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Comment fonctionne la grammaire portugaise pour les débutants ?

La grammaire portugaise pour débutants est un système fondé sur l'accord, trois conjugaisons verbales et un système de temps et de modes plus riche que celui de l'espagnol ou de l'anglais — y compris deux traits que ces langues n'ont pas du tout : le futur du subjonctif et l'infinitif personnel. Le portugais brésilien et le portugais européen partagent cette même structure grammaticale, mais divergent constamment dans la prononciation, le choix des pronoms et le placement des clitiques. Ce guide indique donc BP (brésilien) et EP (européen) chaque fois que les deux variétés diffèrent réellement, au lieu d'enseigner silencieusement l'une d'elles comme « la » langue.

Par Mis à jour le Référence de portugais en langue anglaise

Si vous parlez déjà un peu espagnol, français ou italien, certaines parties du portugais vous sembleront immédiatement familières — les genres des noms, la logique des terminaisons verbales, la distinction qui rappelle ser/estar. Résistez à la tentation de traiter le portugais comme un dialecte espagnol dont l'orthographe serait différente. Ce n'en est pas un. Le portugais a conservé un troisième verbe « être », ficar, qui accomplit discrètement des emplois que l'espagnol répartit entre trois ou quatre verbes différents ; il a grammaticalisé un mode au futur, le futur du subjonctif, que l'espagnol et l'anglais n'ont tout simplement pas ; et il a créé un infinitif fléchi, l'infinitif personnel, qui permet à une seule phrase d'attribuer un sujet différent à un verbe enchâssé sans jamais devoir recourir au subjonctif. Ces deux systèmes à eux seuls — expliqués plus loin dans ce guide avec tous les détails et exemples nécessaires — prouvent le plus clairement que le portugais est une langue à part entière, avec ses propres choix grammaticaux, et non un dialecte cousin éloigné d'une étape.

Il y a aussi le système sonore, qui mérite un avertissement immédiat : les voyelles nasales et les diphtongues nasales portugaises — les sons écrits ã, õ, ão, ãe et õe — sont, honnêtement, la caractéristique de prononciation la plus difficile que rencontrent la plupart des anglophones dans une langue romane couramment étudiée. L'anglais n'a aucune voyelle nasale phonémique ; la nasalité qui apparaît devant « n » ou « m » en anglais est automatique et ne change jamais l'identité d'un mot. En portugais, si. Mau (mauvais) et mão (main) sont des mots différents à cause d'une diphtongue nasale seulement ; mal réaliser cette diphtongue ne donne pas seulement un accent, cela peut vraiment changer ce que vous avez dit. Ce guide présente clairement cette difficulté et lui accorde une vraie place, au lieu de la mentionner une fois dans une section sur la prononciation puis de passer à autre chose comme si elle était résolue.

L'autre difficulté réelle est la distinction entre le Brésil et le Portugal elle-même, et elle va plus loin que l'accent. Le portugais brésilien et le portugais européen divergent dans le pronom employé pour « tu », dans la place des pronoms objets par rapport au verbe, dans l'emploi de tem ou há pour « il y a », dans le progressif estou fazendo ou estou a fazer, ainsi que dans l'ampleur avec laquelle les voyelles non accentuées sont avalées dans la parole enchaînée. Rien de cela ne rend une variété « moins correcte » : comme l'anglais britannique et américain, une langue parlée comme première langue ou langue officielle sur quatre continents a développé plus d'une norme. Ce guide signale BP et EP partout où cette divergence apparaît réellement dans la grammaire, et non dans une section ajoutée après coup à la fin, car la traiter ainsi donnerait une image fausse de la manière dont la langue est véritablement parlée et écrite.

Enfin, un mot sur le rythme. Les sections sur le futur du subjonctif et l'infinitif personnel sont notamment longues, et cette longueur est justifiée, non du remplissage : ce sont les deux traits grammaticaux qui distinguent le plus sûrement le portugais d'un apprenant intermédiaire de celui d'un locuteur courant, et aucune explication raccourcie ne vous permettrait réellement de les employer. Lisez-les une première fois pour comprendre la forme de la règle, puis attendez-vous à rencontrer le modèle des centaines de fois dans de vraies phrases — une émission, une chanson, une conversation — avant qu'il devienne un réflexe plutôt qu'une information recherchée. Ce rythme est normal pour un système de modes si différent de l'anglais ; ce n'est pas le signe que vous êtes en retard.

Comment fonctionne la prononciation portugaise ? Les voyelles orales

L'orthographe portugaise est considérablement plus cohérente que l'orthographe anglaise, mais nettement moins simple et prévisible que celle de l'espagnol. La raison est que le portugais distingue des versions ouvertes et fermées de e et de o comme des sons réellement différents, en plus d'un ensemble complet de voyelles nasales présenté dans la section suivante — deux catégories de sons que l'espagnol n'a pas du tout. Cela ne rend pas le portugais irrégulier ; cela signifie que son système vocalique comporte simplement davantage d'éléments, dont chacun peut s'apprendre selon ses propres règles.

L'inventaire des voyelles orales

LettreQualitéSon approximatifExemple
aouvertecomme le « a » de « papa »casa (maison)
e (é)ouvertecomme le « è » de « père »café (café), pé (pied)
e (ê)ferméecomme le « é » de « été », sans glissementvocê (tu/vous), mês (mois)
e (non accentué)réduitsouvent proche de « i » (BP) ou presque muet (EP) — voir la note de la section suivante sur la réduction vocaliquebebida (boisson)
i—comme le « i » de « lit », breflivro (livre)
o (ó)ouvertecomme le « o » de « porte »avó (grand-mère), pó (poussière)
o (ô)ferméecomme le « ô » de « côte », sans glissementavô (grand-père), vovô (papi)
o (non accentué)réduitproche du « ou » de « boule », souvent écrit o mais prononcé comme umenino (garçon) — le o final sonne près de « u »
u—comme le « ou » de « mou », brefluz (lumière)

Deux faits de ce tableau comptent davantage qu'ils n'en ont l'air. Premièrement, le -o final non accentué se prononce près de « u », et le -e final non accentué se prononce près de « i » dans les deux variétés — menino finit par un son proche de « meninu » et gente par un son proche de « genti » — ; l'orthographe et la prononciation s'écartent donc de façon prévisible à la fin des mots ordinaires, pas seulement dans des cas exceptionnels. Deuxièmement, la distinction ouvert/fermé sur e et o accentués n'est pas décorative : avó (grand-mère, ó ouvert) et avô (grand-père, ô fermé) sont des mots différents qui se confondraient si vous aplatissez la voyelle comme le fait l'espagnol. L'accent écrit vous indique lequel vous voyez ; l'oreille doit apprendre la différence en écoutant, car l'anglais ne distingue pas ces qualités vocaliques comme des catégories séparées, contrairement au portugais.

Réduction des voyelles non accentuées : la différence la plus audible entre BP et EP

C'est l'une des séparations les plus claires et immédiatement audibles entre les deux variétés ; elle mérite d'être exprimée sans détour plutôt que cachée dans une note : le portugais brésilien prononce les voyelles non accentuées près de leur valeur écrite complète ; le portugais européen les réduit fortement, souvent au point de les supprimer presque entièrement.

MotPrononciation BP (approximative)Prononciation EP (approximative)
pequeno (petit)peh-KEH-nu — chaque voyelle reste audiblep'KEH-nu — le premier e non accentué disparaît presque
telefone (téléphone)teh-leh-FOH-ni — voyelles pleines du début à la fint'l'FON — les voyelles non accentuées sont très comprimées
de (de/provenant de)plus proche de « dji » (voir la section ti/di ci-dessous)plus proche d'un simple son consonantique, presque avalé dans la parole rapide
parte (partie)PAR-tchi — la syllabe finale est nettement prononcéePART — la voyelle finale est presque muette

Cette seule différence explique pourquoi les apprenants qui ont habitué leur oreille aux telenovelas ou aux podcasts brésiliens décrivent souvent le portugais européen comme « impossible à comprendre » la première fois qu'ils l'entendent, et inversement : ce n'est pas une autre langue, ce sont les mêmes mots avec environ la moitié des voyelles comprimées dans les syllabes non accentuées. Il n'y a pas de raccourci, sinon beaucoup d'écoute dans la variété que vous voulez parler ; l'écrit laisse à peine deviner à quel point les deux sonnent différemment en temps réel.

Comment fonctionnent les voyelles nasales et les diphtongues nasales portugaises ?

Soyez honnête avec vous-même avant de commencer cette section : les voyelles nasales sont très largement, et à juste titre, considérées comme la caractéristique de prononciation la plus difficile du portugais pour les anglophones, plus difficile que les sons R ou que les paires de voyelles ouvertes et fermées ci-dessus. La raison est structurelle, et ne relève pas seulement de la pratique. L'anglais nasalise automatiquement et inconsciemment les voyelles juste avant « n » ou « m » — dites « ban » et « bad » l'un après l'autre et remarquez que votre voile du palais s'abaisse plus tôt dans « ban » — mais cette nasalité ne change jamais le mot que vous avez dit. En portugais, la nasalité est phonémique : c'est une propriété distincte qui différencie de vrais mots d'autres vrais mots, de la même façon que le voisement distingue « bad » de « bat » en anglais.

Les voyelles nasales

OrthographeSon approximatifExemple
ã« a » nasalisé (approximativement la voyelle anglaise de « hung », prononcée par le nez)maçã (pomme), irmã (sœur)
ẽ (rare comme lettre isolée ; généralement em/en)« e » nasalisédente (dent) — le en nasalise ici la voyelle avant la consonne suivante
ĩ (généralement im/in)« i » nasaliséfim (fin), sim (oui)
õ« o » nasalisépõe (met), bênção (bénédiction)
ũ (généralement um/un)« ou » nasaliséum (un), atum (thon)

Les voyelles sont nasalisées à l'écrit de deux manières qui comptent toutes deux : par un tilde directement placé sur la voyelle (ã, õ), ou par un m ou n qui suit à la fin d'une syllabe (campo, fim, bom, um). Dans le second cas, le m ou le n n'est pas prononcé pleinement comme une consonne distincte, comme il le serait dans le mot anglais imaginaire « campo » : c'est un signal orthographique indiquant que la voyelle précédente est nasale, et la consonne nasale elle-même n'est articulée ensuite que légèrement, voire pas du tout.

Les diphtongues nasales : ão, ãe, õe et les autres

C'est l'élément précis que la plupart des apprenants trouvent le plus difficile, car l'anglais n'a rien qui ressemble à un glissement nasalisé d'une qualité vocalique à une autre. Une diphtongue nasale exige de nasaliser tout le glissement d'une voyelle à l'autre, du début à la fin, et pas seulement la voyelle initiale.

OrthographeSon approximatifExempleRemarques
ão« aou » nasalisé, par le nez du début à la finmão (main), não (non), coração (cœur)De loin la diphtongue nasale la plus fréquente ; c'est aussi le modèle standard de pluriel pour de nombreux noms en -ão (voir la section sur les noms).
ãe« aï » nasalisé tirant vers « é-i »mãe (mère), pães (pains)Rare en dehors d'un petit ensemble de mots très fréquents.
õe« oï » nasalisépõe (met), lições (leçons), aviões (avions)Le son caractéristique des pluriels en -ões.
ui (nasal, dans muito)nasalisé, propre à ce motmuito (très/beaucoup)L'un des mots les plus fréquents de la langue et l'un des premiers sons nasaux que rencontrent les apprenants.

La paire qui mérite d'être travaillée côte à côte, parce qu'une erreur change le mot et non seulement l'accent : mau (mauvais, diphtongue orale, rimant approximativement avec l'anglais « now » mais sans nasalisation) contre mão (main, diphtongue nasale). Les locuteurs natifs ne surveillent pas consciemment cette différence, pas plus qu'un anglophone ne surveille consciemment la différence entre « bad » et « bat » : c'est une reconnaissance automatique de modèles construite par des années d'écoute. C'est exactement pourquoi l'imitation en écho (écouter un court extrait natif et le reproduire aussitôt, son pour son, sans se préoccuper du sens) est l'exercice le plus utile pour ce trait précis. Lire la description phonétique ci-dessus vous dira ce qu'il faut viser ; cela ne suffira pas, à lui seul, à apprendre à votre bouche à le produire. Il faut des semaines d'écoute délibérée et ciblée, et des progrès lents à ce stade sont tout à fait normaux, non le signe que vous êtes mauvais en langues.

Une bonne nouvelle réellement utile : les voyelles nasales sont extrêmement cohérentes une fois que vous apprenez à les entendre. À la différence des voyelles anglaises, qui varient constamment selon le dialecte et le locuteur, les voyelles nasales portugaises sont phonémiquement stables en BP comme en EP — la nasalisation elle-même ne disparaît pas et ne change pas de catégorie entre les deux variétés, même si beaucoup de voyelles orales se réduisent ou se déplacent, comme l'expliquait la section précédente. Apprenez bien les cinq qualités nasales et elles se transféreront sans difficulté, que vous finissiez par parler avec un accent de Rio, de São Paulo ou de Lisbonne.

Comment fonctionnent les sons R portugais, lh, nh et le -l final ?

Les consonnes portugaises présentent davantage de variation régionale que le système vocalique, et les sons R sont précisément là où cette variation s'entend le plus : il n'existe pas un seul « r portugais », mais plusieurs, et celui que vous entendrez dépend beaucoup de l'origine du locuteur.

Les sons R, région par région

Position / accentRéalisation typiqueExemple
r simple entre voyelles (tout accent)un battement bref, comme le « tt » de l'anglais américain « butter »caro (cher)
r initial ou rr double — carioca (Rio de Janeiro) et la majeure partie du BPun son « h » sourd au fond de la gorge, semblable au « h » anglais mais avec davantage de frictionrato (souris) sonne près de « HA-to » ; carro (voiture), près de « CA-ho »
r en fin de syllabe/de mot — paulista (São Paulo) et caipira (Brésil rural de l'intérieur)une approximante rétroflexe, proche du r anglais américain dans « car »porta (porte) sonne près de la prononciation américaine de « porta »
r initial ou rr double — Lisbonne et la majeure partie de l'EPune fricative ou roulée uvulaire, produite plus en arrière que le son « h » brésilien, semblable à un « r » français/allemandrua (rue), carro
r simple entre voyelles — accent caipira précisémentle même r rétroflexe utilisé en fin de syllabe, étendu à davantage de positions que dans les autres accentsun marqueur reconnaissable de la parole rurale de São Paulo/Minas Gerais

Aucun de ces r régionaux n'est « le bon » dont les autres s'écarteraient : ce sont des réalisations standard parallèles, comme les r américain, écossais et de la Received Pronunciation coexistent en anglais sans qu'aucun soit incorrect. Pour l'apprenant, l'important est de choisir un modèle de manière cohérente (la plupart des cours de BP prennent le son « h » de type carioca pour le r initial, car c'est la norme de diffusion la plus largement reconnue), plutôt que de mélanger, au milieu d'un mot, des traits venant de systèmes régionaux différents.

S et z en fin de syllabe : la séparation « sh »

C'est l'autre grande division régionale de la prononciation brésilienne, et elle correspond presque exactement à la division des sons r décrite ci-dessus : Rio de Janeiro et Lisbonne transforment tous deux s et z en fin de syllabe en un son anglais « sh » ou « zh », tandis que São Paulo et la majeure partie du reste du Brésil gardent un simple « s »/« z ».

Accents/z en fin de syllabeExemple : « livros » (livres) / « mesmo » (même)
Carioca (Rio de Janeiro) et Lisbonne (EP)« sh » / « zh »livros → « LIV-rosh » ; mesmo → « MEJ-mu »
Paulista (São Paulo) et la majeure partie de l'intérieur/du sud du Brésilsimple « s » / « z »livros → « LIV-ros » ; mesmo → « MEZ-mu »

C'est une différence de prononciation pure, non une différence d'orthographe ou de grammaire : le même mot écrit porte les deux prononciations selon la région du locuteur, exactement comme « either » varie entre « EE-ther » et « EYE-ther » en anglais sans qu'aucune ne soit incorrecte.

Lh et nh : deux sons palataux que l'anglais n'a pas comme consonnes uniques

  • lh est une latérale palatale, proche du « lli » de l'anglais « million » comprimé en un seul son : trabalho (travail), filho (fils), velho (vieux).
  • nh est une nasale palatale, identique au ñ espagnol et proche du « ny » de l'anglais « canyon » comprimé en un seul son : banho (bain), ninho (nid), amanhã (demain).

Ce sont tous deux des sons consonantiques uniques, non un « l » ou un « n » suivi d'un « h » : le h est ici un simple procédé orthographique, hérité de l'orthographe médiévale occitane/galicienne, et ne se prononce jamais seul comme il pourrait inciter un anglophone à ajouter une expiration après le l ou le n.

Le -l final devient un son « w » au Brésil

Un l en fin de syllabe — à la fin d'un mot ou devant une consonne — est vocalisé en un son « w » en portugais brésilien, tandis que le portugais européen garde un « l » sombre et vélarisé, proche du l de l'anglais « cold » : Brasil sonne près de « bra-ZIW » en BP, mais conserve un l plus net en EP ; mel (miel) sonne près de « méw » en BP ; futebol sonne près de « futchi-BOW » en BP. C'est l'un des marqueurs les plus fiables et faciles à entendre qui séparent un accent brésilien d'un accent portugais dans la parole courante, et il apparaît constamment puisque tant de mots fréquents se terminent en -l (animal, hotel, azul, papel, Brasil).

Ti et di : la palatalisation qui définit un accent brésilien

Devant la voyelle i — y compris un e final non accentué, qui se prononce près de « i » comme expliqué ci-dessus — le portugais brésilien transforme t et d en affriquées : t devient un son « ch » (comme dans l'anglais « cheese ») et d devient un son « j » (comme dans l'anglais « jeep »). Le portugais européen conserve des t et d dentaux simples, non palatalisés, aux mêmes positions.

MotPrononciation BPPrononciation EP
tia (tante)« TCHEE-a »« TEE-a »
dia (jour)« DJEE-a »« DEE-a »
gente (gens)« JEN-tchi »« ZHENT »
noite (nuit)« NOY-tchi »« NOYT »

Comme les terminaisons finales non accentuées -de et -te sont extrêmement fréquentes, cette palatalisation apparaît constamment dans la parole brésilienne enchaînée — saudade, gente, noite, verdade, presidente la portent toutes — et c'est l'une des façons les plus rapides et fiables de reconnaître un accent brésilien plutôt qu'un accent portugais dans une seule phrase, avec la vocalisation du -l final décrite ci-dessus.

Comment fonctionnent les règles d'accent tonique et les accents écrits en portugais ?

Comme en espagnol, l'accent tonique en portugais est largement prévisible à partir de l'orthographe, et un signe diacritique apparaît précisément lorsqu'un mot s'écarte du modèle par défaut. À la différence de l'espagnol, les signes diacritiques portugais ont aussi une double fonction : ils signalent la qualité de la voyelle — ouverte ou fermée, orale ou nasale —, d'où le nombre plus important de symboles accentués dans l'alphabet portugais que dans l'alphabet espagnol.

Placement par défaut de l'accent tonique

  1. Les mots se terminant par a, e, o, em, ens (et leurs pluriels) sont, par défaut, accentués sur l'avant-dernière syllabe : FA-la-mos, CA-sa, JO-vem.
  2. Les mots se terminant par i, u, l, r, z, une diphtongue nasale ou la plupart des autres consonnes sont, par défaut, accentués sur la dernière syllabe : fa-LAR, a-ZUL, ra-PAZ, ir-MÃO.
  3. Tout mot qui s'écarte de l'une de ces deux règles par défaut porte un accent écrit sur la voyelle accentuée : MÉ-di-co, TA-xi, a-ma-NHÃ (accent tonique irrégulier sur la dernière syllabe d'un mot qui y serait autrement déjà accentué par défaut — celui-ci reçoit le tilde pour la nasalisation, et non pour l'accent tonique ; c'est exactement la distinction expliquée dans la section suivante).

