplois aspectuels)

了le final, déjà présenté pour le changement d’état dans la section sur l’aspect, joue aussi le rôle de particule d’humeur dans les exclamations : il donne à un adjectif une idée de « c’est trop ! » ou d’urgence : 太贵了Tài guì le!(Tài guì le!) — C’est trop cher ! [ici, 了 renforce 太贵tài guì, « trop cher », pour former une exclamation plutôt qu’un simple constat]

的 comme particule emphatique d’humeur (un troisième rôle, au-delà de la possession et des relatives)

的de, tout à la fin d’une phrase (à distinguer de ses emplois présentés dans la section sur les propositions relatives), met l’accent sur une affirmation que le locuteur tient pour certaine ou évidente ; il recoupe souvent la nuance de la structure 是...的 qui confirme une information connue : 他会来的Tā huì lái de。(Tā huì lái de.) — Il viendra [c’est certain / vous pouvez compter dessus]. Ce 的 transforme la phrase en réassurance plutôt qu’en prédiction neutre.

呢 dans les affirmations (au-delà de son emploi interrogatif)

Au-delà de la formation des questions (présentée dans la section sur les questions), 呢ne attaché à la fin d’une simple affirmation peut ajouter une légère surprise ou attirer l’attention de l’auditeur sur une situation en cours ou étonnamment vraie : 还早呢Hái zǎo ne。(Hái zǎo ne.) — Il est encore tôt [vous pensez peut-être qu’il est tard, mais il est en réalité tôt]. Cet emploi recoupe étroitement le rôle de 呢 qui adoucit les questions : dans les deux cas, le contexte partagé ajoute aux mots littéraux une nuance de « laissez-moi vous faire remarquer quelque chose ».

Pourquoi ces éléments sont difficiles à enseigner comme des règles, et ce qui fonctionne réellement

Si cette section paraît moins concrète que les précédentes, elle reflète honnêtement le fonctionnement réel de ces particules : 啊, 呀, 嘛 et le 的 d’humeur ne sont pas régis par une règle grammaticale stricte, mais plutôt par la nuance émotionnelle qu’un locuteur natif veut ajouter sur le moment. C’est comme lorsqu’un anglophone choisit instinctivement entre « Oh, you’re here! », « You’re here. » et « You’re here? » sans appliquer consciemment une règle. La façon réellement efficace de les intérioriser est d’écouter abondamment des dialogues naturels — séries, podcasts, conversations de locuteurs natifs — où vous entendrez la même particule dans des dizaines de situations émotionnelles et en assimilerez progressivement le « ressenti », comme vous avez assimilé l’intonation anglaise enfant, non en mémorisant une définition puis en essayant de l’appliquer délibérément au milieu d’une conversation.

Registre familier et formel : la même grammaire, habillée différemment

Tout ce guide est grammaticalement valable aussi bien dans la parole familière que dans l’écrit formel, mais le mandarin — comme la plupart des langues ayant une longue tradition écrite — privilégie nettement des mots et des constructions différents selon le registre. Reconnaître ce changement est une compétence utile à part entière, surtout pour les apprenants dont l’exposition se partage entre les manuels (plutôt formels) et les séries ou applications de discussion (plutôt familières).

  • Les pronoms et connecteurs sont plus formels à l’écrit. 尽管jǐnguǎn et 既...又... (« à la fois... et... » formel) apparaissent bien plus dans les essais et les actualités que dans la parole familière, qui préfère 虽然/但是 et 又...又....
  • Les particules finales sont presque exclusivement orales et familières. 啊a, 呀ya, 嘛ma et le 呢 conversationnel apparaissent rarement dans l’écrit formel : un article d’actualité ou un texte universitaire se lit comme une suite de phrases déclaratives simples, avec beaucoup moins de petites particules émotionnelles présentées ci-dessus.
  • Le registre formel omet moins les sujets et pronoms que la parole familière. À l’oral familier, le mandarin omet régulièrement un sujet déjà établi dès que le contexte est clair (bien plus que l’anglais), tandis que l’écrit formel tend à garder les référents explicites pour préserver la clarté d’un texte plus long et plus complexe.
  • Le mandarin écrit ou formel emploie davantage de mots composés de deux caractères (ou plus) là où la parole préfère un équivalent plus court et familier : 询问xúnwèn (« demander », formel) contre 问wèn (« demander », simple). Les deux sont corrects, mais employer l’un à la place de l’autre dans un mauvais contexte est l’un des signes les plus évidents d’un apprenant qui a surtout étudié dans les manuels ou surtout par la conversation, mais pas les deux.