Ce que signale chaque signe diacritique

SigneNomCe qu'il signaleExemple
á, í, úaccent aiguplacement irrégulier de l'accent tonique sur a, i ou u (ces trois voyelles n'ont pas de distinction ouverte/fermée distincte à signaler)família (famille), país (pays), saúde (santé)
é, óaccent aiguaccent tonique irrégulier ET voyelle ouvertecafé (café), avó (grand-mère)
ê, ôaccent circonflexeaccent tonique irrégulier ET voyelle ferméevocê (tu/vous), avô (grand-père)
âaccent circonflexeaccent tonique irrégulier sur un a fermé/élevé, surtout dans une poignée de motscâmara (chambre), lâmpada (lampe)
ã, õtildenasalisation — indépendante de l'accent tonique, même si elle coïncide souvent avec luimaçã (pomme), órgão (organe)
àaccent graveindique la crase, la fusion de la préposition a avec l'article féminin a — ne marque jamais l'accent tonique à lui seulVou à praia. (Je vais à la plage.)
çcédilleindique que c se prononce [s], et non [k], devant a, o ou ucriança (enfant), moço (jeune homme)

Deux petites paires minimales méritent d'être retenues, car elles montrent l'utilité du système d'accents, en distinguant des mots réels qui entreraient autrement en collision : pôr (le verbe « mettre ») contre por (la préposition « pour/par ») — le circonflexe fait toute la différence —, et pôde (il/elle a pu, au pretérito perfeito de poder) contre pode (il/elle peut, au présent du même verbe) — là encore, l'accent seul indique une véritable différence de temps, et non une simple nuance de prononciation. Les apprenants qui omettent les accents lorsqu'ils tapent vite doivent savoir que, dans ces paires précises, l'accent n'est pas décoratif.

Qu'était l'Accord orthographique de 1990, et pourquoi les apprenants voient-ils deux orthographes ?

Si vous avez déjà remarqué qu'un même mot portugais s'écrit de deux façons dans différents livres, sites web ou pistes de sous-titres, vous avez rencontré l'Acordo Ortográfico de 1990 (l'Accord orthographique de 1990), un traité entre pays lusophones destiné à unifier une orthographe qui s'était éloignée entre le Brésil et le Portugal au cours du XXe siècle. Il est réellement utile de savoir qu'il existe, car sans cela l'incohérence ressemble à une erreur dans votre matériel d'apprentissage, au lieu de ce qu'elle est réellement : deux normes qui se recouvrent, historiquement réelles et encore toutes deux visibles en circulation.

Ce qui a réellement changé

ChangementAvant (ancienne orthographe)Après (Accord de 1990)
Suppression des consonnes muettes dans les orthographes européennes, afin de correspondre à la prononciationacção, óptimo, facto (dans les mots où la consonne n'était jamais prononcée)ação, ótimo, fato
Suppression du circonflexe distinctif sur certaines formes verbales à voyelle doubléevêem, dêem (ancienne orthographe brésilienne, avant la réforme)veem, deem
Suppression des accents qui marquaient des voyelles dans des diphtongues qui ne sont plus ressenties comme deux syllabesidéia, jibóia (ancienne orthographe brésilienne)ideia, jiboia
Suppression du tréma marquant un u prononcé dans les combinaisons gu/qulingüiça, tranqüilo (ancienne orthographe brésilienne)linguiça, tranquilo
Ajout officiel de k, w, y à l'alphabet portugais pour les emprunts et les noms proprestraitées comme des lettres étrangèresmembres à part entière de l'alphabet de 26 lettres, employés dans des mots comme kit, watt, byte
Révision des règles de trait d'union pour les mots composésvariables selon les casrègles simplifiées et plus cohérentes, fondées sur la lettre initiale du second élément

Remarquez que la plupart de ces changements ont davantage touché l'orthographe européenne que l'orthographe brésilienne — le Brésil avait déjà supprimé de nombreuses consonnes muettes plus tôt au XXe siècle, de sorte que des mots comme fato et ação étaient déjà standards au Brésil bien avant 1990, tandis que le Portugal écrivait encore facto et acção. La réforme a surtout rapproché l'orthographe européenne de pratiques déjà utilisées par l'orthographe brésilienne, avec un ensemble plus limité de changements touchant spécifiquement l'orthographe brésilienne (la suppression du tréma et les accents sur voyelles doublées ci-dessus).

Pourquoi vous continuerez à voir les deux orthographes dans la pratique

La mise en œuvre a été lente et, par endroits, contestée. Le Brésil a appliqué la nouvelle orthographe dans les écoles et les documents officiels à partir de 2009, avec une période de transition allant jusqu'en 2016. Le Portugal a adopté une transition similaire de 2009 à 2015, mais son application y a été sensiblement moins uniforme dans la pratique — certains journaux, éditeurs et auteurs au Portugal ont continué d'utiliser l'orthographe antérieure à la réforme bien après l'échéance officielle, et l'opinion publique sur la réforme elle-même est restée réellement divisée. L'Angola, notamment, n'a pas du tout ratifié l'accord et continue d'utiliser l'orthographe européenne antérieure à la réforme dans les contextes officiels. Concrètement, cela signifie que tout ce qui a été publié avant environ 2009–2010 utilise probablement l'ancienne orthographe ; tout texte venant d'Angola peut utiliser l'ancienne orthographe quelle que soit sa date ; et même des sources portugaises récentes peuvent mélanger les conventions selon la ligne éditoriale de l'éditeur. Rien de cela ne signifie que l'orthographe portugaise est instable ou peu fiable à apprendre — cela signifie seulement que, comme pour de nombreuses réformes orthographiques dans le monde, l'adoption a pris (et prend encore) plus de temps que le calendrier du traité ne le suggérait.

Comment fonctionne le genre des noms portugais, et dans quelle mesure est-il prévisible ?

Chaque nom portugais porte un genre grammatical, que ce qu'il désigne ait ou non un sexe biologique, et ce genre se répercute sur l'article, chaque adjectif et certains pronoms qui le décrivent — une catégorie que l'anglais n'a tout simplement pas. Le point rassurant est que le genre est assez souvent prévisible à partir de la terminaison d'un nom pour que vous puissiez deviner correctement la plupart du temps, grâce à une liste d'exceptions que l'on peut apprendre plutôt qu'à un chaos total.

Prévoir le genre à partir des terminaisons des noms

TerminaisonGenre habituelExemplesExceptions courantes
-oMasculino livro (livre), o carro (voiture), o dinheiro (argent)a mão (main), a foto (photo, abréviation de fotografia), a moto (moto)
-aFéminina casa (maison), a mesa (table), a janela (fenêtre)o dia (jour), o mapa (carte), o problema (problème), o sistema (système), o idioma (langue) — mots en -ma d'origine grecque
-ção, -sãoFéminina nação (nation), a decisão (décision), a informação (information)pratiquement aucune — féminin fiable
-dade, -tudeFéminina cidade (ville), a liberdade (liberté), a atitude (attitude)pratiquement aucune — féminin fiable
-agemFéminina viagem (voyage), a garagem (garage), a linguagem (langue/formulation)o pajem (page, le serviteur) — rare exception
-orMasculino professor (enseignant), o amor (amour), o calor (chaleur)a cor (couleur), a dor (douleur) — petit groupe d'exceptions courantes
-eL'un ou l'autre — à apprendre mot par moto café (café, masc.), a noite (nuit, fém.), o leite (lait, masc.), a chave (clé, fém.)aucun modèle fiable ; apprenez le genre de chaque nom avec le nom lui-même
terminaisons consonantiques (-l, -z, -m, -s)Le plus souvent masculino hotel, o papel, o rapaz (garçon), o jardim (jardin)a paz (paix), a cruz (croix), a vez (fois/occasion) — exceptions féminines courantes

Remarquez la ligne en -agem : c'est un repère interlinguistique réellement utile, car le suffixe espagnol visuellement similaire -aje (comme dans el viaje, el garaje) est masculin, tandis que le portugais -agem est systématiquement féminin. C'est un petit exemple concret de la raison pour laquelle traiter le portugais comme de « l'espagnol avec une orthographe différente » vous induit activement en erreur plutôt que de vous aider.

Noms désignant des personnes et paires qui changent de genre

Les noms désignant des personnes suivent généralement le sexe biologique ou l'identité de genre plutôt que les règles fondées sur les terminaisons ci-dessus, et la plupart ont une paire masculin/féminin correspondante : o menino/a menina (garçon/fille), o professor/a professora (enseignant/enseignante), o ator/a atriz (acteur/actrice). Un ensemble de noms à « genre commun » (epiceno) conservent une forme invariable et ne marquent le genre du référent que par l'article : o/a estudante (étudiant/étudiante), o/a artista (artiste), o/a jornalista (journaliste).

Une courte liste utile de noms change entièrement de sens avec le genre — un véritable moyen mnémotechnique une fois le modèle remarqué : o rádio (l'appareil radio) contre a rádio (la station de radio, courant en EP ; le BP tend à employer o rádio pour les deux) ; o capital (capital financier) contre a capital (capitale) ; o cabeça (familier : le chef/le meneur) contre a cabeça (la tête, partie du corps) ; à part o rádio, o moral (moral) contre a moral (morale/éthique, ou la morale d'une histoire).

Comment se forme le pluriel des noms portugais, y compris les pluriels en -ão ?

La plupart des pluriels portugais suivent une règle simple d'ajout de terminaison, proche de celle de l'espagnol. La partie vraiment distinctive — et une tâche de mémorisation réelle et inévitable — est l'ensemble des noms finissant en -ão, qui se répartissent en trois modèles de pluriel différents, sans moyen entièrement fiable de prédire lequel emploie un mot donné simplement en le regardant.

Les règles régulières du pluriel

Terminaison au singulierRègleExemple
VoyelleAjouter -scasa → casas, café → cafés
-r, -zAjouter -esmulher → mulheres, rapaz → rapazes
-mRemplacer m par n, ajouter -s (-m devient -ns)homem → homens, jovem → jovens, viagem → viagens
-s, accentué sur la dernière syllabeAjouter -esportuguês → portugueses, mês → meses
-s, accentué sur une syllabe antérieure (pluriel inchangé)Aucun changement en dehors de l'articleo lápis → os lápis (crayon → crayons), o ônibus/autocarro → os ônibus (bus → bus)
-al, -el, -ol, -ul (accentués)Supprimer l, ajouter -isanimal → animais, papel → papéis, lençol → lençóis, azul → azuis
-il, accentué (oxyton)Supprimer l, ajouter -scivil → civis, fuzil → fuzis, barril → barris
-il, non accentué (paroxyton)Changer il en eisfácil → fáceis, difícil → difíceis, útil → úteis

Les trois pluriels en -ão : -ões, -ães, -ãos

Les noms qui se terminent par la diphtongue nasale -ão prennent l'une de trois formes au pluriel. Bien que -ões soit de très loin la plus fréquente et le modèle par défaut pour les mots nouveaux ou empruntés, aucune règle ne permet de prédire de façon fiable laquelle des trois un nom existant donné utilisera — il faut réellement l'apprendre nom par nom.

Modèle de plurielFréquenceExemples
-õesDe très loin le plus courant ; modèle productif et par défautcoração → corações (cœurs), lição → lições (leçons), informação → informações, avião → aviões (avions), televisão → televisões
-ãesUne petite liste fermée de mots courantspão → pães (pains), cão → cães (chiens), capitão → capitães (capitaines), alemão → alemães (Allemands)
-ãosUne petite liste fermée, surtout des mots où -ão est ressenti comme faisant partie de la racine plutôt que comme un suffixemão → mãos (mains), irmão → irmãos (frères), cidadão → cidadãos (citoyens), órfão → órfãos (orphelins), cristão → cristãos (chrétiens)

Le modèle -ões étant le modèle productif, c'est la supposition par défaut la plus sûre pour tout nom en -ão dont vous n'avez pas appris spécifiquement le pluriel — vous aurez raison bien plus souvent que tort, et les locuteurs natifs vous comprendront même lorsque ce ne sera pas le cas. Considérez les listes en -ães et -ãos ci-dessus comme des ensembles courts, fermés et mémorisables, plutôt que d'essayer d'en déduire une règle qui n'existe pas entièrement.

Comment fonctionnent les articles portugais et le système de contraction préposition-article ?

Les articles portugais portent le genre et le nombre, exactement comme les articles espagnols — mais le portugais pousse la contraction bien plus loin que l'espagnol. Alors que l'espagnol a exactement deux contractions obligatoires (al, del), le portugais fusionne presque chaque préposition courante avec l'article qui la suit, et ces formes fusionnées ne sont pas des options de style : ce sont les seules formes correctes à l'écrit.

Articles définis et indéfinis

MasculinFéminin
Défini, singuliero (le) — o livroa (la) — a casa
Défini, plurielos (les) — os livrosas (les) — as casas
Indéfini, singulierum (un) — um livrouma (une) — uma casa
Indéfini, plurieluns (des) — uns livrosumas (des) — umas casas

Les contractions de base : de, em, a + article

Préposition+ o+ a+ os+ as
de (de/depuis)dodadosdas
em (dans/sur/à)nonanosnas
a (à)aoàaosàs
por (par/pour/à travers)pelopelapelospelas

O livro da Maria está na mesa. (Le livre de Maria est sur la table.) Vou ao mercado. (Je vais au marché.) Passamos pelo parque. (Nous sommes passés par le parc.) Aucune de ces formes ne peut s'écrire sans fusion — de a Maria et por o parque sont tout simplement incorrectes en portugais standard, et non une variante informelle. C'est un engagement réellement plus important qu'en espagnol, qui ne contracte jamais por avec son article et ne contracte a/de qu'avec l'article masculin singulier.

Contractions avec les démonstratifs

Préposition+ este/esta (ce/cette-ci)+ esse/essa (ce/cette-là, près de vous)+ aquele/aquela (ce/cette-là, là-bas)
dedeste, destadesse, dessadaquele, daquela
emneste, nestanesse, nessanaquele, naquela
aa este, a esta (pas de fusion — voir la note)a esse, a essa (pas de fusion)àquele, àquela (fusionnés, crase)

Neste caso... (Dans ce cas...) Falamos daquele problema ontem. (Nous avons parlé de ce problème-là hier.) La ligne avec a mérite un examen attentif : este/esse ne fusionnent pas avec a en portugais standard, mais aquele/aquela/aquilo le font, ce qui produit les formes avec crase àquele/àquela/àquilo — une raison supplémentaire pour laquelle la crase, examinée en détail dans la section suivante, mérite un traitement attentif.

Contractions avec l'article indéfini : num, numa, dum, duma

De et em fusionnent aussi avec l'article indéfini, bien que ces formes appartiennent à un registre plus informel à neutre que les contractions avec article défini ci-dessus et que l'usage varie quelque peu selon la variété : em + um → num, em + uma → numa, de + um → dum, de + uma → duma.

FormeExempleNote de registre
num, numaEstá num restaurante. (Elle est dans un restaurant.)Très courants et neutres en BP comme en EP, à l'oral et à l'écrit.
dum, dumaPreciso dum favor. (J'ai besoin d'un service.)Plus courants en EP ; en BP, on garde plus souvent de um/de uma sans fusion, surtout à l'écrit.

Qu'est-ce que la crase, et quand faut-il employer à ?

La crase est la fusion de la préposition a avec l'article féminin a qui suit (ou avec le a initial de aquele/aquela/aquilo), indiquée à l'écrit par un accent grave : à. Sans grande concurrence, c'est le signe diacritique le plus souvent évalué et le plus souvent employé à tort en portugais, y compris par les locuteurs natifs — il est utile de le savoir dès le début afin de ne pas prendre votre propre confusion pour un échec personnel.

Le test essentiel : l'équivalent masculin demanderait-il « ao » ?

La manière la plus fiable de déterminer si une phrase nécessite à consiste à remplacer mentalement le nom féminin par un nom masculin et à vérifier si la version masculine exige la contraction ao. Si c'est le cas, la version féminine exige la crase ; si la version masculine emploie simplement a seul, la version féminine fait de même.

Phrase au fémininPhrase-test au masculinConclusion
Vou à praia. (Je vais à la plage.)Vou ao mercado. (la version masculine exige « ao »)Crase obligatoire : à praia
Refiro-me à professora. (Je fais référence à la professeure.)Refiro-me ao professor. (le masculin exige « ao »)Crase obligatoire : à professora
Vou a São Paulo. (Je vais à São Paulo.)Vou a Recife. (aucun article dans la version masculine — les noms de villes n'en prennent normalement pas)Pas de crase : a São Paulo, et non à São Paulo
Entreguei o relatório a ela. (J'ai remis le rapport à elle.)Entreguei o relatório a ele. (un pronom, pas un article — aucune fusion avec les pronoms)Pas de crase : a ela, jamais à ela

Quand la crase est obligatoire

  • Devant un nom féminin régi par un verbe ou une expression qui exige la préposition a, lorsque ce nom prendrait normalement l'article a : Cheguei à escola às oito. (Je suis arrivé à l'école à huit heures.)
  • Devant aquele/aquela/aquilo, toujours, puisque le a initial du démonstratif fusionne avec la préposition exigée : Não me refiro àquele problema. (Je ne fais pas référence à ce problème-là.)
  • Dans les expressions de temps fixes construites avec « a » + une heure au féminin : Chego à uma hora. (J'arrive à une heure.) — car hora est féminin et prend l'article dans cette construction.
  • Devant un nom de lieu féminin qui prend conventionnellement un article, comme les régions et les pays habituellement employés avec « a » : Vou à Bahia. / Viajei à Argentina. (l'usage varie toutefois ici, et beaucoup de locuteurs préfèrent para à a pour parler d'un déplacement vers un lieu, ce qui évite entièrement la question.)

Quand il n'y a pas de crase, même si « a » apparaît

  • Devant un nom masculin (la crase est exclusivement un phénomène d'article féminin) : a ele, a este livro, jamais à este livro.
  • Devant un verbe à l'infinitif (a + infinitif ne fusionne jamais) : Começou a chorar. (Elle a commencé à pleurer.)
  • Devant un nom pluriel sans article, ou un nom employé dans un sens général sans article : Refiro-me a pessoas de todas as idades. (Je fais référence à des personnes de tous âges — pas de « les » spécifique, donc pas d'article à fusionner.)

Le registre compte ici aussi : à l'oral comme à l'écrit, le portugais européen applique la règle de la crase de façon plus constante et plus audible (pour de nombreux locuteurs EP, le son de à est un peu plus long ou plus ouvert que celui de a simple), tandis que le portugais brésilien familier neutralise souvent entièrement la différence sonore. En BP, la crase est donc surtout une question de justesse à l'écrit, plutôt qu'une différence que l'oreille suit de façon fiable dans une conversation rapide. Le portugais formel écrit l'exige encore dans les deux variétés.

Comment les adjectifs portugais s'accordent-ils, et où se placent-ils dans une phrase ?

L'accord des adjectifs portugais repose sur la même logique que le genre des noms : la terminaison de l'adjectif change pour correspondre au genre et au nombre du nom et — comme en espagnol — sa position par rapport au nom peut modifier le sens, et pas seulement l'accent mis sur l'idée.

Formes d'accord

Type d'adjectifMasc. sing.Fém. sing.Masc. plur.Fém. plur.
Se termine par -o (4 formes)altoaltaaltosaltas
Se termine par -e (2 formes)inteligenteinteligenteinteligentesinteligentes
Se termine par une consonne (2 formes, en général)fácilfácilfáceisfáceis
Adjectifs de nationalité se terminant par une consonne (4 formes)portuguêsportuguesaportuguesesportuguesas
Se termine par -or (4 formes)trabalhadortrabalhadoratrabalhadorestrabalhadoras

Position : après le nom par défaut, avant lui lorsque le sens change

Les adjectifs descriptifs se placent par défaut après le nom, comme en espagnol et contrairement à l'anglais : uma casa grande (une grande maison), um livro interessante (un livre intéressant). Placer certains adjectifs avant le nom est grammatical et modifie réellement la nuance du sens, généralement en faisant passer d'une qualité objective et mesurable à une qualité subjective ou inhérente.

AdjectifAprès le nom (objectif)Avant le nom (subjectif/inhérent)
grandeuma casa grande — une grande maison [physiquement vaste]um grande homem — un grand homme (par son importance, non par sa taille — grande ne se raccourcit PAS devant le nom en portugais, contrairement à l'espagnol gran)
velhoum amigo velho — un ami âgéum velho amigo — un vieil ami, de longue date, quel que soit son âge
pobreum homem pobre — un homme sans argentum pobre homem — un pauvre homme, malheureux (compassion, non finances)
novoum carro novo — une voiture neuveum novo carro — une voiture nouvelle pour moi (nouvellement acquise, elle peut être d'occasion)
simplesuma pessoa simples — une personne simple, sans prétentionuma simples pergunta — une simple question (minimisation)

Il vaut la peine de le signaler directement, car c'est une erreur réelle et facile à faire pour toute personne venant de l'espagnol : le portugais grande ne se raccourcit pas en une forme tronquée devant un nom singulier — l'espagnol raccourcit grande en gran dans cette position, mais le portugais conserve simplement grande sans changement dans les deux positions, et distingue le sens par le seul ordre des mots, non par une modification de la forme de l'adjectif.

Comparatifs et superlatifs

StructureEmploiExemple
mais + adjectif + (do) queplus… queEla é mais alta (do) que eu. (Elle est plus grande que moi.)
menos + adjectif + (do) quemoins… queEste livro é menos interessante (do) que o outro.
tão + adjectif + quanto/comoaussi… que (le BP préfère quanto, l'EP comme)Ele é tão alto quanto o pai. (BP) / Ele é tão alto como o pai. (EP)
o/a mais + adjectif + dele/la plus… de (superlatif relatif)É o aluno mais inteligente da turma. (C'est l'élève le plus intelligent de la classe.)
adjectif + íssimo/íssimaextrêmement… (superlatif absolu, sans groupe de comparaison)Estou cansadíssimo. (Je suis extrêmement fatigué.)