Aucun registre n’est « plus correct » que l’autre ; un objectif vraiment utile est d’être à l’aise dans les deux. Écrire naturellement à un ami demande des choix de vocabulaire et de particules différents de ceux d’un e-mail professionnel, tout comme les anglophones passent de « gonna » à « going to » sans y penser. Les manuels penchent naturellement vers le formel, car il est plus systématique à enseigner ; les médias natifs (séries, émissions de variétés, réseaux sociaux, vraies conversations) sont l’endroit où vit réellement le registre familier. Lorsque la structure de base des phrases est stable, il vaut la peine de partager délibérément votre temps d’écoute entre les deux.

Erreurs fréquentes et interférence de la L1 : les glissements précis des anglophones

Chacune de ces erreurs est normale, extrêmement fréquente et ne signifie pas que votre apprentissage se déroule mal : elles sont le résultat prévisible de l’influence de la grammaire anglaise sur la structure des phrases en mandarin, un phénomène que les linguistes appellent interférence de la L1. Nommer le mécanisme précis à l’origine de chaque erreur aide souvent à la faire disparaître plus vite que de simplement dire « c’est faux » sans explication, car vous pouvez vous corriger en pleine phrase dès que vous savez exactement quelle habitude anglaise s’infiltre.

Employer 了 trop souvent, comme s’il s’agissait d’un simple passé

Comme l’anglais possède un seul passé simple couvrant presque tout, les apprenants ajoutent souvent 了 à chaque verbe au passé, y compris dans les affirmations habituelles où il n’a pas sa place : 去年我每天了跑步 est faux — les actions habituelles passées ne prennent pas du tout 了 ; 去年我每天跑步Qùnián wǒ měitiān pǎobù (l’année dernière, je courais tous les jours) est correct, car le mot de temps 去年qùnián porte à lui seul le sens de passé, sans 了 nécessaire ni souhaité.

Employer le simple 了 quand 是...的 est requis

Comme indiqué dans la section sur 是...的, lorsqu’un auditeur sait déjà qu’un événement s’est produit et interroge sur un détail (quand, comment, où, qui), un simple 了 paraît subtilement incorrect : un locuteur natif remarquerait qu’une phrase comme 我去年来 n’est pas assez marquée quand le contexte conversationnel appelait clairement 是...的, même si elle n’est pas strictement agrammaticale.

Omettre complètement le classificateur

Habitués à l’anglais « three books », les anglophones produisent 三书 et omettent le classificateur obligatoire ; 三本书sān běn shū est la seule forme correcte. L’absence de 本 est l’un des marqueurs non natifs les plus immédiatement perceptibles à l’oral, précisément parce que les classificateurs sont structurellement obligatoires en mandarin et absents en anglais.

Placer les groupes de temps et de lieu après le verbe, à l’anglaise

Comme indiqué dans la section sur l’ordre des mots, l’anglais place « yesterday » et « at the cafe » après le verbe ; transposer cette habitude en mandarin produit un ordre maladroit qui sonne traduit : 我吃了早饭在咖啡馆昨天 est faux. 我昨天在咖啡馆吃了早饭Wǒ zuótiān zài kāfēiguǎn chīle zǎofàn (temps, puis lieu, puis verbe) est correct : cette seule habitude de réorganisation mérite d’être vérifiée consciemment dans votre propre expression jusqu’à ce qu’elle devienne automatique.