Le superlatif absolu en -íssimo est réellement productif — vous pouvez l'appliquer spontanément à la plupart des adjectifs descriptifs, en supprimant d'abord toute voyelle finale : lindo → lindíssimo (magnifique → extrêmement magnifique), feliz → felicíssimo (heureux → extrêmement heureux), simples → simplíssimo. Une courte liste d'adjectifs utilise pour le superlatif absolu une forme irrégulière savante, héritée directement du latin, au lieu du modèle régulier en -íssimo : fácil → facílimo (et non facilíssimo), difícil → dificílimo, pobre → paupérrimo, doce → dulcíssimo.

Comparatifs irréguliers

AdjectifComparatif irrégulierExemple
bom (bon)melhor (meilleur)Este café é melhor (do) que o outro.
mau (mauvais)pior (pire)A situação está pior agora.
grande (grand, âge/importance)maior (plus grand/plus âgé)Meu irmão é maior (do) que eu. — note : en BP, maior s'emploie aussi couramment pour la taille physique, là où l'EP tend à conserver mais grande
pequeno (petit, âge)menor (plus petit/plus jeune)Minha irmã é menor (do) que eu.

Comment fonctionnent les pronoms sujets et les formes d’adresse en portugais ? Tu, você, o senhor

C’est l’une des séparations grammaticales les plus nettes entre le Brésil et le Portugal, et elle va bien au-delà de « quel mot signifie tu/vous » : elle change la conjugaison à employer, car tu et você exigent des formes verbales véritablement différentes.

Pronoms sujets

PersonnePronomRemarques
1re personne du singuliereu (je)—
2e personne du singulier, informelletu (tu)Forme usuelle par défaut en EP ; régionale en BP (voir ci-dessous). Elle a ses propres terminaisons verbales.
2e/3e personne du singulier, neutre à formellevocê (tu/vous)Forme usuelle par défaut presque partout en BP ; plus distanciée ou formelle en EP. C’est grammaticalement une troisième personne : elle prend la même forme verbale que ele/ela.
3e personne du singulierele (il), ela (elle)—
1re personne du plurielnós (nous)Souvent aussi remplacé à l’oral par a gente — voir ci-dessous.
2e personne du pluriel, informelle (EP, largement archaïque)vós (vous)Pratiquement disparu de la parole quotidienne moderne, tant en BP qu’en EP ; il subsiste dans les usages liturgiques et rhétoriques, ainsi que dans certains usages ruraux du nord du Portugal. Ce guide le signale, mais ne construit pas de tableaux actifs autour de lui.
2e/3e personne du pluriel, neutrevocês (vous)Le « vous » pluriel courant en BP comme en EP — contrairement à l’espagnol, le portugais n’a pas conservé de distinction régionale vivante comparable à vosotros et ustedes ; les deux variétés ont adopté vocês pour l’adresse ordinaire au pluriel.
3e personne du plurieleles (ils, masc./mixte), elas (elles, fém.)—

Comme les terminaisons verbales portugaises indiquent déjà la personne et le nombre, les pronoms sujets sont souvent omis, comme en espagnol — un peu moins systématiquement cependant dans le BP parlé familier, car le recours fréquent à você (une forme de troisième personne avec un sens de deuxième personne) rend le sujet moins facile à déduire de la seule terminaison verbale qu’une véritable terminaison de première ou de deuxième personne.

Tu ou você : deux systèmes qui ne coïncident pas entre le Brésil et le Portugal

Cette partie mérite une lecture attentive, car les deux variétés ont réellement évolué dans des directions différentes, au lieu de simplement préférer légèrement l’un des deux mots.

  • Au Portugal (EP) : tu est le « tu » informel ordinaire et par défaut — employé avec la famille, les amis, les camarades de classe et les enfants, et conjugué avec ses terminaisons distinctes (tu falas, tu comes, tu partes). Você existe, mais indique une distance sociale et peut sonner étrange : trop familier pour un inconnu, sans être tout à fait aussi respectueux que le pleinement formel o senhor/a senhora. Beaucoup de locuteurs portugais évitent activement você lorsqu’ils s’adressent directement à quelqu’un, préférant construire la phrase autour d’un nom ou d’un verbe nu à la troisième personne plutôt que de choisir un pronom.
  • Au Brésil (BP) : você est le « tu/vous » informel par défaut presque partout, conjugué avec les formes ordinaires de troisième personne (você fala, você come, você parte — de même forme que ele/ela fala). Tu survit selon les régions — notamment dans le Rio Grande do Sul, et dans certaines parties du Nord-Est telles que le Maranhão et le Pará, ainsi que dans des zones de Rio de Janeiro et de Santa Catarina — mais dans la plupart de ces régions, la langue familière conjugue tu avec la même forme de troisième personne que você (tu fala, et non le tu falas prescriptivement « correct »), un écart largement attesté et répandu par rapport à la norme enseignée dans les grammaires scolaires.

Un détail historique vraiment intéressant explique cela : você descend lui-même de vossa mercê (« votre grâce »), la même source de courtoisie formelle qui a donné l’espagnol usted à partir de vuestra merced. L’espagnol a conservé ce mot descendant comme pronom formel spécialisé ; le portugais, surtout au Brésil, a laissé son descendant passer dans l’usage informel quotidien. C’est précisément pourquoi você peut sembler formel au Portugal (plus proche de son origine) et totalement familier au Brésil (plusieurs étapes plus loin).

Adresse formelle : o senhor / a senhora

Les deux variétés emploient o senhor (à un homme) et a senhora (à une femme) pour s’adresser clairement avec respect — aux personnes âgées, aux inconnus dans les situations de service ou dans un cadre professionnel formel — en les conjuguant, comme você, à la troisième personne : O senhor gostaria de mais café? (Souhaitez-vous encore du café, monsieur ?) Les équivalents pluriels os senhores/as senhoras remplissent le même rôle formel pour un groupe.

A gente : un substitut courant de nós

Littéralement « les gens », a gente fonctionne familièrement comme un substitut extrêmement courant de nós (nous) dans les deux variétés, surtout à l’oral et particulièrement au Brésil. Le piège grammatical est que a gente est grammaticalement à la troisième personne du singulier, même s’il signifie « nous » ; le verbe qui le suit prend donc la forme de ele/ela, et non celle de nós : A gente vai à praia amanhã. (Nous allons à la plage demain — vai, et non vamos.) Les compléments et possessifs après a gente passent également à la troisième personne dans l’usage soigné (a gente se diverte, nous nous amusons — réfléchi se, et non nos), même si la langue familière mélange parfois les deux systèmes.

Contraste complet au présent : falar avec tu, você et a gente

SujetForme verbaleExemple
tufalasTu falas português muito bem. (EP, et certaines régions du BP avec la terminaison normative)
tu (nombreuses régions du BP, familier)falaTu fala português muito bem. (BP familier, terminaison de troisième personne avec tu)
vocêfalaVocê fala português muito bem.
a gentefalaA gente fala português em casa.
nósfalamosNós falamos português em casa.

Comment fonctionnent les pronoms compléments d’objet directs et indirects en portugais ?

Les pronoms compléments directs et indirects du portugais suivent largement la logique attendue dans une langue romane — un pronom remplace le nom qui reçoit l’action ou en bénéficie — mais les formes contractées combinées et la tendance quotidienne du BP à éviter les clitiques au moyen de simples pronoms sujets sont toutes deux distinctives et méritent une explication précise.

Pronoms compléments d’objet directs

PersonneFormeExemple
1re pers. sing.meEle me viu. (Il m’a vu.)
2e pers. sing. (tu)teEu te vi. (Je t’ai vu.)
3e pers. sing. masc.o (le/lui/vous formel, masc.)Eu o vi. (Je l’ai vu.)
3e pers. sing. fém.a (la/vous formel, fém.)Eu a vi. (Je l’ai vue.)
1re pers. plur.nosEla nos viu. (Elle nous a vus.)
3e pers. plur. masc.osEu os vi. (Je les ai vus.)
3e pers. plur. fém.asEu as vi. (Je les ai vues.)

Voici un fait très important sur le registre oral : le BP parlé quotidien évite très souvent complètement o/a/os/as comme clitiques objets directs, en les remplaçant soit par le simple pronom sujet placé après le verbe (Eu vi ele, « je l’ai vu », au lieu du prescriptif Eu o vi), soit en omettant entièrement le complément lorsque le contexte permet de le retrouver (Eu vi, au sens de « je l’ai vu »). Le BP écrit formel et l’EP emploient toujours o/a/os/as comme forme standard, et ce guide présente cette forme partout ; gardez toutefois à l’esprit que le BP parlé familier fait souvent quelque chose de nettement différent.

Pronoms compléments d’objet indirects

PersonneFormeExemple
1re pers. sing.me (à/pour moi)Ela me deu o livro. (Elle m’a donné le livre.)
2e pers. sing. (tu)te (à/pour toi)Eu te dei o presente. (Je t’ai donné le cadeau.)
3e pers. sing.lhe (à/pour lui/elle/vous formel)Eu lhe dei o livro. (Je lui ai donné le livre.)
1re pers. plur.nos (à/pour nous)Ele nos contou a história. (Il nous a raconté l’histoire.)
3e pers. plur.lhes (à/pour eux/elles/vous formel plur.)Eu lhes expliquei o problema. (Je leur ai expliqué le problème.)

Lhe/lhes ne distinguent pas le genre, tout comme l’espagnol le/les ; une expression clarifiante avec a les accompagne donc souvent : Dei o presente a ela. (J’ai donné le cadeau à elle.) Le BP familier emploie très souvent para plus un pronom prépositionnel au lieu du clitique indirect, surtout hors de l’écrit formel : Dei o presente para ela est au moins aussi naturel dans le BP quotidien que la version avec clitique, et souvent plus naturel.

Les formes contractées : mo, to, lho, no-lo — et une note franche à leur sujet

La grammaire portugaise classique fusionne directement un pronom complément indirect avec le pronom complément direct qui le suit en un seul mot : me + o = mo, me + a = ma, te + o = to, te + a = ta, lhe + o = lho, lhe + a = lha, nos + o = no-lo, nos + a = no-la, vos + o = vo-lo.

Forme combinéeConstruite à partir deExemple
mo/ma/mos/masme + o/a/os/asEmpresta-mo. (Prête-le-moi.)
to/ta/tos/taste + o/a/os/asDou-to amanhã. (Je te le donnerai demain.)
lho/lha/lhos/lhaslhe(s) + o/a/os/asExpliquei-lho ontem. (Je le lui ai expliqué hier.)
no-lo/no-lanos + o/aEntregaram-no-lo. (Ils nous l’ont remis.)

Soyez honnête quant à la manière d’utiliser ce tableau : ces formes fusionnées sont une partie réelle, correcte et véritablement élégante de la langue écrite, mais elles appartiennent presque exclusivement aux registres formels, littéraires et européens. Vous les rencontrerez dans les livres, dans l’EP écrit soigné et parfois dans l’EP formel parlé ; vous ne les entendrez ni n’aurez pratiquement besoin de les produire dans le BP quotidien, oral ou écrit, où la suite de deux pronoms est soit reformulée avec para plus un nom/pronom, soit simplement non fusionnée. Sachez les reconnaître ; ne vous sentez pas obligé de les employer sauf si vous travaillez précisément dans un registre européen formel.

Comment fonctionne le placement des clitiques en portugais ? Proclise, enclise et mésoclise

C’est l’un des systèmes mécaniques les plus difficiles du portugais pour un apprenant, non parce qu’une règle isolée est compliquée, mais parce qu’il existe trois positions possibles, que le choix par défaut « neutre » varie selon la variété, et que le portugais brésilien parlé fait régulièrement quelque chose que la grammaire écrite prescriptive ne sanctionne pas entièrement. Prenez cette section lentement.

Les trois positions

TermeSignificationExemple
ProclisePronom placé avant le verbe, comme mot séparéNão me diga isso. (Ne me dites pas cela.)
EnclisePronom attaché après le verbe, avec un trait d’unionChamo-me João. (Je m’appelle João.)
MésoclisePronom inséré à l’intérieur du verbe, séparant le radical du futur ou du conditionnel de sa terminaisonDar-te-ei o livro amanhã. (Je vous donnerai le livre demain.)

Ce qui déclenche la proclise

Un ensemble précis et apprenable d’éléments attire le pronom avant le verbe lorsqu’ils apparaissent dans la même proposition : la négation, les mots interrogatifs, les conjonctions de subordination, certains adverbes, ainsi que les contextes exclamatifs ou au subjonctif.

  • Négation : Não me chamo João, chamo-me Pedro. (Je ne m’appelle pas João, je m’appelle Pedro.)
  • Mots interrogatifs : Quando me telefonaste? (Quand m’as-tu téléphoné ?)
  • Conjonctions de subordination : Disse que me ligaria. (Il a dit qu’il m’appellerait.)
  • Certains adverbes, surtout já, sempre, também, ainda : Já te contei essa história? (Vous ai-je déjà raconté cette histoire ?)
  • Pronoms indéfinis et négatifs : Ninguém me avisou. (Personne ne m’a prévenu.)

L’enclise : la forme par défaut de la norme écrite dans les propositions principales

En dehors d’un déclencheur de proclise, le portugais écrit standard — surtout l’EP — emploie par défaut l’enclise dans une proposition principale affirmative : le pronom s’attache après le verbe par un trait d’union. Chamo-me Ana. (Je m’appelle Ana.) Encontrei-o na rua. (Je l’ai rencontré dans la rue.) Diga-me a verdade. (Dites-moi la vérité.)

Mésoclise : séparer le futur et le conditionnel

Dans le portugais européen formel et littéraire, un pronom objet peut être inséré directement dans un verbe au futur ou au conditionnel, entre le radical fondé sur l’infinitif et la terminaison temporelle : dar-te-ei (je vous donnerai = darei avec te inséré avant le -ei final), far-se-ia (cela se ferait = faria avec se inséré). Cette construction est essentiellement limitée à l’écrit formel, aux registres juridiques et littéraires, ainsi qu’à la parole rhétorique au Portugal ; elle est extrêmement rare dans tout registre du BP, et la plupart des locuteurs brésiliens reformuleraient entièrement la phrase plutôt que de produire une forme mésoclitique.

Le fait simple : le Brésil place les pronoms devant là où le Portugal les attache

Disons-le clairement, car c’est l’enseignement pratique le plus utile de toute cette section : le portugais brésilien quotidien, parlé comme écrit, préfère très largement la proclise et place le pronom devant le verbe, même exactement dans les contextes où le portugais européen et la grammaire scolaire prescriptive attendraient l’enclise. Me chamo João est du portugais brésilien tout à fait normal au quotidien, à l’oral comme dans l’écrit informel, bien que la phrase commence par un pronom proclitique que la grammaire traditionnelle réserve à une position après un mot déclencheur — une véritable proclise « non autorisée » en début de phrase selon la règle prescriptive, et tout à fait banale dans l’usage brésilien réel. Le BP écrit formel, surtout la prose révisée et les articles de presse, revient plutôt au modèle prescriptif de l’enclise (Chamo-me) ; mais le BP parlé et écrit familier, notamment la plupart des SMS, réseaux sociaux et dialogues brésiliens, emploie la proclise presque partout.

SensEP / norme écrite formelleBP parlé quotidien
Je m’appelle João.Chamo-me João.Me chamo João.
Dites-moi la vérité.Diga-me a verdade.Me diga a verdade.
Je t’aime.Amo-te.Te amo.
Je vous donnerai le livre.Dar-te-ei o livro. / Vou dar-te o livro.Vou te dar o livro.

Aucun des deux modèles n’est du « mauvais portugais ». Ce sont les registres par défaut réels et bien attestés de deux normes nationales différentes ; un apprenant qui se concentre sur le portugais brésilien peut considérer la proclise comme le choix quotidien sûr et naturel, tandis qu’un apprenant qui se concentre sur le portugais européen doit maîtriser activement l’enclise, et non seulement savoir la reconnaître.

Pronoms prépositionnels (disjoints)

Après une préposition, le portugais emploie un ensemble distinct de pronoms : mim, ti, si (réfléchi/formel), ele/ela, nós, vós (archaïque), eles/elas. Isto é para mim. (C’est pour moi.) Penso em ti. (Je pense à toi.) Une fusion spéciale ne s’applique qu’avec la préposition com (avec) : comigo (avec moi), contigo (avec toi), consigo réfléchi/formel (avec lui-même/elle-même/vous-même), et au pluriel conosco (BP) / connosco (EP — notez la véritable différence orthographique entre les deux normes) et convosco (avec vous, à valeur archaïsante). Ele nunca sai sem o cachorro; vai a todo lado com ele. peut tout aussi naturellement se terminer par ...vai a todo lado com ele — mais avec une personne, Vem conosco! (Viens avec nous !) est la forme quotidienne que vous emploierez réellement.

Ser, estar ou ficar : comment fonctionne le système portugais de « être » ?

Si vous avez étudié l’espagnol, vous vous attendez déjà à ce que le portugais partage « être » entre ser et estar. C’est bien le cas — mais le portugais conserve aussi un troisième verbe, ficar, qui remplit un véritable rôle grammatical au quotidien, là où l’espagnol répartit ce travail entre quedarse, ponerse, volverse et le simple estar. Considérer ficar comme un supplément facultatif plutôt que comme un membre essentiel de ce système est l’une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles les apprenants finissent par donner l’impression de traduire depuis l’espagnol plutôt que de parler portugais.

Ser : l’identité durable

EmploiExemple
Identité / professionSou professor. (Je suis professeur.)
Nationalité / origineEla é do Brasil. (Elle est du Brésil.) Sou português. (Je suis portugais.)
Caractéristiques inhérentesEle é alto. (Il est grand.)
Matière / compositionA mesa é de madeira. (La table est en bois.)
Heure et datesSão três horas. (Il est trois heures.) Hoje é quarta-feira. (Nous sommes mercredi.)
Lieu où se déroule un événementA festa é na minha casa. (La fête est chez moi.)
Voix passive (avec le participe passé)A casa foi construída em 1990. (La maison a été construite en 1990.)

Estar : les états temporaires et la localisation

EmploiExemple
État / humeur temporaireEstou cansado. (Je suis fatigué.)
Localisation d’une personne ou d’une chose mobile/temporaireEstou em casa. (Je suis à la maison.) O livro está na mesa. (Le livre est sur la table.)
Action en cours (progressif — voir la section sur le présent)Estou trabalhando. (BP) / Estou a trabalhar. (EP) — Je travaille.
MétéoEstá chovendo. (BP) / Está a chover. (EP) — Il pleut.

Ficar : le verbe qui accomplit trois fonctions que l’espagnol confie à d’autres verbes

Cette section mérite une lecture attentive, car ficar n’a réellement aucun équivalent unique en espagnol ni en anglais : il couvre trois fonctions distinctes et très fréquentes, entre lesquelles les locuteurs natifs passent sans même remarquer qu’il s’agit de « sens différents » du même mot.

FonctionCe qu’elle exprimeExemple
1. Localisation fixe des lieuxL’endroit où se trouve un bâtiment, une ville ou une chose immobile — la question « où est X ? » pour tout ce qui ne se déplace pasOnde fica a farmácia? (Où est la pharmacie ?) O museu fica perto daqui. (Le musée est près d’ici.)
2. Devenir / changement d’étatLe passage à un nouvel état émotionnel, physique ou situationnel — plus proche de « devenir » que de « être »Ela ficou triste com a notícia. (Elle est devenue triste à cette nouvelle.) Ficou tarde. (Il s’est fait tard.) Ele ficou rico. (Il est devenu riche.)
3. Rester, demeurer ou être laissé dans un état/lieuRester physiquement quelque part, ou laisser une organisation dans une certaine situationFiquei em casa o dia todo. (Je suis resté à la maison toute la journée.) A reunião ficou para amanhã. (La réunion a été reportée à demain.)

La fonction 1 est précisément le piège pour les hispanophones : en espagnol, on demanderait ¿Dónde está la farmacia? avec estar pour situer un bâtiment, mais le portugais réserve ficar exactement à ce cas — la localisation de quelque chose qui ne se déplace pas, comme un magasin, un musée, une rue ou un pays. Estar reste correct pour situer une personne ou un objet mobile (O livro está na mesa), mais demandez à un lusophone Onde está o museu? et cela lui paraîtra légèrement étrange : compréhensible, mais ce n’est pas ainsi qu’un locuteur natif poserait la question.