Confondre 不 et 没 (ou essayer de combiner 没 avec 了)

Comme indiqué dans la section sur la négation, une erreur très courante est de tenter 我没去了 pour nier une action achevée : 没 remplace 了 au lieu de s’y combiner ; 我没去Wǒ méi qù est correct.

Employer 被 trop souvent pour traduire chaque phrase passive anglaise

Comme indiqué dans la section sur le passif avec 被, la voix passive neutre et constamment employée de l’anglais ne correspond pas terme à terme à 被, qui est moins utilisé et porte dans beaucoup de contextes une légère nuance de « quelque chose de fâcheux est arrivé ». Traduire mot à mot chaque passif anglais par une phrase avec 被 produit un mandarin sensiblement peu naturel ; beaucoup se rendent mieux par de simples affirmations thème-commentaire, sans marqueur passif explicite.

Essayer d’employer 把 avec des verbes qui ne décrivent pas un résultat clair

Comme indiqué dans la section sur 把, 把 exige un verbe qui traite, déplace ou modifie un objet précis, avec un complément qui montre le résultat. Tenter 我把她喜欢了 (« je 把-aimée ») n’est pas une phrase qu’un locuteur natif dirait, car « aimer » ne laisse pas l’objet dans un état modifié comme « casser » ou « finir ».

Ajouter 很 dans une comparaison avec 比

Comme indiqué dans la section sur les comparatifs, les anglophones veulent instinctivement intensifier l’adjectif avec « very » à l’intérieur d’une comparaison ; 他比我很高 est faux, car 比 apporte déjà la valeur comparative. 他比我高Tā bǐ wǒ gāo est correct à lui seul ; ajoutez plutôt 一点 ou 得多 après l’adjectif si vous voulez montrer l’ampleur de l’écart.

Placer les mots interrogatifs au début de la phrase, à l’anglaise

Comme indiqué dans la section sur les questions, l’anglais place « what » au début de la phrase (« What did you eat? ») ; les mots interrogatifs mandarin restent exactement là où irait la réponse. 什么你吃了? est faux ; 你吃了什么Nǐ chīle shénme?(Nǐ chīle shénme?) est correct, avec 什么 à la place d’objet qu’occuperait « cela » dans la réponse.

Traiter 会 et 能 comme des équivalents parfaits de « can »

Comme indiqué dans la section sur les auxiliaires, « can » en anglais couvre à la fois la capacité apprise et la possibilité liée aux circonstances ; les apprenants emploient donc souvent 会 et 能 sans les distinguer. Dire 我会去wǒ huì qù pour signifier « je peux y aller aujourd’hui » alors que vous parlez d’une possibilité circonstancielle (et non d’une compétence apprise) sonne subtilement étrange : 我能去wǒ néng qù est le choix naturel pour « je peux y aller [en ce moment, si les circonstances le permettent] ».

Oublier que les adjectifs fonctionnent comme verbe principal, sans « être » séparé

Un point structurel particulièrement propre au mandarin mérite d’être nommé : les adjectifs attributs n’ont pas besoin d’un verbe de liaison « être », contrairement à l’anglais avec « is/are ». 这个很贵Zhège hěn guì — C’est cher — n’a pas besoin de 是 devant 很贵 ; en ajouter un (这个是很贵) est une erreur fréquente influencée par l’anglais, car 很 (ou un autre adverbe de degré) sert déjà de lien nécessaire et l’adjectif porte tout le prédicat. 是 est réservé à l’équivalence de deux noms (他是老师tā shì lǎoshī, Il est enseignant), non à la liaison d’un sujet avec un adjectif.