La fonction 2 est celle du changement d’état, et il vaut la peine de la comparer directement aux divers verbes espagnols qui expriment la même idée de fond (ponerse, volverse, quedarse, hacerse — l’espagnol répartit « devenir » selon le type de changement, tandis que le portugais emploie surtout ficar dans tous les cas) : ficar nervoso (devenir nerveux), ficar doente (tomber malade), ficar noivo (se fiancer), ficar sabendo (apprendre, littéralement « finir par savoir »).

Note de conjugaison : ficar est un verbe régulier en -ar à tous les temps (présent : fico, ficas, fica, ficamos, ficais, ficam), sauf pour le changement orthographique attendu avant e à la première personne du singulier du prétérit et au subjonctif présent, où c devient qu afin de conserver le son dur « k » : fiquei (je suis resté / je suis devenu), que eu fique (que je reste / devienne).

Ter ou haver : comment exprime-t-on l’existence (« il y a ») en portugais ?

Ter est le verbe courant de la possession dans les deux variétés — Tenho um carro (J’ai une voiture) — et il a presque entièrement remplacé haver comme auxiliaire des temps composés dans le portugais parlé moderne, rôle présenté dans les sections sur les temps composés ci-dessous. Haver reste très présent dans une fonction précise et fréquente : exprimer l’existence, « il y a », et c’est exactement ici que la différence entre le Brésil et le Portugal apparaît le plus clairement dans la langue quotidienne.

Há pour l’existence — et pourquoi les Brésiliens disent généralement tem à la place

Dans les deux variétés, le verbe existentiel grammaticalement standard et correct dans un registre formel est l’impersonnel à la troisième personne du singulier há, issu de haver : Há muitas pessoas na festa. (Il y a beaucoup de personnes à la fête.) Não há problema. (Il n’y a pas de problème.)

Dans le portugais brésilien parlé au quotidien, toutefois, tem — littéralement la troisième personne du singulier de ter, « avoir » — est de loin préféré pour cette même fonction : Tem muita gente na festa. Le portugais européen parlé conserve bien plus régulièrement há dans cet emploi. C’est l’un des marqueurs les plus fiables et les plus souvent cités qui distinguent le BP parlé de l’EP parlé ; il est utile de l’intégrer tôt, car les phrases existentielles (« il y a… ») reviennent constamment dans les conversations de débutant.

SensFormel / écrit, dans les deux variétésBP parlé quotidien
Il y a beaucoup de personnes ici.Há muitas pessoas aqui.Tem muita gente aqui.
Y a-t-il du café ?Há café?Tem café?
Il n’y a pas de temps.Não há tempo.Não tem tempo.

Un détail grammatical essentiel piège les apprenants, quelle que soit la forme utilisée : le há existentiel (et son équivalent familier tem) est toujours impersonnel, à la troisième personne du singulier, et ne se met jamais au pluriel pour s’accorder avec ce qui existe — même si ce qui existe est grammaticalement pluriel. Há muitos problemas (Il y a beaucoup de problèmes), jamais hão muitos problemas ; Tem muitos problemas, jamais têm muitos problemas dans ce sens existentiel. Les anglophones veulent spontanément faire correspondre « there ARE many problems » à un verbe pluriel ; le portugais, comme l’espagnol hay, conserve cette construction au singulier quoi qu’il arrive.

Haver de + infinitif, et le temps écoulé

Haver de suivi d’un infinitif exprime une intention ferme ou une obligation proche, approximativement « être tenu de » ou « devoir » : Hei de conseguir. (Je finirai [sûrement, tôt ou tard] par y arriver.) Cette construction est plus courante en EP et dans un BP quelque peu formel ou insistant que dans le portugais brésilien familier de tous les jours.

Há marque également le temps écoulé, comme « il y a » ou « depuis » en français : Moro aqui há dois anos. (J’habite ici depuis deux ans / j’ai déménagé ici il y a deux ans, selon le contexte.) L’autre construction, également standard, emploie plutôt fazer de façon impersonnelle : Faz dois anos que moro aqui. Les deux s’emploient à l’oral et à l’écrit en BP comme en EP ; cependant — conformément au schéma décrit plus haut — le BP familier étend parfois tem à cet emploi aussi (Tem dois anos que moro aqui), usage que la grammaire formelle ne cautionne pas entièrement mais qui est très courant à l’oral.

Comment fonctionne la conjugaison portugaise ? Les trois conjugaisons régulières

L’infinitif de chaque verbe portugais se termine par -ar, -er ou -ir, et, comme en espagnol, cette terminaison annonce tout le modèle de conjugaison d’un verbe régulier à tous les temps et modes. Ce guide présente cinq personnes encore vivantes dans chaque tableau — eu, tu, você/ele/ela, nós, vocês/eles/elas — car vós est archaïque dans les deux variétés et ne fait plus partie du système actif dont la plupart des apprenants ont besoin, comme l’a expliqué la section sur les pronoms ci-dessus.

Indicatif présent : les trois conjugaisons côte à côte

Personne-ar : falar (parler)-er : comer (manger)-ir : partir (partir)
eufalocomoparto
tufalascomespartes
você/ele/elafalacomeparte
nósfalamoscomemospartimos
vocês/eles/elasfalamcomempartem

Le processus en trois étapes ne change jamais : identifiez la famille de conjugaison à partir de la terminaison de l’infinitif, retirez cette terminaison pour faire apparaître le radical (fal-, com-, part-), puis ajoutez la terminaison qui correspond à la personne, au temps et au mode nécessaires. Comme en espagnol, les verbes en -er et en -ir ont des terminaisons identiques à tous les temps, sauf à l’indicatif présent et à l’impératif ; dès que vous le remarquez, cela réduit de moitié la quantité à mémoriser en pratique.

Les changements de radical sont bien plus rares en portugais qu’en espagnol

Voici une véritable bonne nouvelle pour quiconque vient de l’espagnol : le portugais ne possède pas la vaste catégorie espagnole des « verbes à alternance vocalique » dont la voyelle du radical change lorsqu’elle est accentuée (querer→quiero, poder→puedo). Les verbes portugais querer et poder se conjuguent avec un radical stable à l’indicatif présent (quero, queres, quer, queremos, querem ; posso, podes, pode, podemos, podem — remarquez que seule la forme eu de poder est irrégulière). Lorsque le portugais présente une irrégularité, elle se concentre plutôt dans la forme eu et dans une courte liste de verbes très fréquents, présentés en détail dans les deux sections suivantes, au lieu de s’étendre sur une vaste classe de verbes à changement de radical comme en espagnol.

Verbes réguliers en -ar avec un changement orthographique

Une poignée de verbes réguliers adaptent leur orthographe, et non leur son, devant certaines terminaisons, uniquement pour garder une prononciation constante de la consonne — selon la même logique que les changements espagnols c→qu, g→gu, z→c.

ChangementContexteExemple
c → qudevant e (prétérit à eu, subjonctif présent)ficar → fiquei, fique
g → gudevant echegar → cheguei, chegue
ç → cdevant ecomeçar → comecei, comece
gu → gdevant a/oseguir → sigo, siga
c → çdevant a/o (conservation du son [s])conhecer → conheço, conheça

Tableaux de conjugaison complets : ser, estar, ter, ir, vir

Ces cinq verbes comptent parmi les mots les plus fréquents de la langue, et chacun est réellement irrégulier : on ne peut pas éviter de les mémoriser séparément, même si les régularités au sein de chaque tableau (une forme eu irrégulière, une forme commune ailleurs) rendent la tâche plus gérable qu’elle ne paraît d’abord.

Indicatif présent

Personneserestarterirvir
eusouestoutenhovouvenho
tuésestástensvaisvens
você/ele/elaéestátemvaivem
nóssomosestamostemosvamosvimos
vocês/eles/elassãoestãotêmvãovêm

Observez les accents de la dernière ligne : tem/têm et vem/vêm se distinguent de leurs équivalents au singulier uniquement par l’accent circonflexe qui marque le pluriel ; omettez l’accent en tapant vite et vous aurez, techniquement, écrit le mauvais mot, même si le contexte vous sauve généralement.

Prétérit parfait (passé simple)

Personneser / ir (identiques !)estartervir
eufuiestivetivevim
tufosteestivestetivestevieste
você/ele/elafoiesteveteveveio
nósfomosestivemostivemosviemos
vocês/eles/elasforamestiveramtiveramvieram

Un fait mérite d’être souligné à part : ser et ir partagent exactement la même conjugaison au prétérit — fui peut signifier « j’étais » ou « je suis allé », et seul le contexte indique lequel. Fui ao Brasil (Je suis allé au Brésil) et Fui professor por dez anos (J’ai été professeur pendant dix ans) emploient la même forme verbale pour deux verbes sans lien étymologique, particularité héritée du latin que le portugais a simplement conservée.

Prétérit imparfait

Personneserestarterirvir
eueraestavatinhaiavinha
tuerasestavastinhasiasvinhas
você/ele/elaeraestavatinhaiavinha
nóséramosestávamostínhamosíamosvínhamos
vocês/eles/elaseramestavamtinhamiamvinham

Notez que estar est entièrement régulier à l’imparfait (il est inclus ici seulement pour faciliter la comparaison), tandis que ser, ter et vir sont véritablement irréguliers à ce temps — une liste d’irréguliers différente et plus courte qu’en espagnol (où ser, ir, ver sont irréguliers à l’imparfait, mais tener reste régulier). Le portugais ir, au contraire, se construit régulièrement à partir de son propre radical court i- et des terminaisons ordinaires de l’imparfait en -ir ; il ne paraît donc irrégulier qu’au premier regard.

Tableaux de conjugaison complets : fazer, dizer, poder, querer, saber, dar, ver, pôr

Ces huit verbes complètent le petit ensemble des verbes irréguliers vraiment fréquents que chaque apprenant rencontre au cours des premières semaines d’étude. Certains se ressemblent (irréguliers seulement à la forme eu, réguliers partout ailleurs au présent), ce qui mérite d’être reconnu comme un modèle à part entière plutôt que comme huit énigmes sans rapport.

Présent de l’indicatif

Personnefazerdizerpoderquerer
eufaçodigopossoquero
tufazesdizespodesqueres
você/ele/elafazdizpodequer
nósfazemosdizemospodemosqueremos
vocês/eles/elasfazemdizempodemquerem
Personnesaberdarverpôr
euseidouvejoponho
tusabesdásvêspões
você/ele/elasabedávêpõe
nóssabemosdamosvemospomos
vocês/eles/elassabemdãoveempõem

Pôr mérite une note à lui seul : il semble devoir être un verbe en -er (comparez les terminaisons ci-dessus avec comer dans la section précédente), car il l’était historiquement — sa forme plus ancienne était poer, et le portugais a simplement perdu le e du milieu avec le temps, laissant un infinitif qui se termine par -r directement attaché au radical. Ses composés (compor, dispor, propor, supor, repor) suivent tous exactement le même modèle irrégulier ; apprendre pôr à fond vous donne donc toute une famille de verbes gratuitement.

Prétérit parfait

Personnefazerdizerpoderquerer
eufizdissepudequis
tufizestedissestepudestequiseste
você/ele/elafezdissepôdequis
nósfizemosdissemospudemosquisemos
vocês/eles/elasfizeramdisserampuderamquiseram
Personnesaberdarverpôr
eusoubedeivipus
tusoubestedestevistepuseste
você/ele/elasoubedeuviupôs
nóssoubemosdemosvimospusemos
vocês/eles/elassouberamderamvirampuseram

Observez attentivement pôde et pode dans ce tableau : l’accent circonflexe est la seule chose qui distingue « il a pu » (prétérit) de « il peut » (présent) — un exemple de plus où un accent porte un véritable poids grammatical, et non une simple indication de prononciation, en écho à la paire pôr/por de la section sur l’accentuation et les accents.

Comment fonctionne le présent portugais, et pourquoi le progressif distingue-t-il le BP de l’EP ?

Le présent portugais couvre le même vaste domaine que le présent espagnol — un fait habituel et parfois le futur proche — mais dès que vous devez dire que quelque chose se passe en ce moment même, le portugais brésilien et le portugais européen se distinguent par deux constructions réellement différentes et tout aussi standards l’une que l’autre.

Présent simple : habitude et fait général

Falo português. peut signifier « Je parle portugais » comme fait général et habituel et — surtout dans la langue courante avec un marqueur temporel — peut se rapprocher du futur proche : Falo com você amanhã. (Je vous parlerai demain.) Pour une action qui est vraiment en cours à cet instant précis, les deux variétés préfèrent cependant une construction progressive spécifique au présent simple nu : c’est là que la différence apparaît.

La divergence du progressif : estou fazendo (BP) contre estou a fazer (EP)

C’est l’une des différences grammaticales les plus immédiatement reconnaissables entre les deux normes nationales, présente dans presque chaque paragraphe de langue parlée naturelle.

SensPortugais brésilienPortugais européen
Je travaille.Estou trabalhando.Estou a trabalhar.
Elle lit.Ela está lendo.Ela está a ler.
Nous mangeons.Estamos comendo.Estamos a comer.
Il pleut.Está chovendo.Está a chover.

Le portugais brésilien construit son progressif comme l’espagnol et l’anglais — estar plus le gérondif (-ando/-endo/-indo) — tandis que le portugais européen emploie plutôt estar a plus l’infinitif simple. Les deux constructions sont parfaitement standards dans leur propre variété, et aucune n’est un raccourci familier : un Brésilien disant estou a trabalhar semblerait avoir un accent nettement portugais (ou parler de façon délibérément affectée), et un Portugais disant estou trabalhando semblerait nettement brésilien, mais aucune des deux formes n’est agrammaticale ; elles appartiennent simplement à des variétés différentes.

Formation du gérondif (pour la construction BP et les autres emplois du gérondif dans les deux variétés)

ConjugaisonRègleExemple
-arradical + -andofalar → falando
-erradical + -endocomer → comendo
-irradical + -indopartir → partindo

Le gérondif lui-même n’est pas une forme exclusivement BP — le portugais européen l’emploie toujours hors du progressif, par exemple dans les propositions circonstancielles (Saiu correndo, Il est parti en courant / il est sorti en courant, forme standard dans les deux variétés) — c’est précisément dans la construction progressive que les deux variétés se séparent, l’EP remplaçant le gérondif par a + infinitif.

Pretérito perfeito ou pretérito imperfeito : comment fonctionne le passé portugais ?

Tout comme l’espagnol, le portugais divise le passé simple en deux temps grammaticalement distincts qui ne sont pas interchangeables : l’un rapporte un événement délimité et achevé ; l’autre décrit le cadre continu dans lequel un autre événement a eu lieu. L’anglais les réunit en un seul temps du passé ; c’est pourquoi il faut une pratique réelle et délibérée pour intégrer cette distinction, plutôt que de pouvoir simplement la traduire.

Pretérito perfeito régulier

Personne-ar : falar-er : comer-ir : partir
eufaleicomiparti
tufalastecomestepartiste
você/ele/elafaloucomeupartiu
nósfalamos (BP) / falámos (EP)comemospartimos
vocês/eles/elasfalaramcomerampartiram

La ligne nós cache une vraie différence orthographique, facile à manquer, entre les deux normes : le portugais européen écrit un accent aigu sur le prétérit de la première personne du pluriel des verbes en -ar, précisément pour le distinguer à l’écrit du présent qui se prononce de façon identique — falámos (nous avons parlé, prétérit) contre falamos (nous parlons, présent). Le portugais brésilien ne fait pas du tout cette distinction à l’écrit : il emploie falamos pour les deux temps et s’appuie entièrement sur le contexte pour lever l’ambiguïté, comme la phrase le fait déjà à l’oral, où les deux formes ont de toute façon une prononciation identique dans les deux variétés.

Pretérito imperfeito régulier

Personne-ar : falar-er : comer-ir : partir
eufalavacomiapartia
tufalavascomiaspartias
você/ele/elafalavacomiapartia
nósfalávamoscomíamospartíamos
vocês/eles/elasfalavamcomiampartiam

La distinction essentielle, côte à côte

Question à laquelle répond le tempsPretérito perfeitoPretérito imperfeito
S’agissait-il d’un événement unique, achevé et clairement délimité ?Oui — l’événement dans son ensemble, vu de l’extérieurNon — décrit ce qui était vrai ou en cours, sans en marquer le début ni la fin
Indice de traduction en anglais« did », « ate », « went », « happened »« used to », « was -ing », « would [habitually] »
Action passée habituelle ou répétéeHabituellement nonOui — la forme par défaut pour « used to... »
Description de l’arrière-plan, mise en place de la scèneNonOui — météo, heure, âge, états continus
Une action interrompue par une autreL’action qui interromptL’action déjà en cours

Un exemple de récit développé, avec les deux temps dans le même passage

Quando eu era criança, morava numa casa pequena perto da praia. Todos os dias, eu acordava cedo e ia nadar antes da escola. Um dia, uma tempestade forte chegou e destruiu parte do telhado. Ficamos com medo, mas ninguém se machucou.

(Quand j’étais enfant, j’habitais dans une petite maison près de la plage. Chaque jour, je me réveillais tôt et j’allais nager avant l’école. Un jour, une forte tempête est arrivée et a détruit une partie du toit. Nous avons eu peur, mais personne n’a été blessé.)

Remarquez la structure : era, morava, acordava, ia — tous à l’imparfait — construisent le cadre continu et habituel de l’enfance. Puis chegou, destruiu — au pretérito perfeito — rapportent les deux événements précis et délimités qui ne se sont produits qu’une fois, un jour particulier, en interrompant ce cadre. Ficamos (nous avons eu peur) et machucou (a été blessé) concluent le récit au perfeito, en rapportant les résultats immédiats et achevés de la tempête. Cette alternance — imperfeito pour le décor, perfeito pour l’événement — est le moteur du passé narratif portugais, à l’oral comme à l’écrit, dans les deux variétés.

Verbes dont le sens change entre les deux temps

Un petit groupe bien connu de verbes décrit par nature des états ; le perfeito impose donc une lecture du type « l’état a commencé ou fini à ce moment », ce qui change entièrement la traduction française.

VerbeSens à l’imparfaitSens au perfeito
conhecerconnaissaita rencontré (pour la première fois)
sabersavait (un fait)a découvert / a appris
querervoulait (désir continu)a essayé (affirmatif) ; a refusé (négatif : não quis)
poderpouvait (capacité générale)a réussi à (affirmatif) ; n’a pas réussi à (négatif : não pôde)

Conheci minha esposa em 2015. (J’ai rencontré ma femme en 2015 — perfeito, une première rencontre délimitée.) Eu conhecia bem aquela cidade. (Je connaissais bien cette ville — imperfeito, un état de familiarité continu.)

Pretérito perfeito composto : pourquoi « tenho feito » ne signifie pas ce que vous attendez

Voici un vrai piège pour toute personne qui arrive de l’espagnol ou de l’anglais, et il faut l’énoncer aussi clairement que possible dès le départ : le pretérito perfeito composto portugais (ter au présent, plus le participe passé) ne fonctionne pas comme le present perfect espagnol ou anglais. Il ne signifie pas « j’ai fait [quelque chose], à un moment indéterminé jusqu’à maintenant ». Son sens se rapproche plutôt de « je fais [quelque chose] depuis quelque temps, de manière répétée ou continue, et cela continue encore ».

Formation

Personneter (présent)+ participe passé
eutenhofalado / comido / partido
tutensfalado / comido / partido
você/ele/elatemfalado / comido / partido
nóstemosfalado / comido / partido
vocês/eles/elastêmfalado / comido / partido

Le sens : répétitif ou continu, et non « à un moment avant maintenant »

Comparez attentivement ces deux phrases, car c’est exactement là que se trouve le piège :

  • Tenho lido muito ultimamente. — Je lis beaucoup ces derniers temps. (Un modèle continu et répété, commencé récemment et toujours en cours — c’est ce que communique réellement le pretérito perfeito composto.)
  • Li esse livro. — J’ai lu ce livre. (Un seul événement achevé et délimité — c’est le pretérito perfeito simple, qui fait le travail de l’anglais « I have read that book » dans la plupart des cas.)

Un anglophone qui veut dire « I have done my homework » emploierait presque toujours en portugais le pretérito perfeito simple — Fiz o meu dever de casa — et non la forme composée. Employez tenho feito précisément lorsque vous voulez dire « je fais cela de façon répétée ou continue depuis quelque temps », jamais comme traduction générale de l’anglais « have/has [past participle] ». Tenho tentado ligar para você, mas você nunca atende. (J’essaie de vous appeler depuis quelque temps, mais vous ne répondez jamais — un modèle continu et répété, exactement le bon contexte pour ce temps.) Ultimamente, tenho me sentido cansado. (Ces derniers temps, je me sens fatigué.)

Cette construction existe dans les deux variétés et devient vraiment utile une fois que son emploi étroit et précis est clair ; l’erreur à éviter est de l’employer par défaut chaque fois que vous diriez « have done » en anglais, ce qui produira souvent des phrases portugaises grammaticalement bien formées mais sémantiquement étranges.