Passer à la pratique : sur quoi se concentrer à chaque étape

Ce guide est délibérément conçu comme une référence : quelque chose auquel revenir au moment précis où une structure donnée (是...的shì...de contre un simple 了le, 把bǎ contre l’ordre SVO normal, ou le classificateur d’un nom) vous bloque, plutôt que comme un programme à parcourir du début à la fin en une seule fois. Personne, quel que soit son niveau, ne garde tout cela actif en mémoire de travail en même temps ; même les locuteurs non natifs très à l’aise consultent parfois un dictionnaire ou vérifient un classificateur. Voici, étape par étape, comment les systèmes présentés plus haut ont tendance à se superposer, si vous vous demandez ce qui mérite votre attention maintenant.

  • Au début (A1–A2) : les quatre tons plus le ton neutre et la lecture de base du pinyin, le soulagement de l’absence de conjugaison et de pluriel, les phrases SVO simples, 是shì et 有yǒu/在zài pour les affirmations de base, les questions avec 吗ma/呢ne, quelques classificateurs les plus courants (个, 本, 张, 只) et 了le comme marqueur simple d’achèvement.
  • Développer l’aisance (B1) : aborder délibérément le système aspectuel complet (les deux emplois de 了, 过guo, 着zhe, 在zài/正在zhèngzài) plutôt que l’éviter, reconnaître la structure thème-commentaire dans de vraies lectures, les comparatifs avec 比bǐ, les différences entre auxiliaires (会 contre 能, 要 contre 想), les questions A-not-A, ainsi que les paires de connecteurs (因为...所以, 虽然...但是) comme des unités fixes et non mot à mot.
  • Vers un niveau avancé (B2–C1) : employer activement 把bǎ et 被bèi, au lieu de seulement les reconnaître passivement, choisir correctement 是...的shì...de dans une conversation sans s’arrêter pour y réfléchir, produire des compléments directionnels et résultatifs (et non seulement les comprendre), rencontrer assez souvent dans de vraies sources le groupe élargi de plus de 30 points de grammaire de type HSK pour ne plus devoir les rechercher consciemment, et passer du registre familier au registre formel.
  • Affiner (C1–C2) : employer les particules finales (啊a, 呀ya, 嘛ma, le 的 d’humeur) avec une justesse émotionnelle authentique, maîtriser les structures comparatives et conditionnelles plus subtiles (与其...不如yǔqí...bùrú, 尽管...还是jǐnguǎn...háishi), et atteindre le choix des mots qui sonne natif, lequel vient seulement d’un très grand volume de lectures et d’écoutes réelles, non d’une étude grammaticale supplémentaire.

Si vous constatez que vous reconnaissez mieux une structure en lecture que vous ne la produisez à l’oral, ou que vous la comprenez mieux dans une phrase lente et soigneuse que vous ne l’entendez à la vitesse normale d’une conversation, cet écart n’est pas un problème : c’est la manière habituelle dont chacun de ces systèmes s’installe, pour chaque apprenant et dans chaque langue. Vous pouvez relire douze fois la section sur les tons et les entendre encore différemment à la cinquantième fois qu’une vraie conversation les emploie, car connaître une règle et l’entendre en temps réel sont deux compétences différentes, développées par deux types de pratique différents. Revenir à cette page lorsqu’une construction précise vous bloque au milieu d’une phrase — plutôt que d’essayer de tout garder en tête — est exactement la bonne façon de l’utiliser.

Questions fréquentes

Comment fonctionne la grammaire mandarine pour les débutants ?

Le mandarin exprime le sens avec quatre tons plus un ton neutre, au lieu de conjuguer les verbes : 吃chī (« manger ») ne change jamais de forme selon le temps, la personne ou le nombre. À la place, des particules aspectuelles comme 了le, 过guo et 着zhe s’attachent près du verbe pour indiquer l’achèvement, une expérience passée ou un état en cours ; les phrases privilégient une structure thème-commentaire plutôt qu’un ordre sujet-verbe-objet strict ; et les noms exigent un classificateur (量词liàngcí) chaque fois que vous les comptez.