Mais-que-perfeito : comment fonctionnent le plus-que-parfait simple et le plus-que-parfait composé ?

Le plus-que-parfait portugais (« avait fait ») existe sous deux formes — une forme composée courante construite avec ter, et une forme littéraire synthétique en un seul mot — et cette dernière recèle un piège important pour les personnes qui viennent de l’espagnol.

Mais-que-perfeito composé : tinha falado

La forme courante, standard à l’oral comme à l’écrit, emploie l’imparfait de ter plus le participe passé et fonctionne exactement comme « avait fait » en français : Quando cheguei, ela já tinha saído. (Quand je suis arrivé, elle était déjà partie.) Eu não tinha estudado muito antes da prova. (Je n’avais pas beaucoup étudié avant l’examen.) Dans les registres plus formels ou littéraires, surtout en EP, on emploie parfois haver à la place de ter dans cette construction : Ela já havia saído — même sens, ton plus formel.

Mais-que-perfeito simple : falara — une forme littéraire, et non courante

Le portugais possède aussi un plus-que-parfait synthétique d’un seul mot, formé directement à partir de l’infinitif : falar → falara, falaras, falara, faláramos, falaram (avec un sens identique à tinha falado). En pratique, cette forme est presque entièrement réservée à l’écriture littéraire formelle et est rarement produite dans la parole quotidienne ou l’écriture informelle de l’une ou l’autre variété, où la forme composée tinha falado est employée à la place.

Le piège pour les hispanophones : -ra n’est PAS l’imparfait du subjonctif en portugais

Voici l’avertissement le plus important de tout ce guide sur les faux amis, pour toute personne qui connaît déjà l’espagnol. En espagnol, la terminaison -ra (hablara, comiera) est l’une des deux formes entièrement interchangeables de l’imparfait du subjonctif, avec -se. En portugais, les deux terminaisons ne sont pas interchangeables et n’ont pas du tout le même sens — ce sont deux formes verbales entièrement distinctes, avec deux emplois entièrement distincts.

TerminaisonCe qu’elle est réellement en portugaisExempleSens
-ra (falara, comera, partira)Mais-que-perfeito simples — une forme de l’indicatif, registre littéraireEle falara a verdade.Il avait dit la vérité. (= Ele tinha falado a verdade.)
-sse (falasse, comesse, partisse)Imperfeito do subjuntivo — un mode réellement distinct, traité dans la section suivanteSe ele falasse a verdade...S’il disait / disait la vérité... (hypothétique, non indicatif)

Un hispanophone qui emploie instinctivement -ra en attendant un sens hypothétique au subjonctif produira accidentellement, en portugais, un énoncé affirmatif formel à l’indicatif : c’est une véritable erreur de sens à l’échelle de la phrase, pas seulement une faute d’accent. Si vous ne retenez qu’un avertissement sur les faux amis dans tout ce guide, retenez celui-ci.

Comment fonctionnent le futuro do presente, ir + infinitif et le futuro do pretérito ?

Comme l’espagnol, le portugais possède à la fois un futur synthétique et une alternative courante avec ir + infinitif — mais la liste des radicaux irréguliers pour le futur synthétique et le conditionnel est beaucoup plus courte en portugais qu’en espagnol, ce qui est une bonne nouvelle qu’il faut énoncer clairement.

Futuro do presente (futur simple)

Personnefalarcomerpartir
eufalareicomereipartirei
tufalaráscomeráspartirás
você/ele/elafalarácomerápartirá
nósfalaremoscomeremospartiremos
vocês/eles/elasfalarãocomerãopartirão

Il se forme comme en espagnol : prenez l’infinitif entier (et non un radical tronqué) et ajoutez une même série de terminaisons aux trois conjugaisons. Dans la langue courante, surtout au Brésil, le futur synthétique est relativement rare : la conversation familière préfère très largement ir au présent suivi de l’infinitif, exactement comme « aller » en français : Vou falar com ela amanhã. (Je vais lui parler demain.) Le futur synthétique reste très présent dans l’écrit, les promesses, les annonces formelles et les expressions figées (Serei breve, Je serai bref), mais un apprenant qui vise un portugais oral naturel devrait considérer ir + infinitif comme le choix par défaut et très fréquent.

Seulement trois radicaux irréguliers au futur et au conditionnel — bien moins qu’en espagnol

Voici une bonne nouvelle concrète pour les personnes qui viennent de l’espagnol, où douze verbes courants (decir, hacer, poder, poner, querer, saber, salir, tener, valer, venir, caber, haber) prennent un radical irrégulier au futur et au conditionnel. Le portugais réduit cette liste à trois verbes seulement, et tout autre verbe — y compris poder, querer, ter et vir, tous irréguliers au futur espagnol — est parfaitement régulier au futur et au conditionnel portugais.

InfinitifRadical irrégulierFutur, euConditionnel, eu
fazerfar- (perd le -ze-)fareifaria
dizerdir- (perd le -ze-)direidiria
trazer (apporter)trar- (perd le -ze-)trareitraria

Tout le reste suit directement le modèle régulier à partir de l’infinitif : poderei, poderás, poderá... (poder) ; quererei, quererás... (querer) ; terei, terás... (ter) ; virei, virás... (vir). Si vous avez appris l’espagnol d’abord et vous attendez à ce que ces quatre verbes nécessitent un radical raccourci, comme podré, querré, tendré, vendré, corrigez précisément cette attente : c’est l’une des différences structurelles les plus claires et vérifiables entre les deux langues.

Futuro do pretérito (conditionnel)

Personnefalarcomerpartir
eufalariacomeriapartiria
tufalariascomeriaspartirias
você/ele/elafalariacomeriapartiria
nósfalaríamoscomeríamospartiríamos
vocês/eles/elasfalariamcomeriampartiriam

Le conditionnel exprime « voudrais » (Eu falaria com ela, mas não tenho tempo — Je lui parlerais, mais je n’ai pas le temps), adoucit une demande (Você poderia me ajudar? — Pourriez-vous m’aider ?, plus doux que le présent Você pode me ajudar?) et, comme l’emploi du présent pour exprimer une probabilité au futur, exprime une probabilité dans le passé : Seriam três horas quando ele chegou. (Il devait être environ trois heures quand il est arrivé.)

Comment fonctionnent le subjonctif présent et imparfait portugais ?

Comme l’espagnol, le portugais emploie le subjonctif dès qu’une phrase exprime un souhait, une émotion, un doute, un ordre indirect ou une hypothèse plutôt qu’un fait affirmé — une distinction de mode que l’anglais marque si faiblement que la plupart des anglophones ne la remarquent jamais consciemment. Contrairement à l’espagnol, le système du subjonctif portugais ne s’arrête pas à une forme présente et une forme imparfaite : il comprend aussi le futur du subjonctif, traité dans sa propre section juste après, qui n’a aucun équivalent en espagnol ni en anglais. Cette section traite les deux temps du subjonctif qui ont un parallèle assez direct en espagnol.

Subjonctif présent : formation

Il se forme comme en espagnol : prenez la forme eu du présent de l’indicatif, supprimez le -o final, et ajoutez les terminaisons de la « famille opposée » — les verbes en -ar prennent des terminaisons en e, les verbes en -er/-ir prennent des terminaisons en a.

Personne-ar : falar-er : comer-ir : partir
eufalecomaparta
tufalescomaspartas
você/ele/elafalecomaparta
nósfalemoscomamospartamos
vocês/eles/elasfalemcomampartam

Toute irrégularité de la forme eu de l’indicatif passe directement au subjonctif : fazer (faço) → faça, faças, faça, façamos, façam ; dizer (digo) → diga, digas... ; ter (tenho) → tenha, tenhas... ; ver (vejo) → veja, vejas.... Une courte liste est entièrement irrégulière et ne dérive pas du tout de la forme eu de l’indicatif : ser → seja, sejas, seja, sejamos, sejam ; estar → esteja, estejas... ; ir → vá, vás, vá, vamos, vão ; dar → dê, dês, dê, demos, deem ; saber → saiba, saibas... ; et querer, dont tout le radical devient queir- : queira, queiras, queira, queiramos, queiram.

Les principaux déclencheurs

Les catégories de déclencheurs sont parallèles à celles de l’espagnol : une principale exprimant un souhait, une émotion, un jugement, un doute ou une demande indirecte, suivie de que, puis d’une subordonnée dont le sujet est différent de celui de la principale.

  • Souhaits et espoirs : Espero que você venha. (J’espère que vous viendrez.)
  • Émotion : Fico feliz que você esteja aqui. (Je suis heureux que vous soyez ici.)
  • Jugement impersonnel : É importante que você estude. (Il est important que vous étudiiez.)
  • Ordre ou demande indirects : Peço que me ajude. (Je vous demande de m’aider.)
  • Doute ou négation : Não acho que seja verdade. (Je ne pense pas que ce soit vrai.) Notez le même piège qu’en espagnol : acho que (je pense que) prend l’indicatif — Acho que é verdade — mais si vous niez le verbe de croyance, la subordonnée passe au subjonctif, car nier la certitude introduit le doute.
  • Oxalá : la version portugaise de l’espagnol ojalá, issue de la même racine arabe, déclenche toujours le subjonctif : Oxalá ele chegue a tempo. (J’espère qu’il arrivera à temps.)

Comme en espagnol, la condition de sujets différents compte : lorsque le sujet est le même, le portugais abandonne la subordonnée au subjonctif pour un simple infinitif — Quero estudar (Je veux étudier, même sujet, infinitif) contre Quero que você estude (Je veux que vous étudiiez, sujets différents, subjonctif). Le portugais possède cependant ici une option supplémentaire, totalement absente de l’espagnol : lorsque les sujets sont différents mais que la phrase ne requiert pas précisément le mécanisme de souhait, de doute ou d’émotion du subjonctif, l’infinitif personnel, traité dans sa propre section ci-dessous, intervient souvent à sa place.

Imperfeito do subjuntivo

Il se construit selon une formule entièrement fiable : prenez la forme eles/elas du pretérito perfeito, supprimez le -ram final, et ajoutez -sse, -sses, -sse, -ssemos, -ssem. Puisqu’il est construit à partir du prétérit de la troisième personne du pluriel, toute irrégularité du prétérit passe automatiquement au subjonctif imparfait.

Personnefalar (falaram)ter (tiveram)fazer (fizeram)
eufalassetivessefizesse
tufalassestivessesfizesses
você/ele/elafalassetivessefizesse
nósfalássemostivéssemosfizéssemos
vocês/eles/elasfalassemtivessemfizessem

Emploi : chaque fois qu’un déclencheur de type WEIRDO est ancré dans une principale au passé (concordance des temps) : Eu queria que você viesse. (Je voulais que vous veniez.) Duvidei que fosse verdade. (J’ai douté que ce soit vrai.) C’est aussi le subjonctif standard des propositions hypothétiques avec se, traité en détail dans la section sur les conditionnels : Se eu tivesse dinheiro, viajaria. (Si j’avais de l’argent, je voyagerais.) Rappelez-vous l’avertissement sur les faux amis de la section précédente : cette forme en -sse, et non -ra, est le véritable subjonctif imparfait portugais.

Le futur du subjonctif : comment fonctionne-t-il et pourquoi est-il obligatoire ?

C’est, avec l’infinitif personnel traité ensuite, le temps le plus distinctif de la grammaire portugaise. Il est réellement vivant et obligatoire dans la langue orale et écrite de tous les jours, et non un fossile littéraire. Ni l’anglais ni l’espagnol n’ont d’équivalent direct. L’anglais réemploie simplement le présent pour les propositions situées dans le futur (« when I go », non « when I will go », malgré un sens clairement futur). L’espagnol emploie soit le subjonctif présent (cuando llegue), soit l’indicatif présent (si tengo tiempo) selon la conjonction, mais ne grammaticalise jamais « cela n’est pas encore arrivé, mais considérez-le comme réel lorsqu’il arrivera » sous la forme d’un temps dédié. Le portugais fait exactement cela et l’appelle le futuro do subjuntivo.

Formation : construit sur le radical du prétérit, ce qui explique ses fréquentes irrégularités

Prenez la forme eles/elas du pretérito perfeito, supprimez le -ram final et ajoutez : rien pour eu, -es pour tu, rien pour você/ele/ela, -mos pour nós, -em pour vocês/eles/elas.

Personnefalar (falaram)ser/ir (foram)ter (tiveram)fazer (fizeram)
eufalarfortiverfizer
tufalaresforestiveresfizeres
você/ele/elafalarfortiverfizer
nósfalarmosformostivermosfizermos
vocês/eles/elasfalaremforemtiveremfizerem
Personnepoder (puderam)querer (quiseram)saber (souberam)vir (vieram)
eupuderquisersoubervier
tupuderesquiseressouberesvieres
você/ele/elapuderquisersoubervier
nóspudermosquisermossoubermosviermos
vocês/eles/elaspuderemquiseremsouberemvierem

Parce qu’il est construit sur le radical du prétérit plutôt que sur l’infinitif, le futur du subjonctif hérite de toute irrégularité du prétérit ; c’est exactement pourquoi eu for (de ser/ir), eu tiver (de ter) et eu fizer (de fazer) ne ressemblent pas du tout à leurs infinitifs. Retenez un détail à la fois amusant et vraiment facile à confondre : le futur du subjonctif de ver (voir) est vir (eu vir — quand je vois), qui s’écrit et se prononce exactement comme l’infinitif du verbe sans rapport vir (venir) — tandis que le futur du subjonctif de vir lui-même est vier (eu vier — quand je viens). En pratique, le contexte lève toujours l’ambiguïté, mais c’est une collision intéressante qu’il vaut mieux connaître que découvrir par surprise.

Quand est-il obligatoire : se, quando et les conjonctions orientées vers le futur

ConjonctionSensExemple
sesi (une condition future réelle et ouverte — non une hypothèse)Se você quiser, podemos sair. (Si vous voulez, nous pouvons sortir.)
quandoquand (en référence au futur)Quando eu for ao Brasil, vou visitar você. (Quand j’irai au Brésil, je vous rendrai visite.)
assim que / logo quedès queAssim que ele puder, vai ligar. (Dès qu’il le pourra, il appellera.)
enquantopendant que (référence future)Enquanto eu estiver aqui, vou ajudar. (Tant que je serai ici, j’aiderai.)
depois queaprès que (référence future)Depois que ela chegar, começamos. (Après son arrivée, nous commencerons.)
sempre quechaque fois queSempre que você precisar, me ligue. (Chaque fois que vous en aurez besoin, appelez-moi.)

La logique sous-jacente est la même dans chaque ligne : l’événement décrit ne s’est pas encore produit, mais la phrase n’émet pas une hypothèse à son sujet — elle le traite comme quelque chose qui se produira réellement ou deviendra vrai, et construit le reste de la phrase sur cette supposition. C’est la différence essentielle avec le subjonctif imparfait traité ci-dessus, qui gère les événements explicitement présentés comme irréels, douteux ou contraires aux faits. Comparez directement : Se eu tiver tempo, vou. (Si j’ai [au final, ce qui est vraiment possible] le temps, j’irai — futur du subjonctif, condition réelle ouverte) contre Se eu tivesse tempo, iria. (Si j’avais le temps [mais je ne l’ai pas], j’irais — subjonctif imparfait, contraire au fait présent).

Pourquoi les apprenants anglophones et hispanophones le sous-emploient systématiquement

La raison pour laquelle ce temps est vraiment difficile n’est pas le tableau de conjugaison — dès que vous voyez la règle « supprimer -ram, ajouter les terminaisons », le mécanisme s’apprend en un après-midi, comme le reste du subjonctif. Il est difficile parce qu’aucune des langues que la plupart des apprenants parlent déjà ne marque cette distinction : il n’existe donc aucun réflexe de traduction. Les formes anglaises « when I go » et « if you want » sont toutes deux au présent et servent à la fois pour un fait habituel présent et un événement futur en attente. Cette habitude est très persistante : la plupart des apprenants anglophones emploient simplement ici l’indicatif présent (quando eu vou, se você quer) longtemps après avoir maîtrisé les déclencheurs du subjonctif présent de type WEIRDO, car l’anglais ne signale en rien qu’une forme distincte orientée vers le futur existe même. Reconnaître les mots déclencheurs ci-dessus — se, quando, assim que, enquanto, depois que, sempre que — reliés à un événement réellement futur et non encore arrivé, voilà toute la compétence ; une fois le déclencheur repéré, la forme elle-même est mécanique.

Temps composés du subjonctif : pretérito perfeito et mais-que-perfeito do subjuntivo

Les deux temps composés du subjonctif suivent la même formule ter + participe que les temps composés de l’indicatif traités plus haut, mais ter est conjugué au subjonctif plutôt qu’à l’indicatif.

PersonnePretérito perfeito do subjuntivo (tenha + participe)Mais-que-perfeito do subjuntivo (tivesse + participe)
eutenha faladotivesse falado
tutenhas faladotivesses falado
você/ele/elatenha faladotivesse falado
nóstenhamos faladotivéssemos falado
vocês/eles/elastenham faladotivessem falado

Pretérito perfeito do subjuntivo s’emploie exactement là où le subjonctif présent conviendrait, mais pour une action qui est déjà achevée du point de vue de la principale : Espero que você tenha comido. (J’espère que vous avez mangé — le repas, s’il a eu lieu, est déjà terminé, mais la principale « j’espère » est au présent.) Mais-que-perfeito do subjuntivo remplit le même rôle d’action déjà achevée, mais avec une principale au passé ; c’est aussi la forme standard dans les propositions en se du troisième type de conditionnel, contraire aux faits passés, traité en détail dans la section sur les conditionnels : Se eu tivesse estudado, teria passado. (Si j’avais étudié, j’aurais réussi.)

Il existe aussi un subjonctif composé orienté vers le futur, le futuro composto do subjuntivo (tiver falado, construit avec le futur du subjonctif de ter et le participe), employé pour une action qui sera achevée avant un autre événement futur : Quando eu tiver terminado o projeto, vou descansar. (Quand j’aurai terminé le projet, je me reposerai.) C’est une extension réelle, quoique moins fréquente, de la même logique du futur du subjonctif de la section précédente, appliquée à un événement achevé dans le futur plutôt qu’à un simple événement en attente.

L’infinitif personnel (infinitivo pessoal) : comment fonctionne-t-il et en quoi diffère-t-il du futur du subjonctif ?

Si ce guide devait nommer un seul trait grammatical qui distingue le plus le portugais — non seulement de l’espagnol, mais de toutes les autres grandes langues romanes et de l’anglais — ce serait celui-ci. L’infinitif personnel est un infinitif qui peut se fléchir selon la personne, ce qui lui permet de porter son propre sujet explicite même dans une subordonnée dont le sujet diffère de celui de la principale. Aucune autre langue romane largement étudiée ne le fait, et cela permet souvent au portugais d’éviter une construction au subjonctif que l’espagnol serait grammaticalement forcé d’employer.

Formation : toujours construite sur l’infinitif simple, jamais irrégulière

Voici le détail qui rend l’infinitif personnel vraiment rassurant après le futur du subjonctif irrégulier : pour chaque verbe, sans exception, il se construit directement sur l’infinitif nu. Les terminaisons sont rien pour eu, -es pour tu, rien pour você/ele/ela, -mos pour nós, -em pour vocês/eles/elas : exactement les mêmes terminaisons que le futur du subjonctif, mais attachées à l’infinitif immuable plutôt qu’à un radical de prétérit irrégulier.

Personnefalarserterfazerir
eufalarserterfazerir
tufalaresseresteresfazeresires
você/ele/elafalarserterfazerir
nósfalarmossermostermosfazermosirmos
vocês/eles/elasfalaremseremteremfazeremirem

Remarquez que même les verbes les plus irréguliers de la langue — ser, ir, fazer — ont un infinitif personnel entièrement régulier, puisqu’il est construit sur l’infinitif lui-même, qui ne change jamais. C’est le contraste le plus net possible avec le futur du subjonctif de la section précédente, construit sur le radical de prétérit, souvent irrégulier. Comparez directement ser : infinitif personnel eu ser, nós sermos (régulier, prévisible), contre futur du subjonctif eu for, nós formos (irrégulier, à apprendre).

Quand est-il obligatoire : un sujet différent après une préposition

Le déclencheur le plus clair et le plus fiable : une préposition introduit une proposition dont l’action a un sujet différent de celui de la principale. Là où l’espagnol serait forcé d’utiliser une proposition avec que au subjonctif, le portugais peut simplement fléchir l’infinitif pour indiquer qui accomplit l’action enchâssée.