Quels sont les 4 tons du mandarin ?

Le premier ton est haut et plat, le deuxième monte comme une question surprise, le troisième descend puis remonte, et le quatrième tombe brusquement comme un ordre ferme. Un cinquième ton « neutre » est court et non accentué ; il est courant sur les particules grammaticales. La même syllabe ma, prononcée dans chacun de ces tons, signifie mère, chanvre, cheval, gronder, ou sert de simple particule interrogative. Les tons changent aussi dans la parole continue : c’est le sandhi tonal, et la règle la plus fréquente veut que, dans deux troisièmes tons successifs, le premier devienne un deuxième ton.

Pourquoi le mandarin n’a-t-il pas de conjugaison verbale ?

Les verbes mandarin sont invariables : 吃chī (« manger ») reste 吃, que le sujet soit je, tu ou ils, et que l’action soit passée, présente ou future. Le temps et l’achèvement sont plutôt exprimés par des mots de temps séparés (昨天zuótiān, « hier ») et des particules aspectuelles (了, 过, 着) placées près du verbe. Une fois le verbe appris, il n’y a donc aucun tableau de conjugaison à mémoriser ni accord sujet-verbe à suivre.

Que signifient réellement 了le, 过guo et 着zhe ?

了le marque une action achevée ou un changement d’état, selon sa position dans la phrase. 过guo marque une expérience passée : quelque chose s’est déjà produit à un moment, sans dire quand. 着zhe marque un état ou une action en cours, semblable à la forme anglaise en « -ing ». Ces particules s’attachent directement après le verbe (ou à la fin de la proposition, pour le second 了) et constituent l’une des parties vraiment délicates du mandarin, car leurs équivalents anglais les plus proches (passé simple, present perfect) ne leur correspondent pas nettement.

Que sont les classificateurs chinois ?

Les classificateurs (量词liàngcí) sont obligatoires entre un nombre et un nom, et correspondent à la catégorie du nom : 三本书sān běn shū (« trois livres ») emploie 本 pour les objets reliés, tandis que 三个人sān gè rén (« trois personnes ») emploie le classificateur général 个. Il existe des dizaines de classificateurs précis et presque chaque nom en nécessite un dès que vous le comptez, comme les compteurs japonais et thaïlandais.

Que fait la construction avec 把bǎ en mandarin ?

把bǎ déplace l’objet de certains verbes devant le verbe pour souligner ce qui est arrivé à cet objet précis : 我把书看完了Wǒ bǎ shū kànwán le (« J’ai fini de lire le livre ») met au premier plan 书shū (« le livre ») et son état résultant, au lieu de simplement rapporter l’action. Cette construction est obligatoire, et non facultative, lorsqu’un verbe décrit le traitement, le déplacement ou la modification d’un objet précis et connu ; l’erreur la plus courante des apprenants est d’essayer de l’employer avec des verbes qui ne produisent pas de résultat clair.

Comment fonctionne la voix passive chinoise avec 被bèi ?

被bèi marque la voix passive en plaçant d’abord la personne ou la chose affectée, puis 被, puis l’auteur (facultatif), puis le verbe avec un marqueur de résultat ou d’achèvement : 杯子被他打破了Bēizi bèi tā dǎpò le (« La tasse a été cassée par lui »). Contrairement à l’anglais, où le passif est neutre, 被 porte traditionnellement en mandarin une légère idée que quelque chose de malheureux ou d’indésirable est arrivé au sujet, même si l’usage moderne est devenu plus souple.

À quoi sert la construction 是...的shì...de ?

是...的shì...de met en évidence un détail précis — le moment, le lieu, la manière ou la personne — d’une action dont les deux interlocuteurs savent déjà qu’elle a eu lieu, plutôt que d’annoncer l’action elle-même. 我是昨天来的Wǒ shì zuótiān lái de (« C’est hier que je suis venu ») suppose que l’auditeur sait déjà que vous êtes venu, et 是...的 précise quand. Employer le simple 了 au lieu de 是...的 quand l’auditeur sait déjà que l’événement a eu lieu est l’une des erreurs structurelles les plus fréquentes des anglophones.

Quelle est la différence entre 不bù et 没méi dans la négation mandarine ?

不bù nie les états généraux, les habitudes, les opinions et les intentions futures : 我不喜欢Wǒ bù xǐhuan (« Je n’aime pas cela »), 我不去Wǒ bú qù (« Je n’y vais pas »). 没méi (forme courte de 没有) nie les actions achevées et l’expérience passée ; il s’associe à 了 et 过 en les remplaçant plutôt qu’en s’y combinant : 我没去Wǒ méi qù (« Je ne suis pas allé »), jamais 我没去了. Une règle pratique que beaucoup d’apprenants trouvent utile : si vous pouvez ajouter 了 à la phrase positive, niez-la avec 没 ; sinon, employez 不.

Mettre cela en pratique dans Scribe Origins →

Comment puis-je pratiquer la grammaire mandarine avec des caractères chinois simplifiés ?

Pour répondre à la question comment puis-je pratiquer la grammaire mandarine avec le chinois simplifié, séparez trois tâches que les débutants confondent souvent : lire les caractères, prononcer la phrase et choisir la structure grammaticale. Lisez d’abord la phrase avec l’aide du pinyin, cachez ensuite le pinyin et repérez le marqueur structurel, puis produisez un exemple modifié. Les caractères simplifiés sont un système d’écriture ; la pratique grammaticale proposée ici emploie le mandarin standard.

Un atelier de 30 minutes sur la grammaire mandarine

  1. Minutes 1 à 5 : choisissez un contraste : 了/过/着, 不/没, 在/正在 ou 把/被.
  2. Minutes 6 à 12 : lisez cinq paires d’exemples et expliquez pourquoi une forme convient à chaque situation.
  3. Minutes 13 à 20 : cachez les réponses et construisez des phrases à partir de courtes situations, plutôt qu’à partir de l’ordre des mots anglais.
  4. Minutes 21 à 26 : modifiez l’expression de temps, l’objet ou le complément résultatif et observez ce qui doit aussi changer.
  5. Minutes 27 à 30 : lisez les nouvelles phrases à voix haute, à un rythme naturel, et vérifiez les tons après la grammaire.

Quelle est la différence entre 了, 过 et 着 en mandarin ?

Employez le même verbe pour comparer les points de vue. 我看了那部电影 (Wǒ kàn le nà bù diànyǐng) présente le fait de regarder ce film comme un événement achevé et délimité. 我看过那部电影 (Wǒ kàn guo nà bù diànyǐng) indique que l’avoir regardé fait partie de mon expérience. 门开着 (Mén kāi zhe) décrit une porte qui reste ouverte. Ces marqueurs ne sont pas trois temps du passé.

Le 了 final peut aussi marquer une situation nouvelle : 下雨了 (Xiàyǔ le), « Il s’est mis à pleuvoir / il pleut maintenant. » C’est différent de 了 placé directement après un verbe d’action pour présenter un événement comme achevé. Le contexte et la position comptent.

Comment nier ces structures ?

Les actions achevées ou vécues emploient normalement 没(有), et 了 ou 过 est généralement absent dans la négation : 我没看那部电影 (« Je n’ai pas vu ce film ») et 我没看过那部电影 (« Je n’ai jamais vu ce film »). Les habitudes générales, les états, les jugements et beaucoup d’intentions futures emploient 不 : 我不看恐怖片 (« Je ne regarde pas de films d’horreur »).

Quand dois-je employer 把 ou 被 en mandarin ?