  • É importante os alunos estudarem. — Il est important que les élèves étudient. (Littéralement : « Il est important les-élèves étudier-ils. » L’espagnol ne peut pas construire cela sans que + subjonctif : es importante que los alumnos estudien. Le portugais fléchit simplement l’infinitif.)
  • Depois de sairmos, choveu. — Après notre départ, il a plu. (sairmos marque « nous » comme sujet du départ, différent du sujet non exprimé de la tempête.)
  • Ao chegarem, cumprimentaram todos. — À leur arrivée, ils ont salué tout le monde. (chegarem s’accorde avec « ils », ceux qui arrivent.)
  • Para eles entenderem, precisamos de exemplos claros. — Pour qu’ils comprennent, nous avons besoin d’exemples clairs.

Quand est-il facultatif

Quand le sujet de la proposition infinitive est le même que celui de la principale, ou qu’il est autrement parfaitement clair dans le contexte, les locuteurs natifs peuvent employer soit l’infinitif simple, soit l’infinitif personnel sans réel changement de sens. La forme personnelle ajoute seulement un peu de clarté ou de formalité, ce qui est particulièrement utile lorsque plusieurs sujets sont possibles : Para entender, preciso de exemplos. (Pour comprendre, j’ai besoin d’exemples — infinitif simple, non marqué, choix sûr par défaut.) Para nós entendermos, precisamos de exemplos. (Pour que nous comprenions, nous avons besoin d’exemples — infinitif personnel, qui met explicitement « nous » au premier plan par rapport à d’autres sujets possibles.) Avec un pronom sujet exprimé avant l’infinitif, beaucoup de locuteurs ajoutent la terminaison personnelle même au singulier pour le rythme et la clarté, bien que les formes eu/ele soient de toute façon identiques à l’infinitif simple et ne montrent donc aucun changement visible.

Infinitif personnel ou futur du subjonctif : comparaison directe

Ces deux formes partagent des terminaisons identiques pour les verbes réguliers, ce qui est précisément la source de confusion pour les apprenants ; mais elles se déclenchent dans des contextes grammaticaux complètement différents et, pour les verbes irréguliers, prennent des radicaux tout à fait différents. Revenez à ce tableau dès que les deux formes commencent à se brouiller.

Infinitif personnelFutur du subjonctif
Construit à partir deL’infinitif nu — toujours, sans exceptionLe radical eles/elas du prétérit, moins -ram — souvent irrégulier
Déclenché parLes prépositions (a, de, para, por, sem, até, após, antes de, depois de), ou employé comme sujet ou complémentLes conjonctions de temps futur : se, quando, assim que, enquanto, depois que, sempre que
Ce qu’il marqueQUI accomplit l’action enchâssée (personne/sujet)QUAND/SI l’action enchâssée se produira (temps futur en attente)
Exemple de verbe régulierpara eu falar, para nós falarmosquando eu falar, quando nós falarmos (forme identique !)
Exemple de verbe irrégulier (ir)para eu ir, para nós irmos (régulier, prévisible)quando eu for, quando nós formos (irrégulier, à partir de foram)

Pour les verbes réguliers, les deux formes s’écrivent et se prononcent en fait de manière identique : falarmos signifie à la fois « pour que nous parlions » (infinitif personnel) et « quand/si nous parlons » (futur du subjonctif), et seul le mot déclencheur qui l’entoure indique le rôle qu’il joue dans la phrase. Cette coïncidence est bien connue des grammairiens portugais et explique pourquoi les locuteurs natifs pensent rarement à ces formes comme à deux systèmes séparés dans leur intuition ordinaire : la forme se ressemble assez souvent pour que la distinction réside principalement dans la conjonction qui a introduit la proposition, et non dans la terminaison verbale elle-même. C’est avec les verbes irréguliers que les deux systèmes se séparent visiblement ; voilà pourquoi ir, ser et ter sont les exemples pédagogiques les plus nets : para eu ir (infinitif personnel, d’apparence régulière) à côté de quando eu for (futur du subjonctif, irrégulier) rend la différence sous-jacente concrète plutôt qu’abstraite.

Traitez cette section, honnêtement, comme ce guide traite le futur du subjonctif : comprenez-la clairement à la première lecture, puis rencontrez-la des centaines de fois dans de vraies phrases avant qu’elle devienne automatique. Les deux systèmes récompensent bien davantage la reconnaissance de modèles née d’un grand volume d’exposition que le fait de redéduire la règle au milieu d’une conversation ; mais cette règle, exposée avec autant de soin, donne à cette exposition ultérieure quelque chose de solide à reconnaître.

Comment fonctionne l’impératif portugais et quel lien a-t-il avec tu/você ?

Une fois le subjonctif présent des sections précédentes acquis, la plus grande partie de l’impératif n’est plus nouvelle : les seuls éléments vraiment nouveaux sont l’ordre affirmatif avec tu et une courte liste d’irréguliers ; tout le reste emprunte directement le subjonctif déjà appris.

Ordre affirmatif avec tu : indicatif présent de tu, moins le -s final

VerbeForme tu au présentOrdre affirmatif avec tu
falarfalasfala
comercomescome
abrirabresabre
estarestásestá
dardásdá

Une courte liste de verbes fréquents se raccourcit davantage ou emploie un véritable impératif affirmatif irrégulier avec tu, au lieu du simple « présent moins -s » : ser → sê, ter → tem, vir → vem, fazer → faz, dizer → diz, pôr → põe, ir → vai. Sê bonzinho. (Sois gentil.) Tem paciência. (Aie de la patience.) Diz a verdade. (Dis la vérité.)

Tout le reste est au subjonctif présent

L’ordre négatif avec tu, ainsi que les deux polarités des ordres avec você, nós et vocês, emploient simplement la forme du subjonctif présent correspondant à cette personne — exactement le même modèle que l’espagnol utilise pour les ordres négatifs et formels.

PersonneAffirmatifNégatifSource
tufala / come / partenão fales / não comas / não partasAffirmatif : indicatif présent moins -s (ou irrégulier). Négatif : subjonctif présent.
vocêfale / coma / partanão fale / não coma / não partaLes deux : subjonctif présent (identique dans les deux polarités, car você est déjà à la troisième personne).
nósfalemos / comamos / partamosnão falemos / não comamos / não partamosLes deux : subjonctif présent. « Vamos! » (allons-y) remplace irrégulièrement « vamos », la forme du subjonctif, seulement à l’affirmatif — même coïncidence qu’en espagnol.
vocêsfalem / comam / partamnão falem / não comam / não partamLes deux : subjonctif présent.

Comme você est grammaticalement à la troisième personne, son ordre affirmatif n’a pas besoin d’une forme spéciale hors subjonctif comme tu — fale est déjà la forme du subjonctif ; il n’y a donc rien d’autre à apprendre que le tableau ci-dessus.

Place des pronoms avec les ordres

Cela renvoie directement à la section sur le placement des clitiques : dans la norme écrite, surtout en EP, les pronoms objets et réfléchis se placent à la fin d’un ordre affirmatif et devant un ordre négatif. Diga-me a verdade. (Dites-moi la vérité.) Não me diga isso. (Ne me dites pas cela.) Sente-se, por favor. (Asseyez-vous, s’il vous plaît.) Não se sente aí. (Ne vous asseyez pas là.) Comme l’expliquait la section sur le placement des clitiques, le portugais brésilien parlé place souvent le pronom devant le verbe même à l’affirmatif, surtout dans les registres familiers : Me diga a verdade à côté du plus formel Diga-me a verdade.

Ordres familiers en BP : formes impératives de tu adressées à você

Une note prudente et honnête s’impose : dans le portugais brésilien parlé très familier, les ordres se construisent très souvent avec la forme impérative courte de style tu, que le système pronominal du locuteur emploie tu ou você, car cette forme courte (vem, vai, fala, olha, espera) est devenue dans tout le pays la forme d’ordre familière par défaut. Vem cá! (Viens ici !) s’entend partout au Brésil, y compris chez des locuteurs qui emploient autrement exclusivement você et ne diraient jamais tu vens. L’ordre au subjonctif fondé sur você, considéré comme « correspondant » (venha cá), existe toujours et paraît plus formel ou poli en comparaison, mais la forme courte domine dans la langue familière.

Por ou para : comment savoir laquelle employer et comment fonctionnent les contractions ?

La différence fondamentale suit la logique que vous connaissez peut-être déjà en espagnol : para indique un but — destination, échéance, objectif ou destinataire — tandis que por indique une cause derrière quelque chose déjà en mouvement — raison, moyen, échange ou durée. Le portugais se distingue vraiment de l’espagnol par le système de contractions qui s’ajoute à por.

Emplois de para

EmploiExemple
But / objectif (« afin de »)Estudo para aprender. (J’étudie pour apprendre.)
DestinataireIsto é para você. (C’est pour vous.)
DestinationVou para São Paulo amanhã. (Je vais à São Paulo demain.)
Échéance / moment donnéPreciso disso para segunda-feira. (J’en ai besoin pour lundi.)
Emploi (« travailler pour »)Trabalho para uma empresa francesa. (Je travaille pour une entreprise française.)
Opinion (« pour moi... »)Para mim, esta é a melhor opção. (Pour moi, c’est la meilleure option.)

Emplois de por et ses contractions obligatoires

EmploiExemple
Cause / raison (« à cause de »)Obrigado pela ajuda. (Merci pour / grâce à votre aide.)
DuréeViajamos por três dias. (Nous avons voyagé pendant trois jours.)
Moyen / méthodeFalamos por telefone. (Nous avons parlé par téléphone.)
Mouvement « à travers / le long de / dans »Caminhamos pelo parque. (Nous avons marché dans le parc.)
Échange / prix (« en échange de »)Paguei vinte reais pelo livro. (J’ai payé vingt reais pour le livre.)
Agent du passif (« par »)O livro foi escrito por Camões. (Le livre a été écrit par Camões.)
Moment ou lieu approximatif (« vers »)Chego pela manhã. (J’arriverai dans la matinée.)

Contrairement à l’espagnol, qui ne contracte jamais por avec l’article (l’espagnol écrit simplement por el parque, en deux mots), le portugais fusionne obligatoirement por avec l’article défini qui le suit : por + o = pelo, por + a = pela, por + os = pelos, por + as = pelas. Écrire por o parque au lieu de pelo parque est simplement incorrect en portugais standard, et non une variante acceptable.

Paires minimales côte à côte

  • Isto é para você. (C’est pour vous — para, le destinataire.) contre Fiz isso por você. (J’ai fait cela pour / à cause de vous — por, la raison motivante.)
  • Estudo para a prova. (J’étudie pour l’examen — para, le but.) contre Estudei por duas horas. (J’ai étudié pendant deux heures — por, la durée.)
  • Troquei o carro por uma moto. (J’ai échangé la voiture contre une moto — por, l’échange.) contre Comprei um presente para ela. (J’ai acheté un cadeau pour elle — para, le destinataire.)

Comment fonctionnent la négation et les questions en portugais ?

La négation suit la même logique que dans les langues romanes : les « doubles négations » sont obligatoires, et non interdites. Les questions sont heureusement l’un des systèmes les plus souples du portugais pour une personne anglophone : il n’existe pas d’équivalent du do ajouté en anglais et, dans le portugais brésilien courant en particulier, on peut conserver l’ordre des mots d’une phrase ordinaire et laisser la seule intonation indiquer qu’il s’agit d’une question.

Négation simple et double négation

Não se place directement avant le verbe : Não falo francês. (Je ne parle pas français.) Lorsqu’un mot négatif suit le verbe, não reste obligatoire devant ce mot : c’est la structure correcte et obligatoire, et non une erreur à éviter : Não vejo ninguém. (Je ne vois personne — littéralement « je ne vois personne ».) Não tenho nada. (Je n’ai rien.) Lorsque le mot négatif vient avant le verbe, on supprime au contraire não, car le mot négatif remplit déjà cette fonction : Ninguém veio. (Personne n’est venu.)

Former les questions : l’intonation plutôt que l’inversion

La question fermée la plus simple a souvent exactement le même ordre des mots que l’affirmation ; seule l’intonation montante à l’oral et le point d’interrogation à l’écrit la signalent : Você fala português? (Parlez-vous portugais ?) a le même ordre des mots que Você fala português. (Vous parlez portugais.) C’est un véritable soulagement pour la personne qui apprend, puisqu’il n’y a ni auxiliaire équivalent à do à ajouter ni inversion sujet-verbe obligatoire.

C’est précisément ici que la tendance bien connue du PB à conserver l’ordre déclaratif se voit le plus clairement : le portugais brésilien familier conserve souvent le sujet avant le verbe même dans les questions interrogatives partielles, là où les registres plus formels ou le portugais européen peuvent inverser. La forme familière Você vai aonde? (littéralement « vous allez où ? ») est tout à fait naturelle à côté de la forme plus standard des manuels Aonde você vai? Le portugais européen, quant à lui, emploie très couramment une tournure clivée avec é que pour encadrer une question, surtout à l’oral : Onde é que ele mora? (littéralement « Où est-ce qu’il habite ? », simplement « Où habite-t-il ? ») — une tournure bien moins fréquente dans le portugais brésilien de tous les jours.

Mots interrogatifs

PortugaisFrançaisExemple
o que / quequoi / queO que você quer? (Que voulez-vous ?)
quemquiQuem é ela? (Qui est-elle ?)
qual / quaisquel / lequel (choix)Qual você prefere? (Lequel préférez-vous ?)
comocommentComo você está? (Comment allez-vous ?)
ondeoùOnde você mora? (Où habitez-vous ?)
aondeoù (vers où, avec des verbes de mouvement)Aonde você vai? (Où allez-vous ?)
quandoquandQuando você chega? (Quand arrivez-vous ?)
quanto/a/os/ascombienQuantos anos você tem? (Quel âge avez-vous ?)

Por que, por quê, porque, porquê : quatre formes distinctes, sans équivalent espagnol aussi précis

C’est une difficulté bien connue, qui fait trébucher les locuteurs natifs aussi souvent que les personnes qui apprennent la langue. Elle mérite son propre tableau détaillé, car l’espagnol ne distingue que deux formes (por qué et porque), alors que le portugais en distingue quatre.

FormeFonctionExemple
por que (deux mots, sans accent)« pourquoi », au début ou à l’intérieur d’une question directe ou indirectePor que você chegou tarde? (Pourquoi êtes-vous arrivé en retard ?)
por quê (deux mots, avec accent)« pourquoi », employé seul ou tout à la fin d’une phraseVocê chegou tarde. Por quê? (Vous êtes arrivé en retard. Pourquoi ?)
porque (un mot, sans accent)« parce que » — la conjonction qui répond à une question en « pourquoi »Cheguei tarde porque perdi o ônibus. (Je suis arrivé en retard parce que j’ai raté le bus.)
porquê (un mot, avec accent)« la raison / le pourquoi », employé comme nomNão entendo o porquê disso. (Je ne comprends pas la raison de cela.)

Une règle pratique : deux mots lorsque la forme pose une question (directement, avec un point d’interrogation, ou dans une affirmation qui rapporte une question), un mot lorsqu’elle y répond ou lorsqu’elle désigne « la raison » comme un nom. L’accent apparaît précisément lorsque le mot n’est PAS suivi immédiatement par la suite de la phrase : soit parce qu’il est employé seul, qu’il termine la phrase ou qu’il est un nom.

Les prépositions portugaises et les associations verbe + préposition

Les prépositions sont l’un des domaines où la logique interne d’une langue refuse simplement de correspondre nettement à celle d’une autre. Le portugais réserve une surprise structurelle aux personnes qui connaissent l’espagnol : il n’a pas de « a personnel » espagnol.

Prépositions essentielles

PrépositionSens principal / sens principauxExemple
aà, vers (direction, temps)Vou a Lisboa. (Je vais à Lisbonne.)
dede, depuis, à propos de ; possession ; matièreEla é do Brasil. (Elle est du Brésil.)
emdans, sur, à (lieu)Está na mesa. (C’est sur la table.)
comavecVou com meus amigos. (Je vais avec mes amis.)
semsansCafé sem açúcar. (Café sans sucre.)
sobresur, à propos de, au-dessus deUm livro sobre história. (Un livre sur l’histoire.)
entreentre, parmiEntre você e eu. (Entre vous et moi.)
atéjusqu’à, mêmeAté amanhã. (À demain.)
desdedepuis, à partir deMoro aqui desde 2015. (J’habite ici depuis 2015.)
durantependantDurante o verão. (Pendant l’été.)
apósaprès (assez formel ; depois de est plus courant)Após a reunião, saímos. (Après la réunion, nous sommes partis.)

Pas de « a personnel » : une véritable différence structurelle avec l’espagnol

L’espagnol place a devant un complément d’objet direct humain précis, sans équivalent en anglais (Veo a mi hermana). Le portugais n’a aucun marqueur de ce type : les compléments d’objet directs, qu’il s’agisse de personnes ou de choses, ne prennent jamais de préposition : Vejo minha irmã. (Je vois ma sœur — sans a, directement.) Procuro o João. (Je cherche João — là encore, aucun marqueur personnel ; l’article devant le prénom est ici un phénomène distinct, traité dans les sections sur les articles et la crase, et non un marqueur du complément d’objet.) Si l’espagnol est votre point de référence, désapprenez activement le réflexe d’ajouter quoi que ce soit devant un complément d’objet direct portugais.

Associations verbe + préposition

Portugais (avec sa préposition)Équivalent français
gostar deaimer (littéralement « aimer de »)
pensar empenser à
depender dedépendre de
sonhar comrêver de
casar-se comépouser, se marier avec
lembrar-se dese souvenir de (en PB familier, on omet souvent à la fois se et de : lembrei o nome au lieu de lembrei-me do nome)
esquecer-se deoublier (même simplification du PB familier que pour lembrar-se de)
precisar deavoir besoin de (en PB familier, on omet couramment de : preciso ligar au lieu de preciso de ligar)
assistir aregarder / assister à (en PB familier, on omet couramment a et le verbe devient directement transitif : assisti o filme au lieu de assisti ao filme)
obedecer aobéir à
consistir emconsister en

Remarquez combien de ces formes comportent une indication claire sur le fait que le portugais brésilien familier simplifie ou supprime entièrement la préposition « prescrite ». Ce n’est pas de la négligence : c’est une caractéristique réelle et très répandue du PB parlé au quotidien, à laquelle l’écriture formelle résiste encore. Reconnaissez les deux formes ; employez de préférence la forme complète, avec la préposition, à l’écrit et dans les contextes formels.

Les pronoms relatifs : que, quem, o qual, cujo, onde

Les pronoms relatifs relient une proposition à un nom déjà mentionné. Ils remplissent le rôle de « que / qui / dont / où » en français. Le portugais les choisit selon que l’antécédent est une personne ou une chose, qu’une préposition est en jeu ou non, et selon le degré de formalité du registre.

Que : le pronom relatif par défaut, polyvalent

Que est de très loin le choix le plus courant. Il convient aussi bien aux personnes qu’aux choses tant qu’aucune préposition n’est directement en jeu : O livro que comprei é interessante. (Le livre que j’ai acheté est intéressant.) A mulher que mora ali é minha tia. (La femme qui habite là est ma tante.) Contrairement au « that » anglais, qui peut souvent être omis (« the book I bought »), que n’est jamais facultatif en portugais.

Quem : uniquement pour les personnes, généralement après une préposition

Quem renvoie exclusivement aux personnes et est surtout nécessaire juste après une préposition : A pessoa com quem falei (La personne avec qui j’ai parlé), et non com que falei.

O qual / a qual et sa famille accordée

O qual, a qual, os quais, as quais s’accordent en genre et en nombre avec le nom qu’ils remplacent. Ils s’emploient surtout après des prépositions plus longues ou lorsqu’un simple que serait ambigu : A empresa para a qual trabalho fica no centro. (L’entreprise pour laquelle je travaille est au centre-ville.)

Cujo : « dont », accordé avec la chose possédée

Cujo/cuja/cujos/cujas se traduit par « dont » et — exactement comme en espagnol — s’accorde avec la chose possédée, et non avec le possesseur. Cette règle va à l’encontre du réflexe que donne l’anglais : o autor cujo livro li (l’auteur dont j’ai lu le livre — cujo est masculin parce que livro est masculin). Cujo est nettement formel ou littéraire ; à l’oral courant, on reformule très souvent la phrase pour l’éviter entièrement.

Onde : où

Onde sert pour un lieu physique : a cidade onde moro (la ville où j’habite). Lorsqu’une préposition autre que « dans » est nécessaire, le portugais préfère souvent em que ou une construction préposition + qual : a casa em que cresci (la maison dans laquelle j’ai grandi), ici fonctionnellement interchangeable avec onde cresci.

Comment fonctionnent les phrases conditionnelles en portugais, y compris se + futur du subjonctif ?

Cette section rassemble plusieurs systèmes déjà étudiés — le futur du subjonctif, l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, ainsi que le conditionnel — dans une seule structure. C’est précisément ici que le portugais se distingue le plus visiblement de l’espagnol, car ses conditions futures réelles et ouvertes emploient un temps dédié que l’espagnol n’a tout simplement pas.