Employez une phrase avec 把 lorsque l’objet est identifiable et que la phrase indique ce qui lui arrive. Le verbe a normalement besoin d’un résultat, d’un lieu, d’une direction, d’une quantité ou d’un autre complément : 请把门关上 (Qǐng bǎ mén guān shàng), « Veuillez fermer la porte. » La forme seule 请把门关 est incomplète, car cette construction attend un traitement ou un résultat.

Employez 被 lorsque l’élément affecté est placé en premier et que l’événement est présenté au passif : 我的自行车被人骑走了 (Wǒ de zìxíngchē bèi rén qí zǒu le), « Quelqu’un est parti avec mon vélo. » L’agent peut être omis s’il est inconnu ou sans importance. Le 被 moderne n’est pas réservé aux événements malheureux, même si les contextes défavorables restent fréquents.

Dois-je employer 把 chaque fois que l’anglais a un objet ?

Non. L’ordre ordinaire sujet-verbe-objet reste la base : 我关门 (« Je ferme la porte »). Choisissez 把 lorsque l’objet affecté est le thème ou lorsque le résultat qui lui est imposé est central. S’exercer à choisir dans des contextes par paires fait partie de comment pratiquer la grammaire mandarine avec le chinois simplifié, sans traiter une structure marquée comme la traduction par défaut de chaque phrase anglaise.

Comment puis-je retenir les classificateurs mandarin ?

Apprenez le classificateur avec le groupe nominal, et non dans une liste isolée : 一个人 (« une personne »), 一本书 (« un livre »), 一杯茶 (« une tasse de thé »), 一张票 (« un billet »), 一件衣服 (« un vêtement »). 个 est courant et peut remplacer d’autres classificateurs dans certains contextes familiers, mais employer le classificateur usuel améliore la compréhension et le naturel.

Exercez-vous aux démonstratifs et aux questions avec la même unité : 这本书 (« ce livre »), 那本书 (« ce livre-là »), 哪本书 (« quel livre ? »). Cela révèle la place stable occupée par le classificateur et le rend plus facile à retrouver que de mémoriser « 本 = classificateur pour les livres ».

Pratique de la grammaire chinoise simplifiée : corrigez la phrase

  1. Exprimez « Je suis déjà allé à Pékin » avec 过.
  2. Exprimez « Je ne suis pas allé à Pékin » avec le bon négateur et sans 了 inutile.
  3. Complétez le résultat : 请把作业___。 Employez 交 (« remettre ») avec un résultat ou une direction appropriés à « remettre les devoirs ».
  4. Formez « La fenêtre est ouverte » comme état continu avec 着.
  5. Choisissez un classificateur pour « trois livres ».
  6. Transformez 他打破了杯子 en phrase avec 被.

Corrigé et explications

  1. 我去过北京。 过 marque une expérience vécue au moins une fois.
  2. 我没去北京。 没 nie l’événement achevé ; n’écrivez pas 我没去了北京 pour ce sens ordinaire.
  3. 请把作业交上来 / 交上去。 Le complément directionnel dépend du point de vue ; l’essentiel est que 把 soit suivi d’un résultat qui a du sens, et non d’un verbe seul.
  4. 窗户开着。 着 présente l’état ouvert comme continu.
  5. 三本书。 本 est le classificateur usuel pour les volumes reliés.
  6. 杯子被他打破了。 La tasse affectée vient d’abord, suivie de 被, de l’agent et du verbe résultatif 打破.

Remplacez maintenant les noms et les expressions de temps tout en conservant chaque structure. Reconstruire les modèles est la réponse pratique à comment puis-je pratiquer la grammaire mandarine avec le chinois simplifié ; relire le corrigé ne sert qu’à vérifier.

Dois-je apprendre les caractères chinois ou la grammaire d’abord ?

Apprenez-les ensemble, par petites unités. La grammaire peut être pratiquée avec des caractères connus et de l’audio, tandis que les caractères sont plus faciles à retenir dans des phrases. Attendre de maîtriser des milliers de caractères retarde une grammaire utile ; étudier seulement la romanisation peut créer une dépendance qui rendra la lecture plus difficile plus tard.

Une leçon pour débutants peut présenter une structure, quelques mots très fréquents, leurs caractères simplifiés et du pinyin pour aider à entendre les sons. Retirez le pinyin progressivement après avoir vérifié la prononciation.

L’ordre des mots en mandarin est-il le même qu’en anglais ?

Les deux langues emploient souvent l’ordre sujet-verbe-objet, mais le mandarin place de nombreuses expressions de temps avant le verbe et utilise des structures différentes pour les questions, le lieu, la comparaison, le thème-commentaire, 把 et les compléments. Traduisez le sens, non la position. « Moi demain aller Pékin » reflète un ordre mandarin courant, où le temps précède le prédicat, même si les phrases complètes exigent la forme et le contexte appropriés.

Construisez des cadres de phrases à partir d’exemples mandarin. Déplacez un seul groupe à la fois et observez si le focus ou la grammaticalité change.

Quand dois-je arrêter d’employer le pinyin ?

Gardez le pinyin pour vérifier les initiales, les finales, les tons et les mots inconnus, mais essayez d’abord les caractères lorsqu’une phrase vous est familière. Du pinyin permanent au-dessus de chaque ligne peut détourner les yeux de la reconnaissance des caractères, et les marques de tons peuvent devenir plus faciles à lire que l’écriture.

Retirez-le par étapes : caractères plus pinyin, puis caractères avec pinyin facultatif, puis caractères d’abord et pinyin seulement après une erreur. Continuez d’employer le pinyin comme référence de prononciation, au lieu de le traiter comme une étape de débutant qui doit disparaître entièrement.

Quelles structures grammaticales du mandarin un débutant doit-il apprendre en premier ?

Donnez la priorité à l’ordre des mots de base, à 是 et 有, à 不 et 没, aux mots interrogatifs et à 吗, aux classificateurs courants, à la place du temps, à 在 pour le lieu ou une action en cours, à 了 pour les situations achevées ou modifiées, ainsi qu’aux simples compléments résultatifs. Apprenez chaque élément par de courts contrastes.

Ajoutez 把, 被, 过, 着, les compléments directionnels et des propositions plus complexes lorsqu’ils apparaissent dans des contenus utiles. La fréquence et le besoin de communiquer sont de meilleurs guides que l’ordre d’une encyclopédie.

Comment puis-je arrêter de traduire le mandarin mot à mot ?

Apprenez les groupes fréquents et les cadres de phrases comme des unités de sens complètes : salutations, structures de lieu, demandes, comparaisons et constructions aspectuelles. Écoutez ou lisez le mandarin, imaginez la situation et répondez avant de former une phrase française complète. Commencez avec un contenu dont le vocabulaire vous est déjà familier.

La traduction reste utile pour vérifier le sens, mais retirez-la lors des passages suivants. Modifiez un élément dans le cadre mandarin et conservez son ordre des mots. L’accès direct se développe par des associations répétées et significatives, non par une règle qui interdirait toute pensée dans la première langue.

Comment puis-je employer les structures grammaticales du mandarin à l’oral ?

Choisissez un cadre très fréquent et préparez plusieurs substitutions avant une conversation. Par exemple, entraînez-vous à temps + sujet + 在 + lieu + verbe, ou à sujet + 把 + objet + résultat. Répondez à de courtes sollicitations à voix haute sans d’abord écrire le pinyin. Gardez la première version simple, puis ajoutez l’aspect, le résultat ou la raison. Après correction, répétez la phrase complète et employez la structure avec un autre verbe afin qu’elle devienne productive plutôt que mémorisée.

Quelles sources étayent ce guide du chinois simplifié ?

Ce guide emploie le mandarin standard, les caractères chinois simplifiés et le pinyin comme points de référence indiqués. Les usages régionaux sont signalés lorsqu’ils modifient la recommandation.