Les trois grands types, en un coup d’œil

TypeTemps de la proposition avec seTemps de la proposition résultatSens
1. Réel / ouvert, orienté vers l’avenirFuturo do subjuntivoPrésent, futuro do presente ou ir + infinitifUne condition future réellement ouverte, en attente
2. Hypothétique / peu probableImperfeito do subjuntivoFuturo do pretérito (conditionnel)Contraire aux faits présents, ou simplement peu probable
3. Passé contraire aux faitsMais-que-perfeito do subjuntivoConditionnel passé (teria + participe)Une condition passée qui ne s’est PAS réalisée

Type 1 : se + futur du subjonctif — la structure que l’espagnol n’a pas

Pour une condition future précise et réellement ouverte, le portugais standard emploie le futur du subjonctif dans la proposition avec se, et non le présent de l’indicatif que l’espagnol utiliserait ici : Se eu tiver tempo amanhã, vou visitar você. (Si j’ai le temps demain, je vous rendrai visite.) Le réflexe d’une personne qui parle espagnol — si tengo tiempo, au présent de l’indicatif — ne se transpose tout simplement pas ; le portugais demande se eu tiver, au futur du subjonctif. C’est une application directe et pratique de la section sur le futur du subjonctif ci-dessus : se est l’une de ses principales conjonctions déclencheuses, et les phrases conditionnelles sont l’endroit où il apparaît le plus souvent dans la conversation réelle.

  • Se você quiser, podemos sair. — Si vous le voulez, nous pouvons sortir.
  • Se ela vier, avise-me. — Si elle vient, prévenez-moi.
  • Se eu puder, ajudo você amanhã. — Si je peux, je vous aiderai demain.

Le portugais permet aussi se + présent de l’indicatif pour des vérités générales et habituelles, plutôt que pour un cas futur précis ; dans ce cas plus restreint, il se rapproche davantage de l’espagnol : Se chove, não saio. (S’il pleut / quand il pleut [en général, habituellement], je ne sors pas.)

Type 2 : conditions hypothétiques ou peu probables

Ce type correspond étroitement à l’espagnol, et l’imperfeito do subjuntivo y remplit sa fonction la plus reconnaissable : Se eu tivesse dinheiro, viajaria pelo mundo. (Si j’avais de l’argent, je voyagerais dans le monde entier.) Se você fosse eu, o que faria? (Si vous étiez à ma place, que feriez-vous ?)

Type 3 : conditions passées contraires aux faits

Ce type se construit avec le mais-que-perfeito do subjuntivo et le conditionnel passé : Se eu tivesse estudado, teria passado. (Si j’avais étudié, j’aurais réussi.) Se não tivesse chovido, teríamos saído. (S’il n’avait pas plu, nous serions sortis.)

Como se : « comme si », toujours au subjonctif

Exactement comme en espagnol, como se (« comme si ») exige toujours le subjonctif, car il décrit quelque chose qui n’est pas réellement vrai — l’imperfeito pour un « comme si » simultané, le mais-que-perfeito pour un fait antérieur : Ele fala como se soubesse tudo. (Il parle comme s’il savait tout.) Agiu como se nada tivesse acontecido. (Il a agi comme si rien ne s’était passé.)

La voix passive, le passif avec se et le se impersonnel

Comme l’espagnol, le portugais possède deux constructions véritablement distinctes à valeur passive. Et, comme en espagnol, les locuteurs natifs utilisent bien plus souvent dans la vie courante la construction avec se que le passif « des manuels ».

Le vrai passif : ser + participe passé

Il se construit avec une forme de ser et le participe passé, lequel s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. L’agent peut être indiqué avec por : A casa foi construída em 1990. (La maison a été construite en 1990.) O livro foi escrito por Camões. (Le livre a été écrit par Camões.) Cette construction a un ton assez formel ou journalistique ; dans les deux variétés, l’oral courant emploie bien plus souvent le passif avec se présenté ci-dessous.

Se-passiva : l’alternative du quotidien

Se suivi d’un verbe conjugué à la troisième personne, accordé en nombre avec le sujet logique, est la façon standard et courante d’exprimer « X est / a été fait » sans nommer la personne qui le fait : Vendem-se casas. (Maisons à vendre.) Aluga-se apartamento. (Appartement à louer.) Fala-se português aqui. (On parle portugais ici.)

Il faut le signaler clairement : la grammaire normative exige que le verbe s’accorde en nombre avec le nom qui le suit (vendem-se casas, verbe pluriel accordé avec le pluriel casas). Cependant, l’usage familier — surtout au Brésil, et de plus en plus aussi dans le portugais européen informel — laisse souvent le verbe au singulier dans tous les cas, en traitant toute la séquence se + verbe comme un bloc fixe et invariable : dans l’usage familier, Vende-se casas, bien que casas soit au pluriel. C’est une véritable distinction, attestée, entre l’usage normatif et l’usage quotidien, et non une faute d’orthographe à corriger silencieusement.

Se impersonnel : aucun sujet logique

Lorsqu’il n’y a aucun nom avec lequel s’accorder — souvent avec un verbe intransitif ou pour décrire ce que « les gens en général » font — le verbe reste à la troisième personne du singulier : Vive-se bem aqui. (On vit bien ici / La vie est belle ici.) Diz-se que vai chover. (On dit qu’il va pleuvoir.) Ce se impersonnel est extrêmement courant dans les instructions et les recettes : Primeiro, aquece-se o óleo. (D’abord, on chauffe l’huile.)

Comme pour les impératifs et les autres constructions où l’enclise est employée par défaut, étudiées plus haut, notez la position : la norme écrite attache se après le verbe avec un trait d’union (vende-se, vive-se), tandis que le portugais brésilien familier le place souvent avant le verbe. Cela reflète la même préférence générale pour la proclise, décrite dans la section sur la position des clitiques.

Comment fonctionne le discours indirect en portugais ?

Le discours rapporté (indirect) intègre les paroles originales de quelqu’un dans votre propre phrase à l’aide de que. Il modifie les temps de la même manière que le « recul des temps » en anglais (« I am hungry » devient « she said she was hungry ») lorsque le verbe introducteur est lui-même au passé.

Discours direct et discours rapporté

  • Direct : João disse: "Estou cansado." — João a dit : « Je suis fatigué. »
  • Rapporté : João disse que estava cansado. — João a dit qu’il était fatigué.

Le recul des temps

Temps original (discours direct)Devient (verbe introducteur au passé)Exemple
PresenteImperfeito"Moro aqui." → Disse que morava aqui.
Pretérito perfeitoMais-que-perfeito"Comi." → Disse que tinha comido.
Futuro do presenteFuturo do pretérito"Irei." → Disse que iria.
Presente do subjuntivoImperfeito do subjuntivo"Espero que venha." → Disse que esperava que viesse.
ImperativoImperfeito do subjuntivo, sous la forme d’un ordre indirect"Venha aqui!" → Disse para eu vir aqui / que eu viesse aqui.

Lorsque le verbe introducteur est au présent, aucun recul des temps n’est nécessaire : João diz que está cansado. (João dit qu’il est fatigué — le présent est conservé.)

Changements de pronoms et de mots de temps

Le discours rapporté adapte également les pronoms et les mots de temps ou de lieu au point de vue du nouveau locuteur, comme en anglais : aqui→ali/lá (ici→là), hoje→naquele dia (aujourd’hui→ce jour-là), amanhã→no dia seguinte (demain→le lendemain), ontem→no dia anterior (hier→la veille). Les questions fermées rapportées utilisent se (« si ») au lieu de que : "Você vem?" devient Perguntou se eu vinha. (Il a demandé si je venais.)

Comment fonctionnent les nombres, les dates et l’heure en portugais ?

Les nombres portugais réservent une surprise grammaticale aux personnes anglophones : contrairement à presque tous les autres nombres, um/uma et les centaines de 200 à 900 s’accordent en genre avec le nom qu’ils comptent.

Nombres cardinaux de 0 à 20 et principaux nombres ronds

NombrePortugaisNombrePortugais
0zero11onze
1um / uma12doze
2dois / duas13treze
3três15quinze
4quatro20vinte
5cinco30trinta
6seis50cinquenta
7sete100cem / cento (cento e um)
8oito200duzentos / duzentas
9nove1.000mil
10dez1.000.000um milhão

um livro / uma casa ; dois livros / duas casas ; duzentos reais / duzentas pessoas — l’accord se maintient jusqu’aux centaines (300 trezentos/trezentas, 500 quinhentos/quinhentas, etc.), contrairement à l’anglais, où les nombres ne changent jamais de forme selon le nom qu’ils comptent.

Dates

Les dates portugaises suivent l’ordre jour-mois-année, avec la construction dia + [nombre] + de + [mois] + de + [année] : Hoje é dia 12 de agosto de 2026. L’usage brésilien préfère généralement l’ordinal primeiro précisément pour le premier jour du mois (primeiro de janeiro), tandis que l’usage européen emploie plus souvent le cardinal simple même pour le premier (um de janeiro/dia um). Tous les autres jours du mois emploient un nombre cardinal dans les deux variétés (dia dois, dia três...), et non un ordinal.

Donner l’heure

ExpressionSens
Que horas são?Quelle heure est-il ?
É uma hora. / São duas horas.Il est une heure. / Il est deux heures. (é au singulier pour « une », são au pluriel dans les autres cas)
meio-dia / meia-noitemidi / minuit
e meiaet demie
e quinze / e um quartoet quart
quinze para as três (PB) / três menos um quarto (EP)trois heures moins le quart — une véritable différence PB/EP dans la façon de dire les « minutes avant l’heure »

Pour exprimer une durée écoulée, on utilise há ou faz, deux formes standard dans toutes les variétés : Moro aqui há dois anos. / Faz dois anos que moro aqui. (J’habite ici depuis deux ans.)

Comment fonctionnent les diminutifs et les augmentatifs portugais, et quelle nuance apportent-ils ?

En portugais, les diminutifs et les augmentatifs ne concernent pas seulement la taille physique : ils ont un rôle émotionnel et social réel et constant dans la langue quotidienne : affection, politesse, atténuation, ironie et insistance. Si vous considérez -inho comme signifiant seulement « petit », vous manquerez une grande partie de ce qu’il fait réellement dans une phrase.

Formation : -inho/-inha et -zinho/-zinha

ModèleCas d’emploiExemple
-inho / -inhaLa plupart des noms et adjectifs qui se terminent par une voyelle non accentuéecasa → casinha (petite maison), gato → gatinho (chaton)
-zinho / -zinhaLes mots qui se terminent par une voyelle accentuée, une consonne nasale ou certaines consonnes, où l’on insère un -z- de liaisoncafé → cafezinho (petit café / expresso), mulher → mulherzinha, cão → cãozinho

Cafezinho mérite qu’on s’y arrête : ce mot est devenu, dans les faits, un élément lexical à part entière en portugais brésilien. Il désigne précisément un petit café fort, consommé au quotidien — un repère culturel, proposé naturellement dans les maisons et les bureaux — et non simplement « un petit café » au sens littéral et compositionnel. Cette lexicalisation, lorsqu’un diminutif se fixe comme mot courant à part entière, est assez fréquente dans la langue pour qu’il soit utile d’y être attentif.

Le vrai rôle des diminutifs : affection, atténuation, minimisation, ironie

  • Affection : gatinho peut désigner littéralement un « chaton » ou être un terme affectueux pour une personne (« mignon / mignonne »). Les parents et les amis proches utilisent constamment les diminutifs pour exprimer la chaleur affective, et non la petite taille : filhinho (cher enfant / petit), amorzinho (mon amour / petit amour).
  • Adoucir une demande ou la faire paraître plus petite et plus facile à accorder : Espera um minutinho. (Attendez juste une petite minute — plus doux et plus familier que Espera um minuto.) Você pode me ajudar com uma coisinha? (Pouvez-vous m’aider avec une petite chose ? — cela minimise l’importance du service demandé.)
  • Minimiser l’importance ou dédramatiser : É só um probleminha. (Ce n’est qu’un tout petit problème — on réduit délibérément la gravité de ce qui est dit.)
  • Ironie ou légère condescendance : le ton et le contexte peuvent faire passer un diminutif de l’affection à un rejet subtil : Que ideia boazinha... (Quelle « jolie petite » idée..., dit avec un sarcasme évident) dépend entièrement de la façon de le dire pour signaler que ce n’est pas un compliment.

L’augmentatif -ão

Le suffixe inverse -ão ajoute une idée de taille, d’impression ou d’insistance. Comme le diminutif, il porte souvent une nuance qui dépasse la simple taille : casa → casarão (une grande maison impressionnante, proche d’un manoir), carro → carrão (une grande voiture impressionnante, avec un ton enthousiaste ou admiratif), mulher → mulherão (familier, une femme impressionnante ou remarquable — argot admiratif, courant à l’oral), solteiro → solteirão (un célibataire endurci, de longue date — l’augmentatif porte ici sur le statut ou la durée, et non sur la taille).

Une vraie mise en garde : -ão est aussi la syllabe finale ordinaire d’un grand nombre de noms totalement indépendants qui ne sont les augmentatifs de rien du tout. cão (chien), pão (pain), irmão (frère), coração (cœur) ne sont pas des versions « grandes » d’un mot racine plus petit ; ce sont simplement des noms qui se terminent par -ão. Ne cherchez pas automatiquement à retirer ce suffixe de chaque mot en -ão que vous rencontrez pour trouver une forme de base plus petite qui n’existe pas.

Comment le registre et les formes d’adresse varient-ils entre le Brésil, le Portugal et le reste du monde lusophone ?

Le portugais est une langue officielle ou co-officielle sur quatre continents. Plus de 200 millions de personnes le parlent comme première langue ou langue dominante. Le traiter comme si le Brésil et le Portugal résumaient toute l’histoire minimise la façon dont cette langue vit réellement dans le monde. Cette section reste volontairement générale lorsque les particularités du registre oral d’un pays donné sont moins établies ou moins documentées que la distinction centrale entre le Brésil et le Portugal, abordée dans le reste de ce guide.

Brésil

Les formes d’adresse fondées sur você dominent les registres informels dans tout le pays, avec des zones régionales où tu est employé, comme l’explique la section sur les pronoms. Dans les interactions sociales brésiliennes, on tend, selon une généralisation prudente et non une règle stricte, vers un registre un peu plus égalitaire et immédiatement fondé sur le prénom ou l’informel dans les contextes commerciaux et de service du quotidien que ne le fait par défaut le portugais européen. Cependant, o senhor/a senhora reste pleinement employé pour marquer clairement le respect envers les personnes âgées ou dans des situations de service formelles.

Portugal

La distinction entre tu et você reste vivante et socialement importante, comme expliqué en détail plus haut : tu pour la famille, les amis et les pairs ; você pour un registre plus distant, parfois ambigu, que beaucoup de locuteurs évitent activement en utilisant un nom ou un verbe nu à la troisième personne plutôt qu’en choisissant un pronom ; o senhor/a senhora pour une formalité claire. Le portugais européen recourt aussi davantage à la tournure clivée avec é que dans les questions, et conserve há, l’enclise et le progressif estar a + infinitif comme formes usuelles par défaut, comme indiqué tout au long de ce guide.

Angola et Mozambique

Le portugais est l’unique langue officielle de l’Angola et une langue officielle du Mozambique. L’enseignement scolaire dans les deux pays a historiquement suivi d’assez près les normes du portugais européen, en raison de l’histoire coloniale et éducative commune. En Angola particulièrement, le portugais est une première langue native ou dominante pour une part importante et croissante de la population urbaine, surtout à Luanda et dans ses environs. Au Mozambique, le portugais est plus souvent une seconde langue et une lingua franca, aux côtés des langues bantoues qui restent la première langue de la majorité de la population hors des grandes villes. Dans les deux pays, les registres oraux du quotidien montrent de véritables influences locales — surtout dans le vocabulaire et la prononciation — issues des langues bantoues locales. Un corpus croissant de littérature et de médias angolais et mozambicains reflète ce caractère local. Ce guide garde cette section générale au lieu d’affirmer des divergences grammaticales précises qu’il ne peut pas vérifier en détail ; pour la personne qui apprend, l’hypothèse de travail la plus sûre est que le portugais angolais et mozambicain écrit formel suit assez étroitement la norme européenne, tandis que les registres oraux quotidiens varient davantage.

Autres pays et territoires lusophones

Pays / territoireStatut du portugais
Cap-VertLangue officielle ; la plupart des échanges quotidiens se font en créole capverdien (Kriolu), tandis que le portugais domine dans l’enseignement, l’administration et l’écrit formel — une situation de diglossie.
Guinée-BissauLangue officielle, parlée comme première langue par une minorité ; le créole bissau-guinéen est la langue quotidienne la plus largement parlée.
São Tomé-et-PríncipeLangue officielle, aux côtés de créoles locaux.
Timor oriental (Timor-Leste)Co-officielle avec le tétoum, elle a été réintroduite après l’indépendance comme marqueur d’identité nationale et de lien international.
MacaoHistoriquement officielle sous l’administration portugaise ; son usage quotidien est aujourd’hui bien plus réduit, le cantonais et le mandarin dominant, mais le portugais conserve un statut cérémoniel et juridique limité.

Ces pays, avec le Brésil, le Portugal, l’Angola et le Mozambique, forment la CPLP (Comunidade dos Países de Língua Portuguesa), la Communauté des pays de langue portugaise. C’est un terme utile à connaître si vous cherchez du matériel authentique au-delà du Brésil et du Portugal, car il constitue la référence générale habituelle pour l’ensemble du monde lusophone.

Quels sont les principaux faux amis portugais avec l’anglais et l’espagnol ?

Les faux amis — des mots qui ressemblent à un mot que vous connaissez déjà mais qui ont un sens différent — constituent un risque réel et pratique en portugais. En effet, une grande partie du vocabulaire est reconnaissablement apparentée à l’anglais (par les emprunts au latin et au français) et à l’espagnol (par leur origine latine commune). Un peu de vigilance ciblée évite ici des erreurs dont on se souvient longtemps.

Faux amis avec l’anglais

Mot portugaisSemble vouloir direSignifie en réalitéLe mot réellement souhaité
pretenderfaire semblantavoir l’intention defingir (faire semblant)
assistiraider / assisterassister à / regarderajudar (aider)
constipadoconstipéavoir un rhume, être encombrépreso do intestino (constipé)
puxarpoussertirer (le contraire !) — mot célèbre sur les portesempurrar (pousser)
livrariabibliothèquelibrairiebiblioteca (bibliothèque)
novelaromanfeuilleton / série téléviséeromance (roman)
êxitosortiesuccèssaída (sortie)
atualactuelcourant, d’aujourd’huireal, verdadeiro (réel, véritable)
realizarse rendre compteréaliser, accomplir, faire se produireperceber, dar-se conta de (se rendre compte)
parentesparentsmembres de la famille (en général)pais (parents)

Faux amis avec l’espagnol

Puisque le portugais et l’espagnol partagent tant de vocabulaire apparenté, les ressemblances trompeuses sont ici sans doute plus dangereuses qu’avec l’anglais : leur proximité suffit à vous faire baisser complètement votre garde.

Mot portugaisSignifie en portugaisRessemble à l’espagnol......qui signifie en réalité
embaraçadagênée, embarrassée (sans danger)embarazadaenceinte — le faux ami portugais/espagnol le plus célèbre
esquisitobizarre, étrangeexquisitoexquis, raffiné
largolarge, vastelargolong (l’espagnol largo signifie « long », et non « large »)
escritóriobureauescritoriobureau, table de travail
borrachagomme, caoutchoucborrachaune femme ivre (espagnol familier)
ratosouris (l’animal, et la souris d’ordinateur en PB)ratoun moment, un certain temps (un buen rato — un bon moment)
acordarse réveilleracordar(se)être d’accord, ou se souvenir (espagnol acordarse)
todaviacependant, néanmoins (registre formel)todavíaencore, déjà
logobientôt, tout de suite (aussi « donc »)luegopuis, après, plus tard
brincarjouer (pour les enfants) — très fréquentbrincarsautiller / sauter (sens plus restreint et moins courant en espagnol)

Ce n’est pas une raison pour éviter de vous appuyer sur vos connaissances de l’espagnol lorsqu’elles vous aident réellement : le vocabulaire apparenté, les schémas de genre communs et un système verbal globalement semblable sont de vrais atouts. C’est une raison de vérifier le vrai sens portugais d’un mot les premières fois que vous le rencontrez, au lieu de supposer qu’un apparenté espagnol qui lui ressemble beaucoup se transpose sans changement, surtout dans les pièges précis et bien attestés du tableau ci-dessus.

Questions fréquentes

Comment fonctionne la grammaire portugaise pour les débutants ?

Pour les débutants, la grammaire portugaise fonctionne comme un ensemble de systèmes liés : les noms et les adjectifs s’accordent en genre et en nombre, les verbes changent selon la personne, le temps et le mode dans trois conjugaisons, et les pronoms objets suivent des règles de placement différentes entre le Brésil et le Portugal. Commencez par le système sonore, surtout les voyelles nasales, puis passez au genre et aux articles, puis aux verbes au présent et à ser/estar/ficar. Ajoutez ensuite les temps du passé, le subjonctif et les deux caractéristiques emblématiques du portugais : l’infinitif personnel et le futur du subjonctif.

Quelle est la différence entre la grammaire du portugais brésilien et celle du portugais européen ?

Le portugais brésilien (PB) et le portugais européen (EP) partagent un même système grammatical, mais diffèrent dans la prononciation, le choix des pronoms et la position des clitiques. Le PB privilégie você avec les formes verbales de troisième personne pour le « tu / vous » informel et place les pronoms objets avant le verbe (me chamo João), tandis que l’EP maintient tu comme pronom informel courant et attache les pronoms à la fin du verbe (chamo-me João). À l’oral, le PB préfère aussi tem pour dire « il y a » là où l’EP utilise há, et il privilégie très largement le progressif périphrastique estou fazendo là où l’EP utilise estou a fazer.

Quand employer ser, estar ou ficar en portugais ?

Ser indique l’identité durable, les traits inhérents, l’origine, la matière et le temps : sou professor (je suis professeur). Estar indique les états temporaires, la position physique des personnes et des objets déplaçables, ainsi qu’une action en cours : estou cansado (je suis fatigué). Ficar couvre trois fonctions que l’espagnol et l’anglais répartissent entre d’autres mots : le lieu fixe des endroits (Onde fica o museu? — Où est le musée ?), le fait de devenir ou de changer d’état (ficou nervoso — il est devenu nerveux) et le fait de rester (fiquei em casa — je suis resté à la maison).

Qu’est-ce que l’infinitif personnel portugais et quand est-il obligatoire ?

L’infinitif personnel (infinitivo pessoal) est un infinitif qui reçoit des terminaisons de personne — falar, falares, falar, falarmos, falardes, falarem — et peut donc avoir son propre sujet, même à l’intérieur d’une proposition dont le sujet est différent de celui du verbe principal. Il est le plus clairement nécessaire après une préposition lorsque l’action subordonnée a un sujet différent de la proposition principale : É importante os alunos estudarem (Il est important que les élèves étudient), là où l’espagnol ou l’anglais devraient employer un subjonctif ou une proposition avec « que ». Comme il est construit directement sur l’infinitif, il ne change jamais pour les verbes irréguliers ; c’est la façon la plus claire de le distinguer du futur du subjonctif.

Qu’est-ce que le futur du subjonctif portugais et pourquoi est-il obligatoire ?

Le futur du subjonctif (futuro do subjuntivo) est une forme verbale propre aux événements qui ne se sont pas encore produits mais qui sont considérés comme réels lorsqu’ils se produiront : Quando eu for ao Brasil, vou visitar você (Lorsque j’irai au Brésil, je vous rendrai visite). L’anglais réutilise simplement le présent pour cela (« when I go ») et l’espagnol réutilise le présent du subjonctif ou de l’indicatif, mais le portugais le grammaticalise comme une forme distincte, construite sur le radical du prétérit. C’est pourquoi cette forme est souvent irrégulière, même pour des verbes par ailleurs réguliers. Elle est obligatoire après se, quando, assim que, enquanto et des conjonctions semblables, chaque fois que la proposition décrit un événement futur en attente plutôt qu’une hypothèse.

Pourquoi les voyelles nasales portugaises sont-elles si difficiles pour les anglophones ?

L’anglais n’a pas de voyelles nasales phonémiques : la nasalité se produit automatiquement devant une consonne nasale, mais elle ne change jamais à elle seule le sens d’un mot. En portugais, les voyelles nasales et orales sont des sons distincts qui différencient de vrais mots. Des mots comme mãe (mère) et mãos (mains) exigent donc une voyelle nasale et une diphtongue correctes, et non une approximation avec un « n » ou un « m » ajouté à la fin. Produire les diphtongues nasales en ão, ãe et õe est largement considéré comme la difficulté de prononciation la plus grande de la langue. Cela demande généralement une pratique soutenue de l’écoute et de l’imitation, plutôt qu’une règle à appliquer consciemment.

Quelle est la différence entre tu et você en portugais ?

Au Portugal, tu est le « tu » informel par défaut entre la famille, les amis et les pairs, tandis que você indique davantage de distance sociale et peut même paraître étrangement formel sans être tout à fait poli lorsqu’il s’adresse à une personne proche. Au Brésil, você est le « tu / vous » informel par défaut presque partout et se conjugue avec les formes verbales de troisième personne (você fala, et non você falas). Tu existe encore dans certaines régions, surtout dans le Sud et dans certaines parties du Nord-Est, et s’y conjugue souvent aussi avec les terminaisons de troisième personne (tu fala) au lieu de la forme normative tu falas. Dans les deux variétés, le respect formel s’exprime avec o senhor/a senhora et les formes verbales de troisième personne.

Où placer les pronoms objets portugais dans une phrase ?

Le portugais écrit standard, surtout au Portugal, emploie l’enclise par défaut : le pronom est attaché après le verbe avec un trait d’union, comme dans Chamo-me João. Certains éléments déclencheurs — la négation, les mots interrogatifs, les conjonctions de subordination et certains adverbes — attirent au contraire le pronom devant le verbe (proclise) : Não me chamo João. Une troisième option, plus littéraire, appelée mésoclise, insère le pronom à l’intérieur d’un verbe au futur ou au conditionnel : dar-te-ei (je vous donnerai). Le portugais brésilien, surtout à l’oral, préfère très largement la proclise et dit simplement Me chamo João, même là où la grammaire normative attendrait l’enclise.

Quelle est la différence entre pretérito perfeito et pretérito imperfeito ?

Le pretérito perfeito (falei, comi, parti) rapporte une action ou un événement achevé avec une limite claire, envisagé comme un tout terminé : Ontem choveu (Hier, il a plu — un fait délimité). Le pretérito imperfeito (falava, comia, partia) décrit l’arrière-plan, une action en cours, une action passée habituelle ou un état vrai à ce moment-là : Quando eu era criança, chovia muito (Quand j’étais enfant, il pleuvait beaucoup). Un test fiable : si la phrase française emploie naturellement « avait l’habitude de » ou « était en train de », le portugais demande l’imperfeito ; si elle rapporte un événement unique et achevé, il demande le perfeito.

Les Brésiliens disent-ils tem ou há pour dire « il y a » ?

Le portugais écrit formel, au Brésil comme au Portugal, utilise há, la forme existentielle impersonnelle de haver : Há muitas pessoas aqui (Il y a beaucoup de personnes ici). Dans le portugais brésilien parlé au quotidien, tem — littéralement la troisième personne du singulier de ter, « avoir » — est toutefois très largement préféré pour la même fonction : Tem muita gente aqui. Dans le portugais européen parlé, há conserve ce rôle de façon bien plus régulière que dans le portugais brésilien. Cette opposition entre tem et há est donc l’un des marqueurs quotidiens les plus fiables qui séparent le PB parlé de l’EP parlé.

Quelle est la différence entre por et para en portugais ?

Para indique un but, une destination, une échéance ou un destinataire : isto é para você (c’est pour vous). Por indique une cause, un moyen, un échange ou la durée à l’origine d’une action : obrigado pela ajuda (merci pour / grâce à votre aide). Contrairement à l’espagnol, le portugais contracte obligatoirement por avec l’article défini : por plus o/a/os/as devient pelo/pela/pelos/pelas. Ainsi, caminhamos pelo parque (nous avons marché dans le parc) est la seule forme écrite correcte, jamais caminhamos por o parque.

Comment fonctionnent les contractions d’articles portugaises comme no, na, do et da ?

Le portugais fusionne directement plusieurs prépositions avec l’article défini qui les suit : de + o/a devient do/da, em + o/a devient no/na, et a + o/a devient ao/à. Ces contractions sont obligatoires dans l’écrit standard, et non des options de style : o livro da Maria (le livre de Maria) et estou no escritório (je suis au bureau) sont les seules formes correctes. Cette fusion s’étend aussi aux démonstratifs (deste, nesse, àquele) et, plus familièrement, aux articles indéfinis (num, numa, dum, duma). La paire à/ao marque précisément la crase, c’est-à-dire la fusion de la préposition a avec un a féminin qui suit.

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Comment pratiquer la grammaire portugaise pour choisir les formes selon leur sens ?

La meilleure réponse à la question comment pratiquer la grammaire portugaise consiste à partir d’une situation réelle et à choisir la forme qui exprime le sens voulu, plutôt que de répéter isolément un tableau de conjugaison. Les tableaux sont utiles comme référence ; les phrases réelles demandent des choix entre état et lieu, limite d’un événement et arrière-plan, futur en attente et hypothèse, ainsi que sur l’identité réelle du sujet intégré.

Un atelier de grammaire portugaise de 30 minutes

  1. Minutes 1 à 5 : choisissez une opposition sur laquelle vous concentrer : ser/estar/ficar, pretérito perfeito/imperfeito, tem/há ou futur du subjonctif / infinitif personnel.
  2. Minutes 6 à 12 : comparez cinq paires de phrases fondées sur cette opposition et dites à voix haute, en français, quel sens change exactement entre elles.
  3. Minutes 13 à 20 : créez vos propres réponses à partir de situations courtes (une image, un souvenir, un projet pour demain), sans traduire mot à mot depuis le français.
  4. Minutes 21 à 26 : changez la personne, le cadre temporel ou le registre (PB ou EP), puis refaites les mêmes phrases.
  5. Minutes 27 à 30 : lisez vos phrases à voix haute et contrôlez les voyelles nasales, la position des clitiques et l’accord — les trois domaines où les petites erreurs restent cachées le plus longtemps.

Pourquoi les voyelles nasales portugaises et la réduction des voyelles en EP sont-elles particulièrement difficiles à entendre ?

Honnêtement, ces deux difficultés sont des problèmes d’oreille avant d’être des problèmes de bouche. Les voyelles nasales sont difficiles parce que l’anglais n’a jamais demandé à votre cerveau de traiter la nasalité comme une caractéristique porteuse de sens : toute votre vie, vous avez entendu les voyelles nasales et orales comme « le même son dans un contexte différent ». Le portugais vous demande de désapprendre cela et de les entendre comme des phonèmes réellement distincts. La réduction vocalique européenne est difficile pour une autre raison : des syllabes entières non accentuées se compressent ou disparaissent dans le débit rapide de l’EP. Un mot dont vous connaissez parfaitement la prononciation soignée, de dictionnaire, peut alors devenir méconnaissable dans une phrase réelle prononcée à vitesse native.

Aucune de ces difficultés ne se résout bien en lisant davantage d’explications — y compris celle-ci. Ce qui aide, c’est d’écouter de façon courte et répétée les mêmes quelques secondes d’un enregistrement natif, de les imiter immédiatement à voix haute, puis de comparer votre propre enregistrement à l’original. Les progrès sont lents et non linéaires pour presque tout le monde, et c’est normal, non le signe que vous vous y prenez mal.

En pratique, comment la position des clitiques diffère-t-elle entre le Brésil et le Portugal ?

Simplifiez la question en appliquant une règle pratique par variété tant que vous construisez encore votre aisance : si vous visez le portugais brésilien, placez par défaut le pronom avant le verbe (proclise) presque partout — me chamo, te amo, não se preocupe — et vous paraîtrez naturel dans une très grande majorité des phrases quotidiennes. Si vous visez le portugais européen, attachez par défaut le pronom après le verbe avec un trait d’union (enclise) dans les affirmations ordinaires — chamo-me, amo-te — et placez-le devant le verbe seulement lorsque vous entendez ou écrivez l’un des éléments qui déclenchent la proclise : une négation, un mot interrogatif, une conjonction de subordination ou certains adverbes.

Il est utile de reconnaître la mésoclise (dar-te-ei) à la lecture, mais il n’est pas utile de la produire activement avant d’être à l’aise avec le reste de ce guide : c’est une construction formelle et littéraire, même dans le portugais européen, et la plupart des locuteurs natifs de l’EP l’emploient beaucoup plus à l’écrit qu’en conversation.

Quelle est la différence réelle et pratique entre le futur du subjonctif et l’infinitif personnel ?

Dans sa version la plus courte, après l’explication détaillée plus haut dans ce guide : le futur du subjonctif répond à « cela arrivera-t-il, et quand ? », tandis que l’infinitif personnel répond à « qui fait cela ? ». Si vous êtes dans une proposition introduite par se, quando, assim que, enquanto ou une conjonction semblable qui indique l’avenir, et que l’événement ne s’est réellement pas encore produit, vous devez employer le futur du subjonctif. Si vous êtes dans une proposition introduite par une préposition — para, de, antes de, depois de, ao, sem — et que vous devez indiquer qui fait l’action intégrée, surtout si ce n’est pas le sujet de la proposition principale, vous devez employer l’infinitif personnel.

Lorsque vous ne vous souvenez vraiment pas de la forme qu’exige une phrase, appuyez-vous sur le mot déclencheur, et non sur la terminaison du verbe : c’est le mot déclencheur qui décide réellement et, pour les verbes réguliers, les deux formes s’écrivent de toute façon de la même manière. La distinction devient visible, et donc plus facile à intégrer, précisément avec les verbes irréguliers : gardez côte à côte dans votre esprit quando eu for (futur du subjonctif de ir) et para eu ir (infinitif personnel de ir) comme paire de référence.

Quelle est la version de référence rapide de ser, estar et ficar ?

Ser : ce que quelque chose est fondamentalement, par définition — identité, origine, matière, trait inhérent. Estar : un état temporaire, ou le lieu où se trouve maintenant une personne ou une chose déplaçable. Ficar : le lieu fixe d’un endroit qui ne se déplace pas, le passage à un nouvel état ou le fait de rester quelque part. En cas de doute sur le lieu d’un endroit en particulier — un magasin, un musée, une rue — choisissez d’abord ficar ; c’est l’endroit le plus courant où les habitudes de l’anglais et de l’espagnol conduisent à une erreur en portugais.

Pratique de la grammaire portugaise : choisir et expliquer

  1. Choisissez ser, estar ou ficar : A reunião ___ na sala 3.
  2. Choisissez ser, estar ou ficar : Nossa, como você ___ bonita hoje!
  3. Complétez avec le futur du subjonctif de saber : Se você ___ a resposta, me avise.
  4. Complétez avec l’infinitif personnel de sair : Depois de ___ (eles) do trabalho, foram jantar.
  5. Choisissez tem ou há pour un registre écrit soigné : ___ um problema sério aqui.
  6. Choisissez le pretérito perfeito ou l’imperfeito de ser : Eu ___ muito tímido quando era jovem.

Réponses et explications

  1. é. La position d’un événement programmé utilise ser, et non estar ou ficar.
  2. está. Une observation temporaire et actuelle sur l’apparence utilise estar, et non ser, qui indique un trait inhérent.
  3. souber. Se, qui introduit une condition future réellement ouverte, exige le futur du subjonctif, construit ici sur le radical irrégulier du prétérit soub-.
  4. saírem. Depois de est une préposition et le sujet (eles) diffère de tout sujet non exprimé de la proposition principale ; l’infinitif personnel indique donc qui part.
  5. Há. Le registre écrit formel conserve la forme existentielle normative de haver, plutôt que le tem familier de l’oral.
  6. era. Un trait de personnalité général et continu décrivant un état passé utilise l’imperfeito, et non le pretérito perfeito délimité.

Refaites ces exercices avec des verbes et des sujets différents et, lorsque c’est pertinent, sous les formes PB et EP que vous avez apprises. Cette recombinaison, et non la répétition des mêmes six phrases, est la réponse productive à la question comment pratiquer la grammaire portugaise.

Quels temps verbaux portugais une personne débutante doit-elle apprendre en premier ?

Commencez par le présent des verbes très fréquents, surtout ser, estar, ter et ir, car ir permet à lui seul d’employer le futur courant ir + infinitif. Ajoutez le pretérito perfeito et l’imperfeito dès que vous êtes prêt à raconter quoi que ce soit au passé, car la conversation réelle demande les deux presque immédiatement. Considérez le présent du subjonctif comme un objectif de début de niveau intermédiaire, et le futur du subjonctif ainsi que l’infinitif personnel comme des objectifs nettement intermédiaires : leur forme peut réellement s’apprendre tôt, mais ils ne s’intègrent de façon réaliste qu’avec une exposition soutenue pendant des mois.

Quand dois-je commencer à apprendre le futur du subjonctif et l’infinitif personnel ?

Une fois que votre présent, ser/estar/ficar et vos temps de base du passé sont stables, commencez à remarquer — sans encore les produire — le futur du subjonctif chaque fois que vous entendez se, quando ou assim que associés à un événement futur, et l’infinitif personnel chaque fois qu’une préposition est suivie d’un verbe avec son propre sujet exprimé. La reconnaissance précède largement la production aisée pour ces deux formes, et cet écart est tout à fait normal. N’attendez pas de vous sentir « prêt » : il n’existe pas de prérequis clair qui les déverrouille, seulement l’exposition.

Dois-je apprendre d’abord le portugais brésilien ou européen ?

Choisissez selon les personnes avec qui vous parlerez réellement et les contenus que vous consommerez réellement, puis restez cohérent pendant que vous construisez vos bases. Mélanger les deux systèmes dès le premier jour (par exemple, un progressif PB avec une position de pronom EP) crée davantage de confusion que de commencer par l’un ou l’autre. Lorsque vous êtes à l’aise, l’exposition croisée devient beaucoup plus facile car la grammaire sous-jacente est commune ; seules les formes de surface diffèrent vraiment.

La grammaire portugaise varie-t-elle beaucoup selon les pays ?

Le système grammatical de base — conjugaison, genre, famille du subjonctif, infinitif personnel — est partagé par tous les pays lusophones. Ce qui varie est la prononciation, le choix et la forme d’adresse des pronoms, quelques constructions du quotidien (tem ou há, estou fazendo ou estou a fazer) et le vocabulaire. Le Brésil et le Portugal sont les deux normes pour lesquelles il existe le plus de matériel d’apprentissage ; dans l’écrit formel, l’Angola, le Mozambique et les autres pays lusophones suivent généralement de plus près la norme européenne, tout en montrant un caractère plus local à l’oral quotidien.

Comment arrêter de traduire l’ordre des mots anglais en portugais ?

Apprenez des cadres de phrases portugaises à partir d’exemples complets et modifiez un élément à la fois, plutôt que de construire d’abord une phrase dans votre tête en anglais. Observez la position de l’adjectif, les moments où le pronom sujet est omis, la place réelle des pronoms objets dans la phrase que vous venez d’entendre et la façon de former une question sans insérer de do. Construisez d’abord la relation portugaise entre les mots, puis traduisez l’intention entière seulement après, comme vérification, et non comme point de départ.

Lorsqu’une correction modifie l’ordre des mots ou la position du pronom, demandez précisément si votre version originale était incorrecte grammaticalement, simplement peu naturelle, ou inadaptée au registre PB/EP : ce sont trois problèmes différents qui exigent trois corrections différentes. Imitez de courts extraits audio natifs et racontez-les de nouveau en employant d’autres noms ou d’autres personnes plutôt que les mots originaux exacts ; cela vous force à reconstruire le schéma au lieu de le réciter. L’exposition répétée aux formes de phrases natives devient peu à peu le point de départ dans votre propre tête et remplace le modèle anglais dont vous êtes parti.

Comment mémoriser le genre des noms portugais et l’accord des adjectifs ?

Apprenez un nom avec son article et un adjectif utile, plutôt que le nom seul : a casa grande, o problema difícil. Les terminaisons offrent une première estimation véritablement utile, mais c’est l’article qui confirme réellement le genre d’un nom précis. Laissez donc l’article faire cette confirmation au lieu de vous fier à la seule terminaison. Entraînez-vous à transformer le singulier en pluriel et le masculin en féminin quand le référent le permet, à voix haute, dans des phrases courtes complètes plutôt que dans une liste de mots isolés. Lorsqu’une même erreur d’accord revient souvent, repérez le nom noyau de la phrase et suivez chaque article, adjectif et pronom qui doit s’accorder avec lui, plutôt que de mémoriser seulement la phrase corrigée comme un bloc fixe.

Quelles sources soutiennent ce guide de grammaire portugaise ?

Ce guide s’appuie sur le portugais brésilien et européen standard et indique les différences régionales ou de registre lorsqu’une forme n’est pas universelle dans la langue.

  • Instituto Camões — l’institut du gouvernement portugais responsable de la promotion de la langue et de la culture portugaises dans le monde.
  • Ciberdúvidas da Língua Portuguesa — un site de référence établi de longue date qui répond aux questions de grammaire et d’usage dans les pays lusophones.
  • Normes éditoriales de Scribe Origins — comment les affirmations sur le produit, les exemples, les sources et les corrections sont traités.